Les mains réconfortantes de mon ostéo

IMG_9455Il n’y a même pas besoin de mettre de mots, l’image parle d’elle-même.

Ces mains se sont posées sur mes deux enfants alors qu’ils n’étaient encore que des embryons dont j’ignorais l’existence. Tout au long de mes grossesses elles m’ont permis de ré-équilibrer tout mon corps, d’apaiser les tensions du sommet du crâne jusqu’au sacrum. Jamais de maux de dos, de bassin, de tiraillements dans les jambes, aucune douleur n’a eu le temps de s’installer grâce à leur travail régulier, une à deux fois par mois.

Mes bébés in utero se sont fait bercer grâce à leur écoute active et leur totale bienveillance. Une semaine après ma sortie de la clinique elles nous ont aidés à nous remettre de nos accouchements naturels par voie basse. Gaspard est né en regardant le ciel, son crâne était légèrement en flexion vers l’arrière, ses mains lui ont permis de redresser son regard. Louise penchait sa tête toujours du même côté, les mains de mon ostéo lui ont permis de regarder droit devant.

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Mes enfant ont mieux bu, mieux digéré, parfois mieux dormi.

Ces mains-là détendent tous les noeuds du corps et de l’esprit à tous les moments de la vie. Des mains apaisantes, qui ne font jamais mal. Rien qu’à les regarder se poser sur le ventre de mes enfants, je sens que nous allons tous déjà mieux.

Julie Renauld Millet, thérapeute systémique et coach parentale

julie.renauld.millet@gmail.com

Cette boule dans la gorge

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Elle part du ventre, puis elle remonte le long de l’oesophage. Elle coupe la respiration, la salive. On a envie de l’expulser, alors les larmes montent et ça tire dans le cou. Je suis au milieu de la circulation avec mon bi-porteur. Si je pleure, je ne verrai plus rien. Alors je déglutis, je respire et j’avance.

C’est formidable de créer du lien avec ses enfants. Cette corde de tendresse et d’amour absolu qui nous tient bien serrés les uns contre les autres. Mais c’est une toute autre histoire de détendre l’élastique pour laisser nos amours franchir le portail puis la cour de l’école. Mon Dieu qu’il est difficile de voir partir mes enfants ce matin, chacun dans une nouvelle école. Tous mes souvenirs remontent. Ma première fois à l’école maternelle belge, ma première fois en CE2 au Maroc, ma première fois au collège, puis l’arrivée à Alger en 5è, puis l’évacuation vers Neuilly pour finir l’année, mon retour à Bruxelles, mon arrivée à Paris pour mes études. Bref toutes ces nouvelles écoles où il faut combattre sa timidité, prendre sur soi, aller vers les autres. On se sent seuls au monde, tout petits entourés de bâtiments qui font 100 mètres de hauteur. Vers qui aller? Qui va me sourire? Qui va me parler? Qu’est-ce que je vais faire si je suis perdue? Est-ce que je n’ai pas oublié des affaires? Comment s’appelle ma maîtresse? Qu’est-ce que je fais si personne ne me parle de la journée? Que faire si cela dure 2 mois hormis pleurer tous le soirs comme je l’ai vécu à Alger?

Ce matin, devant le portail de l’école, je vois mon petit bonhomme de 5 ans et demi se décomposer, me dire qu’il est trop fatigué pour aller à l’école, ses larmes le submerger. Autour de nous tout le monde se connaît, les mères sont enthousiastes de se retrouver. Elles discutent, s’installent au café d’en face. Quelles joie et bonne humeur autour de nous qui sommes… seuls au monde, d’une tristesse infinie, entourés de ces bâtiments qui font 100 mètres de haut.

Il y a surement d’autres nouveaux élèves dans cette école, mon fils n’est certainement pas le seul. Ce serait tellement formidable que les nouveaux soient entourés les premiers jours, guidés, accompagnés, accueillis. Il suffit de quelques jours, et très vite ils ne seront plus nouveaux. Mais ces quelques jours sont tellement cruciaux et douloureux.

Oui c’est sûr, il y a pire souffrance, pire douleur. Oui mais ce sentiment-là a creusé son sillon pour être encore aussi envahissant 30 ans plus tard!

Alors sans doute y a t-il des enfants qui foncent en courant à l’école, nouvelle ou pas. Des enfants qu’on fait descendre de la voiture et à qui on fait un coucou de la main. Des mamans qui partent le nez au vent. Et à cet instant bien sûr je les envie un peu.

Ma fille aussi est dans une nouvelle école, mais elle, je la sens plus tenace, plus enthousiaste. Je l’accompagne avec autant de tendresse et la rassure au maximum mais je sais que cela va bien se passer pour elle.

Gaspard, lui, c’est mon clone. Je le réalise chaque jour un peu plus quand je le regarde et l’écoute. Comme moi il ne remplit aucun de ses pantalons, et pour cause, il n’a jamais une faim de loup. Une sensibilité à fleur de peau. Cette nuit je n’ai pas dormi, il est venu dans mon lit à 5H45. Et ce matin je lui dis « laisses tes lèvres tranquilles, elles sont toutes abîmées« , et à peine prononcé cette phrase je me réalise que je suis en train de pincer mes lèvres aussi forts que je serre sa main!

Cette boule dans la gorge c’est toute l’énergie de solitude, de tristesse et d’anxiété que j’ai absorbée ce matin, qui est passée de lui à moi, de moi à lui. Tout est remonté. Tout redescendra surement. Il sera enthousiaste quand j’irai le chercher et demain matin, je devrai sans doute remettre de l’énergie pour lui donner le courage d’affronter les premières marches.

Le lien crée aussi de la souffrance, c’est le revers de la médaille malheureusement!

J’espère de tout mon coeur qu’un jour, dans toutes les écoles, on accueillera les nouveaux élèves, ils seront parrainés, ils auront un ou deux guides, on leur tendra la main. Je suis certaine que dans toutes les écoles, il y a des enfants qui seraient ravis d’endosser ce rôle. Il suffirait que le directeur ou la directrice se souvienne de ces premiers moments dans la cour ou comprennent à quel point cela peut être difficile pour certains. Et non ça ne forge pas le caractère, ça n’endurcit pas, ça ne permet pas de devenir meilleur. Je suis convaincue que si je m’étais sentie un peu plus accueillie lors de toutes ces premières fois, ce serait moins douloureux de le revivre en écho à 37 ans… J’encourage beaucoup mes enfants à sourire aux nouveaux quand ils n’occupent pas cette place, à aider les plus petits. A tel point que ma fille hier m’a dit « mais maman, la maîtresse va me gronder si c’est moi qui dit à Victor ce qu’il doit faire » quand je l’invitais à aider un petit qui pleurait. Chacun sa place, certes, mais nos enfants gagneront beaucoup à créer du lien entre eux, même si parfois, c’est un peu coûteux.

Julie Renauld Millet, thérapeute familiale

julie.renauld.millet@gmail.com

La réponse est en eux

IMG_3820Je suis fascinée par le pouvoir de l’observation de son enfant. En ce moment, je répète à mon fils de bientôt 6 ans, lorsqu’il essaie de déchiffrer un mot de son livre en regardant le ciel, que la réponse est dans son livre. S’il veut lire un mot, il n’a rien d’autre à faire que regarder ce mot. Et pourtant, comme c’est un intuitif, il a envie de relever la tête pour y chercher des liens, des images, des correspondances… bref, tout ce que moi je ne vois pas et auquel je n’aurai jamais accès! Et bien pour les enfants c’est exactement pareil.

Louise, 4 ans, est en train de coller des vignettes dans un album avec son papa et son grand frère. Je suis dans la cuisine et j’entends le ton monter. Son papa explique à Louise que la vignette qu’ils viennent de coller est bien à sa place. Son grand frère lui montre que la vignette porte le même numéro que celui de la page concernée. Tous s’acharnent à raisonner, à détailler la logique, la réalité des faits. « Mais je t’assure Louise que c’est la bonne vignette! Mais enfin, je suis ton père, fais-moi confiance!« . Et Louise de continuer à s’opposer, et à tenter de décoller cette vignette par tous les moyens. Plus les garçons l’en empêchent, et plus Louise s’énerve. La colère monte, le ton aussi. Mon mari décide de tirer la sonnette d’alarme et m’appelle pour que je les sorte de cette impasse! Peut-être que moi, j’aurais le bon code d’accès pour le lui faire comprendre… De loin, je ne sais pas ce qui se joue. Je comprends juste qu’ils sont tous très énervés.

J’arrive sur les lieux de l’agacement collectif, je commence par mettre l’album et les autocollants en face de ma fille, et non pas devant son père et son frère. Ce sont les siens, c’est elle qui doit être aux commandes. Et je demande à Louise très calmement, sans aucun préjugé : « Qu’est-ce que tu veux faire avec cette vignette?« . Elle me répond tout aussi calmement et clairement : « Je voulais la coller moi-même!« .

On la décolle ensemble, elle la recolle toute seule, et l’affaire est classée.

« Je voulais la coller moi-même »

Que s’est-il passé? Les garçons et Louise n’étaient pas sur la même longueur d’onde. Ils s’imaginaient que Louise voulait coller cette vignette ailleurs, donc ils lui prouvaient par A+B qu’elle avait tort. Or elle voulait juste la coller elle-même. Et c’est très souvent le cas. Parfois il suffit de les laisser faire pour faire redescendre la pression. Plus on les laisse autonomes, mieux ils se sentent exister. Pour certains parents (ou éducateurs) c’est très difficile. Il arrive de se laisser emballer par la construction d’une tour de Lego, et de ne pas voir que depuis quelques minutes, nous sommes seuls à jouer, alors que notre enfant a quitté la pièce…

Encore une fois, il est essentiel de ne pas « faire pour » ou essayer de « faire mieux », mais déjà de « faire avec ». En lien, en connexion. Il a suffit que je me connecte quelques secondes avec Louise, que je la laisse s’exprimer jusqu’au bout, pour dénouer la pelote. Et ma fille me fait énormément travailler dans ce sens, car si on ne la laisse pas s’exprimer jusqu’au bout, elle monte tout de suite dans les tours. Or on gagne beaucoup de temps à la laisser finir sa phrase plutôt qu’à lui imposer notre idée.

La réponse est en eux!

Julie Renauld Millet, thérapeute familiale

julie.renauld.millet@gmail.com

Les Ateliers Parents de la rentrée

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Les Ateliers parents reprennent le mardi 18 septembre pour 7 soirées de deux heures, tous les mardis de 19h30 à 21h30, Porte de La Muette (hors vacances scolaire).

Après les vacances en famille, un petit break entre parents pour mettre en place des solutions adaptées à nos tracas du quotidien. Un peu de théorie grâce aux éclairages des psychiatres autrichiens Alfred Adler et Rudolf Dreikurs vous permettra de mieux comprendre les comportements inappropriés de vos enfants. Et beaucoup de pratique sous forme de jeux de rôle pour se mettre dans la peau de nos enfants et trouver des solutions efficaces et concrètes, adaptées aux situations de chacun.

Inscrivez-vous seul ou en couple (dans l’idéal), pour le programme de formation  de 7×2 heures.

Tarif : 240 €/personne Ou 380 €/couple

(Livre La Discipline Positive offert)

Reservation obligatoire en envoyant un chèque d’acompte de 100 euros (débité après le démarrage des ateliers).

« Encore un pipi dans ton pantalon et tu ne pourras plus aller à l’école »

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2 ans trois quart, voire 3 ans tout pile et ça y est! Mes parents me plongent dans le grand bain de la Maternelle. Alors c’est sûr, j’ai bien été passer quelques heures à la garderie ou à la crèche, mais la Maternelle c’est une toute autre histoire. En avant l’aventure, pour le meilleur et pour le pire!

 

Tout a commencé cet été. Maman m’a seriné pendant 2 mois : « Pour aller à l’école, il faut que tu fasses pipi dans le pot« , allez comprendre le lien, mais si maman le dit! Enfin, moi, comme je ne sais pas du tout ce que c’est que l’école et que ça me fait un peu peur, je décide de prendre mon temps. Je passe l’été les fesses à l’air, mais je ne fais pas toutes mes commissions dans le pot. J’en fais certaines sur le tapis du salon, d’autres derrière une porte – un peu de pudeur tout de même!

Au bout de 3 pipis, j’aurai le droit de rester à la maison!

Quand le jour de la rentrée arrive, maman est super stressée et papa me répète pour la 450è fois que l’école c’est vraiment GE-NIAL. C’est louche! Il faut que je fasse 2 fois pipi avant de partir pour être sûr de ne pas faire dans mon pantalon et bien sûr, quand maman me récupère le soir, l’aide maternelle a dû me changer des pieds à la tête. Et ça, j’ai bien compris que c’était LE truc que l’aide maternelle déteste le plus faire. Elle le dit à ma maman, à 16 heures, devant tout le monde. Et au prochain pipi, il paraît même que j’aurai le droit de rester à la maison! Je ne vais pas me gêner!!

A l’école, dès les premiers matins, je quitte maman sur le trottoir, on me demande de me mettre en rang en faisant le petit train, deux par deux à côté d’un enfant qui pleure, de monter un escalier immense, tout gris, avec une rampe toute collante, puis d’accrocher mon manteau à un porte-manteau (je n’en avais jamais vus avant), puis de mettre mon tablier en le posant par-terre devant moi avant de le jeter par dessus ma tête, puis d’enlever mes chaussures et de les mettre dans une case à mon nom (que je ne sais pas encore identifier), puis d’enfiler mes chaussons que je suis censé reconnaître, puis de rentrer dans la classe en silence, sans pleurer, pour aller m’asseoir en rond avec mes 28 autres camarades qui pleurent aussi fort que moi. Et après tout cela, la journée peut commencer… et elle promet d’être longue.

Maman ne viendra pas avant 16 heures

Je me retrouverai à devoir partager le jeu que je découvre, écouter la maîtresse, l’aide maternelle et tous les adultes inconnus qui m’adresseront la parole tout au long de la journée, aller faire pipi quand on me le demande, me taire, parler, chanter sans crier, ne pas demander ma maman puisqu’elle ne viendrait pas avant 16 heures, déjeuner avec des centaines d’autres enfants de la nourriture que je ne reconnaîtrai pas, aller jouer dans la cour alors que j’aurai envie de faire la sieste au chaud, ne pas demander ma maman, puisque de toute façon elle ne viendrait pas avant 16 heures (« je te l’ai déjà dit »). Et quand 16 heures arriverait enfin, je ne devrai surtout pas me jeter de soulagement dans les bras de ma maman, sans quoi la maîtresse me rattrapera par le col de la chemise pour me demander de lui dire au revoir en la regardant dans les yeux (véridique) pour m’apprendre les bonne manières. Ma maman me demandera tout sourire « alors c’était bien l’école? » et moi, comme je n’oserai pas la rendre triste, je lui répondrai « je ne sais pas« .

Arrivés à la maison, Maman attendra un peu avant d’aborder le sujet qui fâche : le pipi dans la culotte! Mais je sentirai bien que c’est son unique préoccupation. Je l’ai vu quand elle s’est recroquevillée comme une petite fille de 3 ans devant l’aide maternelle qui la menaçait du doigt. Maman me redira à quel point l’école est importante pour apprendre, lire, écrire, se faire des amis. Et que, sans école, pas de travail, sans travail, pas de maison, sans maison, pas de vacances. Et donc si je ne fais pas pipi dans les mini toilettes de l’école, et bien je serai tout simplement au chômage. Et à voir la tête de maman le chômage, ça a l’air grave.

Je parviendrai à me retenir toute la journée

Non je n’irai pas dans les mini toilettes. L’effet glacé sur mes fesses, l’odeur de pipi, et l’obligation de faire devant mes camarades… c’était au-dessus de mes forces! Mais je parviendrai à me retenir toute la journée. Alors bien sûr, parfois ça me fera vraiment mal au ventre, surtout le matin avant d’aller à l’école, ça me réveillera même la nuit et maman sera fatiguée de devoir à nouveau se relever et me recoucher. Mais ce sera la seule solution pour que maman, la maîtresse et l’aide maternelle ne se fâchent plus contre moi.

C’est à nous, enfants de 3 ans, de nous adapter

Jusqu’aux vacances de Noël, je pleurerai un peu tous les matins. J’entendrai ma maîtresse me dire « tu n’as pas envie d’aller à l’école? Et bien, mon pauvre, tu en a pris pour 18 ans! », ça me donnera envie de rentrer chez moi. Je verrai maman s’agiter, essayer d’organiser des cafés de parents, pour faire connaissance avec les familles avec lesquelles je passe mes journées. Un jour, je rentrerai de l’école en racontant à maman que la maîtresse a dit que « j’étais mauvais caractère« , et « une poupée de chiffon« . Je verrai bien que maman aura envie de crever les pneus de sa voiture. Au lieu de cela, elle m’expliquera que je « ne suis pas » mais que « j’ai » parfois mauvais caractère effectivement, mais parfois aussi très bon caractère et surtout que je suis un enfant de 3 ans. Puis elle prendra rendez-vous avec la maîtresse pour mieux comprendre ce que je vis. Et elle découvrira combien je suis en retard sur l’autonomie, puisque je ne sais pas encore boutonner mon tablier, ni ranger mes chaussures à leur place. Elle s’apercevra que j’ai beau parler comme un livre, être curieux de tout, j’ai tout de même un sérieux problème pour rester ainsi solitaire et passer rapidement à autre chose quand une activité me paraît trop compliquée. Maman comprendra que la petite section de Maternelle est, pour cette maîtresse, aussi importante que le passage à Sciences Po, et qu’elle ne va pas attendre que je daigne être prêt.

C’est à nous, enfants de 3 ans, de nous adapter au système scolaire, au cadre, à la société qui ne nous réservera pas que des cadeaux. S’il fallait observer 30 élèves et s’adapter au rythme de chacun, comprenez bien que nous y serions encore! C’est donc aux 30 élèves de rentrer dans ce cadre, au rythme attendu, qu’ils aient 2 ans trois quart, 3 ans, ou presque 4 – et à cet âge 6 mois comptent au moins le double. Ils doivent monter dans le train au moment où il passe, ni avant, ni après.

Le 2 septembre, on doit retenir : nos sphincters, l’endroit où accrocher notre manteau, poser nos chaussures, entrer dans la classe, la tête de celui à qui donner la main dans le rang, tout cela en disant « bonjour », « merci », « s’il vous plaît », un minimum! Sans oublier de jouer, chanter, retenir des comptines, ranger, manger, dormir, courir, ne pas taper, ni, mordre, ni crier, ni prendre les objets des mains d’un autre, même si c’est lui qu’a commencé et enfin… raconter ma journée à mes parents.

Après Noël, je ne pleurerai plus, j’ai bien vu que ça n’avait aucun effet sauf celui de faire monter les larmes de maman. Je continuerai à oser dire que je n’aime pas aller à l’école et ce, jusqu’au 30 juin.

Je mettrai 3 ans à comprendre que l’école ne me veut pas que du mal

En fait, je mettrai 3 ans à y aller avec plus de légèreté et à commencer à prendre du plaisir, quand enfin, en Grande Section, je rencontrerai une maîtresse qui prendra le temps, tous les matins, de discuter avec chacun et de prendre le pouls, mon pouls. D’ailleurs, avec elle, on découvrira le réveil du corps, les parents auront le droit de monter dans la classe parfois pour nous lire des histoires. Maman viendra même faire une activité avec tous les enfants de la classe et la maîtresse, pour nous aider à être plus calmes. J’aurai toujours mal au ventre, car je n’oserai toujours pas franchir les toilettes de l’école, mais le 30 juin, j’aurai le coeur serré de quitter ma maîtresse, pour la première fois.

Je mettrai 3 ans à comprendre que l’école ne me veut pas que du mal, que ce n’est pas qu’un lieu de souffrance mais qu’on peut s’y faire des amis et être aimés, par les grands et les petits. Je mettrai 3 ans à dépasser les premiers mois où je me suis senti tellement nul, tellement incompris, rejeté, jugé, décalé. 3 ans à dépasser le diplôme que la maîtresse de Petite Section m’avait décerné à la fin de l’année, celui de « l’espièglerie ». Sur le coup, je ne le compris pas, mais je vis bien que maman, qui fit tout pour que je l’oublie aussitot, le garda en travers de la gorge pendant 3 ans. Je crois que ça s’appelle la résilience.

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Parce que je refuse que les enfants de 3 ans puissent – comme mon fils – mettre 3 ans à s’épanouir à l’école, vivre l’école avec autant de souffrance comme me le témoignent beaucoup trop de mamans qui pensent, parce que c’est leur premier, que c’est à elles et à eux de s’adapter, qu’il est normal qu’on les menace de ne plus accepter leur enfant s’il fait trop pipi dans son pantalon, je veux accompagner parents ET enseignants à accueillir les enfants de 3 ans en Petite Section tels qu’ils sont, avec bienveillance et encouragement.

L’entrée à la Maternelle est une marche immense que tous les enfants doivent franchir, seuls, et on oublie trop souvent les montagnes russes d’émotions par lesquelles ils vont devoir passer pour s’adapter. Etre enseignant(e) de petite section n’est pas qu’un métier, c’est une mission d’accompagnement, et trop d’enseignant(e)s sont à mille lieux d’imaginer – ou oublient – ce qui se joue pour ces tout petits enfants d’à peine 3 ans. Tendons-leur la main pour monter ensemble cette première marche dont ils se souviendront longtemps.

Julie Renauld Millet, Thérapeute systémique, Accompagnement parents/enfants, mère de 2 enfants de 3 et 5 ans

 

Ça vous a fait quoi de lire « Peut mieux faire »?

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Qui n’a pas, au moins une fois dans sa vie, lu sur son bulletin scolaire « Peut mieux faire« . Ou entendu l’un de ses parents dire : « C’est pas mal, mais tu peux mieux faire« . Qu’avez-vous ressenti alors…?

« Peut mieux faire » est sans doute l’une des expressions les plus décourageantes et malheureusement les plus courantes que l’enfant rencontrera dans son parcours scolaire. Deux cas de figures se présentent :

 

1. L’enfant s’est surpassé, il a tout donné pour ce contrôle et à l’arrivée, le résultat attendu le déçoit, déçoit ses parents, son enseignant… Lui dire « tu aurais pu faire mieux« , ne fait qu’enfoncer le couteau dans la plaie. L’enfant a envie de se cacher, se faire tout petit, disparaître, ne plus tenter par peur de se tromper à nouveau.

2. L’enfant n’a pas beaucoup bossé, pas très motivé, le résultat est donc moyen. Lui dire « tu aurais pu faire mieux« , n’est pas une découverte pour lui, en revanche comment lui donner envie de faire mieux…?

  • Comment donner à l’enfant l’envie de faire mieux?

Il s’agit de faire un peu de gymnastique afin de trouver des tournures de phrases plus encourageantes et surtout moins culpabilisantes. Car la culpabilité, au mieux victimise, au pire paralyse. L’encouragement prend racine sur la notion de progrès.

« Quelle note avais-tu obtenu la dernière fois? », « Que te manque-t-il pour y arriver? », « Qu’est-ce qui s’est passé pour que ta note soit moins bonne cette fois? », « Ce devoir était-il difficile? », « Qu’est-ce qui était difficile pour toi? », « Qu’est-ce qui pourrait t’aider? », « Voilà tout ce que tu as réussi à faire. Et voici ce que tu n’as pas encore réussi à faire », « Je vois que tu as bien progressé, en passant de 6 à 8, tu vas y arriver », « Tu as fait beaucoup d’efforts », « Plus on s’entraîne, mieux on y arrive »…

Quelle marche as-tu envie d’atteindre la prochaine fois?

Il ne s’agit pas de féliciter son enfant d’une note moyenne, ni de souligner que l’important c’est d’être heureux dans la vie. L’enfant a besoin d’être encouragé pour se dépasser. Sortir de la compétition avec les autres, comparer ses notes, pour entrer en compétition avec lui-même. Et il ne peut construire sa motivation endogène qu’en étant encouragé. Le féliciter, lui dire « je suis fier de toi« , crée la dépendance au regard de l’autre. Toute sa vie, l’enfant – puis l’adulte – attendra le bon point, l’image, l’admiration de son parent, de son enseignant, puis de sa femme, de son patron, etc. En revanche, l’amener à tourner son regard vers lui-même « qu’en penses-tu? », « comment trouves-tu ton dessin? », « je te fais confiance pour trouver la solution toi-même », « tu peux être fier de toi« … sont des piliers pour construire la confiance et l’estime de soi, pour la vie.

Julie Renauld Millet, thérapeute systémique pour enfants

 

 

Je ne suis pas la « numéro 3 »

Nous sommes nombreux à nous définir ou à définir nos enfants dans la fratrie en utilisant l’expression « Mon numéro 1 » pour parler de l’aîné, « Mon numéro 2 », etc. Le sordide fait divers en janvier dernier de ce père de famille californien qui a séquestré ses 13 enfants pendant 30 ans m’a mis la puce à l’oreille quand on a publié la photo de ses enfants portant chacun un numéro. Je me suis rendue compte que nous faisions parfois la même chose! Attribuer à son enfant – ou s’attribuer à soi-même – un numéro, m’est apparu totalement inapproprié et j’ai décidé de transformer cette expression de manière très simple, en me définissant comme « la troisième de la famille ». C’est un détail sans doute, mais la vie n’est-elle pas faite de détails…? Le rang dans la fratrie est important dans la construction d’un enfant, cela fait partie intégrante de son histoire, de ce qui le construira toute sa vie, il ne s’agit pas de le nier, bien au contraire. Il s’agit juste d’utiliser une formule plus adaptée et de laisser les « numéros » pour les tickets de laboratoire ou de Pôle Emploi.

Julie Renauld Millet, thérapeute systémique, accompagnements Parents Enfants

Ateliers Parents « Pour aller plus loin »

IMG_0128Ateliers d’approfondissement de la Discipline Positive 

Les Jeudis 5 et 12 avril de 19H30 à 21H30

Vous avez déjà participé aux 7 sessions des Ateliers Parents, je vous propose une piqûre de rappel pour revoir les principes fondamentaux et surtout découvrir des outils supplémentaires.

En 2 séances de 2 heures, un peu de théorie et beaucoup de pratique, grâce à de nouvelles activités.

Venez seul, en couple, ou avec un(e) ami(e) qui a déjà suivi les Ateliers (avec moi ou un autre formateur).

Envoyez-moi vos questions ou difficultés particulières pour adapter autant que possible mon programme à vos attentes (julie.renauld.millet@gmail.com).

Ateliers parents « Pour aller plus loin », animés par Julie Renauld Millet, formatrice en Discipline Positive :

2 sessions de 2 heures

75 € / personne

120 € / couple

Pré-requis : avoir suivi les Ateliers Parents

Réservez votre place en envoyant un chèque d’acompte de 30€ à Julie Renauld Millet (adresse postale sur demande).

Comment sortir de la jalousie?

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Beaucoup de frères et soeurs sont jaloux les uns des autres. Une jalousie qui peut s’installer très tôt et durer jusqu’au partage de la succession chez le notaire!

La jalousie est une émotion et il est bien difficile pour les enfants de s’en défaire et pour les parents de la gérer.

Au sein d’une fratrie, la jalousie peut-être soufflée par les parents eux-mêmes qui, s’en inquiétant avant même qu’elle n’arrive, et à trop la prévenir, finissent par la provoquer ou en tout cas l’attiser.

La psychopraticienne Emmanuelle Piquet explique très bien le contre effet du cadeau que le bébé offre en naissant à son aîné ou que l’aîné a choisi (ou non) avec ses parents pour son petit frère ou sa petite soeur.  « Comme tout le monde est quasi persuadé qu’il va y avoir jalousie, on crée ou on amplifie quelque chose qui n’était pas si intense que ça. Le risque du cadeau c’est que l’enfant se dise que ça (l’arrivée du bébé) va vraiment être l’enfer« . C’est ce que nous appelons une prophétie auto réalisatrice, comme évoqué dans d’autres articles. Nous provoquons ce que nous souhaitons éviter.

Sans l’anticiper, nous pouvons l’accompagner, l’accueillir et aider notre enfant à la réguler. Ne surtout pas l’éviter, la fuir ou par tous les moyens tenter de la repousser. Quand la jalousie se manifeste c’est aux parents de l’accueillir tout en rappelant les limites et le cadre : pas de violence verbale ou physique, pas de dénigrement, etc. Et la rediriger vers quelque chose de constructif.

C’est en impliquant l’enfant jaloux, en lui demandant de coopérer, en comblant son besoin d’appartenance à la famille et de contribution, en lui donnant son rôle d’aîné dans tout ce qu’il a de valorisant, qu’il pourra s’apaiser et se tourner vers son petit frère ou sa petite soeur, dans le cas où c’est l’aîné qui est jaloux.

C’est en étant pleinement sécurisé que l’enfant jaloux pourra sortir de sa coquille, de sa volonté de faire mieux, plus, ou autant et de s’ouvrir à l’autre.

Le psychiatre autrichien Alfred Adler (1870-1937), étaye ce phénomène par l’exemple :

« Nous avons là de nouveau le problème que nous connaissons bien, celui d’un garçon plus âgé et d’une sœur plus jeune. Nous savons qu’en soi le garçon est dans une situation désagréable (…). Nous savons que le deuxième enfant est toujours comme en compétition et qu’il s’efforce constamment de dépasser le premier ».

Ce qui engendrera le découragement chez l’aîné voyant sa sœur puinée gonflée d’énergie pour le dépasser et lui, perdre espoir de plus en plus.

Bon nombre de parents participent aux Ateliers Parents que j’organise pour leurs aînés découragés – et décourageants (neurones miroirs !) et ce sont eux que je retrouve souvent en consultation. La famille étant un système, Eva Dreikurs Ferguson – fille de Rudolf Dreikurs (psychiatre autrichien, élève d’Alfred Adler) – constate dans son cabinet de thérapeute que bientôt la difficulté basculera, et c’est le puiné qui posera des problèmes dès lors que l’aîné aura regagné en confiance et aura assouvi ses besoins d’appartenance et d’importance.

L’aîné a besoin de retrouver une place, le puiné s’en étant forgée une de fait pour rattraper l’autre, et le déséquilibre peut vite basculer en difficulté si les parents ne remettent pas le sentiment social (la collaboration) au centre du système familial. « En voulant protéger les plus petits, on les fragilise« , ajoute Emmanuelle Piquet. « Selon nos échantillons, parmi les enfants harcelés, 60% sont des aînés. L’aîné pense que tout le monde va l’aimer comme papa et maman. Le cadet – voire le benjamin – lui, il s’est pris des taloches de ses frères et soeurs et donc il y va. Les aînés quant à eux, ne sont pas très musclés relationnellement« .

Le rôle de parents est de ne pas nier la jalousie, de ne pas trop intervenir, et de les laisser se bagarrer loin de nous. Sans public, ils auront peut-être moins de levier. Le système familial n’est pas linéaire, c’est cela qui en fait la richesse. Et cela demande beaucoup d’investissement de la part des parents pour continuellement accompagner ses mouvements de balanciers.

Lors d’une promenade en famille, Gaspard (5 ans) s’engage dans une course à vélo avec sa petite sœur de 3 ans. Ils arrivent à égalité.

  • « Pourquoi n’as-tu pas pédalé plus vite ? » demande sa mère à Gaspard, le pensant découragé.
  • « Viens maman, je vais te dire un secret, lui répond Gaspard. Pour laisser Louise gagner, parce que c’est toujours moi qui gagne ».

La mère, émue, se dit que la contribution, l’empathie, la solidarité, avaient pris le pas sur la compétition. Et dans cette fratrie où la jalousie régnait au quotidien, c’était une très, très grande victoire.

Julie Renauld Millet, thérapeute systémique, Coach Parents Enfants. Formatrice en Discipline Positive