Parents et Enseignants dans le même bateau

Je rêve d’un monde où la discipline positive serait enseignée aux enseignants, d’abord, puis à l’école et dans les famille. Un monde où tous ceux qui auraient intégré les bienfaits et l’efficacité de la Discipline Positive oeuvreraient conjointement… Enseignants, pères, mères et pourquoi pas grands parents…!

Les Ateliers Parents que j’anime attire beaucoup de mamans et peu de papas. J’en ai fais moi-même l’expérience au départ, il m’a fallu trouver quelques arguments choc pour y embarquer mon mari. Voici les miens :

  • Tu passes 7 soirées avec ta femme, planifiées, avec baby sitter réservée
  • Nous gambergeons sur un sujet d’avenir … nos enfants!
  • Nous allons glaner ensemble des outils pour que nos enfants fassent moins d’histoires au moment du coucher, du repas, du bain, de partir à l’école, etc.
  • J’ai trouvé des ateliers en bas de ton bureau (possible uniquement dans Paris intra muros où l’offre est plus développée qu’en Province…!)

Banco, malgré son agenda surchargé, il a réussi à partager avec moi 6 séances sur 7, un exploit!

Car la Discipline Positive ne se raconte pas, elle se vit. Rien à voir avec une secte!! Mais la force de la Discipline Positive c’est faire l’expérience de nous mettre dans la peau de nos enfants quand ils vivent les situations conflictuelles ou inconfortables du quotidien. C’est ce qui, à mon sens, provoque les déclics qui nous font changer de posture et adopter une toute autre approche.

Il ne s’agit pas de construire à nos enfants un nuage bien doux, sans aucune contrainte, ni règle, ni devoir… il s’agit de leur donner les clefs pour les mettre en capacité.

Et lorsque nous mettons en place une éducation basée sur l’encouragement, que nous remplaçons les punitions par des solutions moins humiliantes et plus constructives, on aimerait bien qu’à l’école, l’enfant s’y retrouve et que le château de cartes construit par l’enfant à la maison ne s’effondre pas. Et oui, que dire à son enfant – à qui nous avons répété que la punition ne lui apportait pas grand chose et qu’il valait mieux s’éloigner pour respirer, changer d’activité, crier sur une peluche… – quand il rentre de l’école avec un paragraphe à recopier ou une colle pour faire ses devoirs…?

Les enseignants sont démunis, ils n’ont aucun cours de pédagogie avant de se retrouver devant 30 élèves – qu’ils aient 3 ans ou 25 ans. Or apprendre ou transmettre au groupe, cela s’apprend, ce n’est pas inné. Il me paraît totalement irresponsable d’envoyer un enseignant au front sans pédagogie, qui plus est, dans une banlieue difficile quand il n’a encore aucune expérience!

La Discipline Positive apporte aux enseignants, là encore, la chance de se mettre dans la peau de leurs élèves, qui, avant d’être des élèves sont des enfants, et à qui on ne peut dérouler un cours comme s’ils étaient tous égaux intellectuellement et affectivement. Se mettre dans la peau de l’enfant permet à l’adulte de réaliser à quel point le pouvoir de l’enseignant est tout puissant, vertical et peut-être terrifiant. Nul besoin de crier, d’être agressif ou tyran.

L’enfant-élève traverse une série d’émotions angoissantes et stressantes tout au long de sa journée de cours, du départ en retard de la maison le matin, au brouhaha de la cantine, en passant par le cahier bleu qu’il a oublié, ses nouvelles chaussures qu’il a mises alors qu’il avait sport, son goûter qu’il se fait piquer, sa récitation qu’il se sent incapable de déclamer devant les autres, son blouson qui n’est décidément pas celui à la mode et sa mère qui, ce soir, est en retard, comme hier et sans doute comme demain… Toutes ces pensées l’envahissent avant même qu’il ait sorti son stylo pour travailler.

L’enfant, dans son grand huit d’émotions quotidien, est censé apprendre, comprendre, restituer et réussir… sans bavarder et en restant bien assis… 

La Discipline Positive donne des clefs aux enseignants pour mieux comprendre la jungle dans laquelle vivent leurs élèves et pour mieux les accompagner tout au long de leur vie scolaire. « Un enfant réussit mieux lorsqu’il se sent mieux« , insiste Jane Nelsen.

Les activités sont proches de celles utilisées pour les parents, basées sur l’encouragement, la fermeté et la bienveillance. Les solutions sont bien souvent co-construites avec la classe, pour gagner en efficacité, autonomie et responsabilisation. L’enseignant peut les animer avec une personne ressource, membre de l’Association Discipline Positive France.

L’élève se sent mieux et l’enseignant aussi : il est considéré, écouté et accompagné.

Tout ceci contribue à une cohérence et une harmonie qui permet à l’enfant de se construire dans les meilleures conditions pour devenir un adulte responsable, autonome, respectueux et confiant. Dans un monde si bouleversé, c’est plutôt utile, non…?

 

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