Rue Poivre mon podcast littéraire épisode 7 « Tire Tout viendra »

J’ai eu un coup de coeur pour ce texte de Thomas Pourchayre qui évoque la transmission père fils, l’obsessionnelle course après un objectif quitte à en oublier le sens profond, la quête du « toujours plus ». Toutes ces questions autour d’une canne à pêche, d’un hameçon et de quelques poissons plus ou moins frétillants.

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A quoi sert l’école en 2021?

Peut-on encore enseigner aujourd’hui comme on enseignait hier? A l’aune des enjeux socio-économiques, politiques, climatiques, sanitaires… associés aux nombreux travaux de recherches sur le cerveau et l’apprentissage auxquels nous avons la chance d’avoir accès gratuitement et librement, c’est une question que j’avais envie de soulever tant ce que j’observe ça et là m’interpelle.

J’avais déjà quelques doutes quant à l’efficacité de faire apprendre, encore en 2021, des kilomètres de leçons par coeur aux élèves de primaire. Ayant moi-même une mémoire qui tourne au ralenti, j’étais néanmoins curieuse de voir l’effet que cela pouvait avoir sur mes propres enfants. Ce que j’ai pu observer c’est que le fait d’avoir pour « devoir » d’apprendre par coeur met l’enfant sous une pression peu constructive, car s’il n’a pas la tournure exacte, s’il bute sur un mot, il perd ses moyens, ne voit pas à quoi se raccrocher et peut tout recommencer. L’enfant n’est pas préoccupé de comprendre, de saisir. Non, son unique préoccupation est de pouvoir réciter, être apte à délivrer une leçon comme on appuierait sur le bouton ON d’un robot. Et ce qui le motive est la peur d’échouer. Et c’est là tout l’enjeu. Apprendre ne veut pas dire comprendre. Restituer ne veut pas dire s’approprier. En écoutant Nadia Medjad, médecin et coach en neurosciences sur le podcast de Pauline Laigneau*, j’ai enfin vérifié mon intuition. Elle nous explique très simplement que pour apprendre, il faut s’entrainer à reformuler ce qui nous a été dit, ou ce qu’on a lu, en partant d’une page blanche. Car c’est bien le fait de faire appel à notre réflexion qui va permettre au cerveau d’intégrer les apprentissages. « Le simple fait d’essayer, même si on n’obtient rien, l’effort qu’on aura produit fait que l’on va engranger beaucoup mieux. L’apprentissage devient un effort. Il y a des méthodes qu’on connaît depuis 150 ans mais qu’on redécouvre. Quand on apprend quelque chose pour le lendemain, on va le mémoriser puis l’oublier aussitôt. Car on crée un chemin dans les neurones comme un chemin dans la neige, et cette neige est fragile si on ne repasse pas dessus« , explique t-elle au micro de Pauligne Laigneau.

Bien entendu le par coeur a ses vertus lorsqu’il s’agit de découvrir les poèmes d’Apollinaire, de Victor Hugo, de Lamartine. J’ai une pensée affectueuse pour mon prof de français de 3ème qui, au-delà de la récitation, m’a transmis ce goût du vers, du rythme des alexandrins qui s’enchevêtrent. La mémoire a sans nul doute besoin d’être stimulée.

Mais lorsqu’il s’agit d’une leçon de grammaire, d’orthographe ou de mathématiques, l’apprendre pour la réciter mot à mot quitte à n’en pas saisir le sens est-il utile et vient-il répondre aux besoins fondamentaux des enfants? « Le sens permet de retenir. Dès qu’on comprend, on apprend mieux que quand on ne comprend pas« , poursuit Nadia Medjad.

De quels apprentissages les enfants du XXIème siècle ont-ils réellement besoin? Qu’est-ce qui va les aider à pousser la porte d’une entreprise, à trouver du travail, à créer leur métier, à concrétiser leurs idées, et plus globalement, à construire leur équilibre personnel?

Discernement, réflexion, pensée, sens critique, intuition, écoute, curiosité, empathie, confiance en soi, sensibilité, persévérance, optimisme… amour. Voilà certains des éléments qui me paraissent essentiel de semer chez nos enfants pour qu’ils puissent faire fasse aux enjeux qui les attendent.

C’est le rôle des parents de les aider à trouver ces chemins-là mais pas seulement. Les parents ne peuvent pas être les seuls garants d’intégrer du sens là où il n’y en a parfois si peu quand leurs enfants leur demandent de leur faire réciter leurs leçons.

Dans une époque où la moindre connaissance est à portée de clic, ce qui me semble fondamental est de leur apprendre à penser, à chercher du sens. Du sens pratique, du sens logique, du sens déductif. Chercher une direction, est-ce par là que je veux m’engager ou plutôt par ici? Chercher un sens quand plus grand chose n’en a.

Des enseignants ou éducateurs qui soulèvent ces questions-là existent. J’en ai rencontrés cette semaine à l’école Montessori Paris 17. Peu importe qu’elle s’appelle Montessori, que l’enseignement y soit spécifique, les éducateurs que j’ai accompagnés ré-interrogent en permanence le sens de leur métier. Et leur ligne directrice n’est pas de faire des têtes bien faites, structurées, qui soulignent deux fois en vert et trois fois en bleu. Ils ne parlent pas de « gérer » des enfants – dont les comportements parfois difficiles les ont amenés ici ne pouvant s’adapter ailleurs. Ces éducateurs aspirent à créer du lien avec l’enfant pour qu’il puisse à son tour créer du lien avec ses pairs et les adultes qui l’entourent. Ils observent chaque enfant dans leur unicité avec un regard profondément encourageant. Quand un enfant ne parvient finalement pas à s’adapter, quand les parents choisissent de le changer une énième fois d’école, ils le vivent comme un échec tant ils ont investi de temps, d’idées, d’outils. Ce que j’ai observé dans cette équipe pédagogique qui m’a profondément touchée c’est qu’ils parlaient d’amour. « On les aime tellement nos élèves que l’on a du mal à accepter de ne pas y être arrivé« .

Pour que les enseignants puissent s’investir autant, il faut certainement du temps et des moyens. Il faut en avoir envie, pouvoir prendre de la hauteur, rompre avec ses automatismes. Cela demande un réel effort, mais le jeu n’en vaut-il pas la chandelle?

Dans cette école on apprend le respect, l’autonomie, l’écoute de l’autre, de soi, de son corps, de celui des autres… On apprend avec tous ses sens, on touche, on écoute, on respire, on bouge. On est vivants. De quoi d’autre nos enfants auront-ils besoin pour trouver leur place dans cette société accélérée, mouvante, impitoyable que d’être des roseaux que l’on peut plier dans tous les sens sans qu’ils ne rompent?

Julie Renauld

Thérapeute systémique, spécialiste de la relation

*Podcast Le Gratin de Pauline Laigneau

Rue Poivre Episode 4 : Noir et Blanc

Publié dans la revue rue Saint Ambroise

Un coureur noir est sur la ligne de départ. Sur la ligne de départ mais au bout de son plan de vie. De sa volonté de devenir blanc. Feu.

Tous les épisodes sont disponibles sur le site www.ruepoivre.com

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On se retrouve à la rentrée pour de nouveaux textes et de nouveaux auteurs.

Episode 3 : L’Ailleuriste

Voici le troisième épisode de mon podcast « Rue Poivre ». Comme pour chaque épisode, je pars à la rencontre d’un auteur qui nous fait découvrir un de ses textes puis je déroule le fil de ses pensées, des miennes, curieuse de savoir comment, où, quand, pourquoi, pour qui… il écrit. Le tout saupoudré de la musique de « Her wild love music », groupe franco-belge que j’aime particulièrement…

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L’Ailleuriste paraît avoir toujours existé. Un personnage fugitif, insaisissable, et pourtant étrangement familier. Il porte en lui la superbe que l’ailleurs a perdu.

Retrouvez les autres épisodes sur le site https://www.ruepoivre.com

Haïclacs

Publié dans la Revue Daïmon

Des photos. Beaucoup de photos. Peu à peu des mots. Certains venus sous le nom d’haïclacs  dans les pages de la revue Daimon fin 2018. D’autres qui ressurgiront peut-être ailleurs.
Le dernier livre du monde

Publié aux éditions Gros Textes

Avoir le toupet de décréter dans un livre… que c’est le dernier. Ironie de la saturation du quotidien et de l’éternelle recherche du dernier mot.

Instagram @rue_poivre_le_podcast

ruepoivre@gmail.com

Rue Poivre mon podcast

Ça faisait un petit moment que ça me travaillait. Des podcasts j’en écoute toute la journée : à bicyclette (mais chhhut!), en mijotant, en épluchant, en saupoudrant, en marchant, en conduisant, en déjeunant…

J’aime ce média car j’aime la puissance d’une voix, j’aime pouvoir mettre pause et revenir, j’aime le choix éclectique : passer de la maternité aux parcours d’entrepreneurs, en passant par la philo et la littérature.

Mon premier métier de journaliste, je ne l’ai jamais vraiment quitté. Quand j’accompagne mes patients en thérapie, je les questionne avec la même curiosité, la même envie d’explorer, de comprendre et d’aider.

Ce podcast est né alors que nous étions confinés et que l’accès aux librairies nous était devenu interdit. Tout juste pouvions-nous retirer nos commandes furtivement à la caisse et partir tête baissée, livres planqués sous le manteau. Que pouvions-nous faire de nos soirées aussi longues que redondantes? Lire? Écrire? Se parler? Danser? Rire? C’est un peu tout cela que j’ai mis dans ce projet.

Je suis tombée sur les textes de Thomas qui m’ont donné envie de tirer un fil. Je lui ai proposé de tricoter ensemble une balade à deux voix, et même à trois, avec la musique de Sarah de Saint Hubert, styliste et chanteuse, dont l’univers me touche et vient percuter nos échanges.

Thomas lit une histoire tirée de son chapeau ou de celui d’un autre auteur, discret et émergent. Je lui partage ce que cela m’évoque et nous laissons nos réflexions se croiser, divaguer… Je cavale, il ralentit, je le rattrape, il s’échappe, avec cette grande liberté de cueillir et semer, et nous autoriser, à nous comme à vous, de faire un pas de côté.

Thomas habite Lyon, le podcast porte le nom d’une de ses rue en forme de U comme un sourire. Nous enregistrons les épisodes dehors, avec les bruits de la ville.

J’espère ici vous transmettre le plaisir que j’ai éprouvé à façonner Rue Poivre.

Postez-nous des commentaires, des pouces, des likes, des coeurs (et du fromage) et partagez si vous aimez!

A très vite.

https://www.ruepoivre.com

Le podcast est disponible sur Deezer, Spotify Applepodcast, Soundcloud, etc.

Musique originale Her wild love, by Sarah de Saint Hubert

Au micro de Carole Tolila pour son nouveau podcast « Parents au bout du fil »

La talentueuse journaliste Carole Tolila – qui ne s’arrête jamais – répond désormais aux interrogations des parents dans son nouveau podcast « Parents au bout du fil ». Il s’agit d’une ligne téléphonique accessible aux parents qui veulent témoigner sur les sujets qui les préoccupent comme l’hypersensibilité, les écrans, l’éducation égalitaire, etc. Elle s’entoure d’experts qui répondent directement au parent concerné.

J’ai eu le plaisir d’intervenir dans l’épisode sur le sommeil avec Alix, mère de deux petites filles, dont les nuits sont hachées et le coucher interminable. Si cela vous parle, le format est très efficace, ni trop long, ni trop court, les sujets variés et concrets.

Bonne écoute!

Parents au bout du fil spécial sommeil avec Julie Renauld, thérapeute systémique, auteure de « Mon enfant ne veut pas dormir », aux éditions Eyrolles.

La punition génère colère et vengeance

Nul besoin de neurosciences ou autres travaux de recherches pédopsychiatriques pour comprendre ce que la punition peut générer comme réactions et émotions chez l’enfant. Il vous suffit de vous replonger dans un souvenir de punition issu de votre enfance.

Fermez les yeux un instant et concentrez-vous sur ce que vous avez ressenti. Il y a, tout d’abord, une chance sur deux pour qu’un sentiment d’injustice vous remonte à l’esprit. Pourquoi? Parce qu’en général lorsque l’adulte punit c’est qu’il est hors de lui, ses émotions ont pris les commandes de sa tour de contrôle, il veut que le comportement de son (ou ses) enfant(s) cesse et il va se servir de ce qu’il a sous la main. Mais comme il est énervé, en colère, le couperet tombe sans forcément avoir tous les éléments – faute d’avoir assisté bien souvent à toute la scène – et si vous êtes dans les parages, vous paierez, que vous soyez responsable ou non.

Il y a quelques dizaines d’années c’était à coup de martinet, ou de baguette de bois à l’école. Fort heureusement nous avons évolué et évoluons toujours. Les punitions encore à l’usage à la maison ou à l’école sont données par des parents ou enseignants démunis, qui n’ont pas trouver, pour le moment, d’autres moyens pour faire respecter leur cadre.

Au-delà du sentiment d’injustice, la punition vient planter chez l’enfant une graine de colère, de ressentiment, des envies de vengeance et de rebellion.

La punition collective à l’école est sans doute parmi celles qui peuvent faire le plus de dégâts. Car sur trente élèves punis il y en a forcément quelques uns qui n’ont rien fait. Comment ne pas générer chez ces enfants-là – au delà de toutes les émotions négatives précitées et au-delà du sentiment d’injustice – de la jalousie, de l’agressivité, de l’animosité envers les « vrais » responsables et créer ainsi un climat de tension entre les camarades et envers l’enseignant…? Ce dernier aura alors, sans le vouloir, miner sa propre salle de classe.

Quand vous vous re-connectez à l’enfant puni que vous avez été, qu’avez-vous eu envie de faire après? Si d’aucuns considèrent qu’ils l’avaient bien cherché, la plupart vont formuler cette envie de tout casser, de se venger, de faire en douce pour éviter de se faire prendre la prochaine fois.

Il arrive cependant que le comportement cesse. Les parents ou enseignants ne sont pas sadiques, ils ne font pas cela pour le plaisir et même s’ils sont nombreux à regretter de s’être autant emportés, ils peuvent se féliciter d’avoir obtenu des résultats… mais à court terme seulement. La stupeur peut certes faire cesser un comportement – après avoir recopié 50 lignes, l’enfant aura peut-être été freiné dans son élan de bavardage – mais pour combien de temps? Car nous savons que, pour la plupart, ces comportements reviendront. L’enfant (ou la classe) sera à nouveau agité(e), il mentira encore une fois (surtout s’il a peur de se confronter à vous et peur d’être puni d’ailleurs!), il ne fera pas ce qu’on lui dit… Alors quoi? Faudra t-il doubler, tripler les doses?

La seule question qu’il me semble intéressant de se poser est : quel enseignement mon enfant en retirera t-il? Que lui ai-je transmis comme compétence pour qu’il apprenne de ses erreurs ?

Il existe des graines plus riches à semer.

Des outils comme :

  • Le temps de pause (pour l’enfant et/ou l’adulte) afin de permettre au cerveau de redescendre et aux émotions de se remettre à leur juste place avant de proposer à l’enfant de réparer son erreur.
  • La recherche de solutions ensemble : ce comportement n’est pas acceptable, comment peux-tu faire la prochaine fois pour que cela ne se reproduise pas?
  • L’apprentissage du respect mutuel avec bienveillance (je comprends tes besoins et écoute des émotions) et fermeté (tu respectes mes limites et celles de la société)
  • Donner à l’enfant le sentiment d’être capable et l’envie de grandir en instaurant la notion de responsabilité = privilège, absence de responsabilité = absence de privilège (pour le moment tu sembles de pas pouvoir respecter le cadre, réfléchissons à une solution et en attendant je te retire ton privilège).

Cherchons des solutions, pas des coupables.

Julie Renauld M, thérapeute systémique (julie.renauld.millet@gmail.com)