« C’est lui qui a commencé! »

IMG_0290Quand votre enfant vous dit « c’est lui qui a commencé », il vous dit : « j’ai tapé mais ce n’est pas ma faute, j’étais en self defense ». Il ne vous dit pas qu’il n’a rien fait, il vous dit qu’ils sont tous les deux coupables. Or notre tendance en tant que parents est de réprimer l’aîné car il doit montrer l’exemple, incarner la sagesse (surtout s’il a franchi la barre des 7 ans : « L’ÂGE DE RAISON » qu’il a entendu une petite centaine de fois depuis 364 jours, « ouf vivement les 8 ans qu’on me foute la paix ») et driver son petit frère ou sa petite soeur pour nous éviter de le faire.

Lors d’une dispute, soyons attentifs à bien écouter nos enfants car ils sont souvent pris en défaut dans une situation qu’ils croyaient juste or la justice est une valeur très forte chez l’enfant, mais restons dans les faits en respectant leur perception, leur vision du monde aussi différente soit-elle de la nôtre. Au-delà de la justice, ce qui est intéressant à transmettre et à leur apprendre est de sortir de cette triangulation « bourreau/victime/sauveur » en se positionnant dans la réparation. Une fois qu’ils se sont sentis écoutés, peu importe qui a commencé ou même qui est responsable, l’important est de trouver une solution pour, dans un premier temps réparer (s’excuser, nettoyer s’il y a eu de la casse) ensemble et dans un deuxième temps ne pas reproduire.

Jane Nelsen (Docteur en Psychologie Université de San Francisco) dit « Cherchons des solutions, pas des coupables ». Une maxime utile à nos enfants mais pas seulement. Elle est indispensable dans nos relations de couple, en entreprise, en famille… Concentrons toute notre énergie sur la réparation.

En entendant ses parents lui répéter qu’il se fiche de savoir qui a commencé mais que ce qu’il souhaite c’est de trouver ensemble comment on se sort de cette situation, l’enfant va petit à petit sortir de la délation, du rôle de victime, le parent ne prendra pas la posture de sauveur et tout le monde pourra en tirer un apprentissage constructif, chacun à sa place d’être humain responsable.

julie.renauld.millet@gmail.com

Décoller les étiquettes

IMG_4541« Ça c’est mon petit casse-cou! »

« Lucie? Toujours dans lune! »

« Jérémy est colérique, je l’ai inscrit à la boxe! »

« Mes enfants m’ont offert une montre sur laquelle est écrit « toujours en retard » »

« Il est si sage en classe! On ne l’en-tend pas! »

« Paul a du mal à tenir en place, je suis obligé de l’isoler quand on organise des sorties scolaires ».

« Julie n’a jamais rien mangé, elle est un peu anorexique. »

Il existe autant d’étiquettes que d’êtres humains. Tantôt franchement négatives, parfois positives… à la surface. Car existe t-il une étiquette vraiment positive dans la mesure où toutes nous enferment dans des principes induits, des conclusions hâtives et trop souvent définitives?

Qu’avez-vous reçu comme étiquette quand vous étiez enfant? Avez-vous réussi à les dépasser?

  • Qui êtes-vous hormis ce que l’on dit de vous ou ce que l’on croit connaître de vous?

Vous est-il déjà arrivé de parler de votre enfant en le décrivant sous un seul de ses traits de caractère? Cela arrive souvent quand une facette de sa personnalité nous désarçonne, nous surprend, il est si différent de ses aînés, de nous-même… Nous ne mettons d’ailleurs pas tellement d’étiquette à l’aîné tant qu’il est seul et que nous n’avons pas d’élément de comparaison. Au départ, l’enfant aîné EST. Puis il sera plus que… moins que…. A l’inverse le puîné sera dès sa naissance observé non pas seulement en tant qu’être unique mais différent de son frère ou sa soeur. Après avoir eu un aîné calme nous découvrons que les bébés peuvent être agités, ou inversement et ce, tout au long de leur existence.

Les étiquettes peuvent être si puissantes qu’il est souvent difficile de s’en défaire. Elles peuvent aussi être confortables : « je suis le maladroit de service, pourquoi donc devrais-je aider à mettre la table puisque de toute façon je vais tout faire tomber? »

Dans tous les cas nous ne sommes pas ce que nous faisons, nous sommes un tout avec autant de forces que de faiblesses et pour développer nos forces, il nous faut être encouragés et valorisés sur nos atouts, notre potentiel, sur ce que l’on pense ne pas savoir faire, tout ce qui est encore bien caché. En mettant l’accent sur notre timidité, notre paresse, maladresse, agitation, gourmandise, sagesse… notre entourage ne se rend pas compte qu’il y a beaucoup d’autres qualités derrière les traits que tous soulignent à l’envi. Parfois ce sont nos propres enfants qui nous le rappellent, écoutons-les!

Aidons nos enfants à ne pas se laisser dévorer par leur étiquette en les mettant nous-même de côté le plus possible, en mettant la lumière sur le champ des possibles. Il y aurait moins de crises de milieu de vie si nous avions tous pu développer toutes nos qualités, nos envies, nos possibles dans la première partie de notre vie sans se laisser influencer par la pression sociale, les étiquettes, ce que les autres attendaient de nous….

Et vous, qui êtes-vous?

Julie Renauld Millet

julie.renauld.millet@gmail.com

 

Immersion dans les Ateliers Parents de Discipline Positive. Le thème : punition et récompense

Punition et récompense, bâton ou carotte…? Les recettes d’antan sont-elles encore efficaces aujourd’hui? Quand je punis mon enfant, a t-il compris le message? Et quand il adopte un comportement exemplaire, puis-je le récompenser pour l’inviter à continuer sur cette voie?

Si la carotte et le bâton peuvent fonctionner sur le moment, nous avons aujourd’hui le recul nécessaire et des outils comme les neurosciences nous permettant d’affirmer que « l’éducation dans un cadre punitif et répressif a des effets dommageables sur le développement du cerveau« , comme l’explique Béatrice Sabaté, psychologue clinicienne, dans l’émission « La Maison des Maternelles », diffusée sur France 5 le 11 octobre 2019.

  • Pourquoi aller au coin nous emmène dans le mur

Si la punition peut marquer un temps d’arrêt, elle engendre quatre conséquences possibles comme effet boomerang à long terme : la rébellion, le retrait, le ressentiment, la revanche. C’est ce qu’ont expérimenté les parents de mes Ateliers lorsqu’ils ont dû plonger dans leur enfance pour se remémorer un souvenir de punition. En nous mettant dans la peau de nos enfants, nous découvrons émotionnellement ce qui se passe pour eux. C’est là que se font les déclics pour changer nos habitudes éducatives.

Isoler l’enfant lorsqu’il fait une colère ou s’oppose avant quatre ans est contre-productif car ne sachant pas gérer ses émotions seul, il va s’empêtrer dans sa tempête émotionnelle, dont il sortira avec encore plus de colère, de l’inquiétude, et l’angoisse que cela se reproduise. Et cela se reproduira car ses émotions le submergent jour après jour. Le mettre au coin est une humiliation car en général le coin est visible de tous. Non seulement il est seul mais tout le monde le regarde. Comment sortir grandi d’une telle situation?

A partir de sept ans, l’enfant peut faire preuve de réflexion et l’isoler dans sa chambre peut être une solution, mais tout dépend comment cela lui est proposé. Encore une fois, l’objectif est de le faire grandir, apprendre, comprendre et pour cela il faut l’aider.

Si votre enfant vous sort par les yeux et que sur le coup de la colère vous avez envie de le priver de dessert, de dessins-animés, de téléphone… jusqu’à la fin de sa vie, il est temps pour VOUS de vous isoler et d’aller réfléchir à ce qui pourrait être constructif pour tout un chacun. S’isoler soi-même est souvent bien plus utile! Car quand vous reviendrez après un temps pour vous (douche, dîner, arrosage de plantes, carré de chocolat…), votre visage et votre état d’esprit ne seront plus les mêmes et, par effet miroir, l’enfant pourra redescendre.

  • On marche à la carotte, en plus ça rend aimable!

La carotte, la récompense, font beaucoup de bien sur le moment. Les parents soucieux de participer à la confiance et l’estime de soi de leur enfant, désireux que celui-ci s’exécute, ont découvert qu’avec la carotte, l’enfant, – tout comme l’âne – avançait. Mais qu’apprend t-il par ce biais? S’il fait les choses pour l’image, le bon point, le bonbon, le temps d’écran, comment va t-il élaborer le sens de l’effort, la motivation, la curiosité…? J’ai maintes fois cité l’étude de Carole Dweck pour inviter les parents à encourager leurs enfants plutôt qu’à les complimenter, à louer leur sens de l’effort, leurs progrès, leur apprendre à s’auto-évaluer, à décrire ce qu’il ont réalisé plutôt qu’à le sur-valoriser, à leur apprendre à être fiers d’eux-mêmes et non à rendre fiers leurs parents. Toute la différence est là.

La carotte fait avancer l’enfant, il sera bien coiffé et dans les temps, mais n’aura pas eu le loisir de réfléchir aux raisons qui le poussent à agir ainsi, n’aura pas eu besoin de faire preuve de créativité, d’imagination, d’innovation. Il aura été un parfait exécutant, prêt à refaire indéfiniment le même parcours tant que la carotte l’attend au bout.

La carotte vous rend service à vous, mais pas à eux. Il n’est pour autant pas du tout compliqué de sortir de ce cercle que l’on croyait vertueux, c’est un changement d’habitudes, de réflexions à leur encontre. Cela se fait petit à petit, c’est une gymnastique essentielle pour leur construction et leur confiance en eux. Cela passe par la façon dont vous allez poser les yeux sur eux, en les invitant à faire pour eux-mêmes et non plus pour les autres. Cela vous permettra de sortir de « qu’est-ce que tu me donnes en échange? » que vous avez instauré sans le vouloir.

Les outils existent, ils passent par un changement de regard sur votre enfant. En le comprenant mieux, vous réussirez à le faire grandir dans un cadre ferme, bienveillant et encourageant.

Regardez Les Ateliers Parents dans l’émission la Maison des Maternelles, diffusée sur France 5 vendredi 11 octobre 2019

Julie Renauld Millet, coach parental

Allez, bonne journée mes amours!

IMG_1885Ha la préparation des enfants le matin! Il n’est jamais prêt à l’heure. Elle ne veut jamais mettre les habits prévus. Il veut changer de chaussures au dernier moment. Il oublie toujours son goûter. Il faut toujours courir.

-Jamais-toujours-jamais-toujours-

Et avec quoi nos enfants démarrent leur journée, qu’ont-ils dans la tête quand ils franchissent le portail de l’école?

« Sors de la voiture! Tout de suite! « SORS DE LA VOIture », « Je compte jusqu’à 3.  1… 2… 2 et demi… TROIIIIIIS, mais je vais t’attraper par les cheveux!! »

« Non pas les cheveux maman! »

Oops… Sur l’échelle de la tension nous sommes à 108 000.

-> Enjeu : arriver à l’heure à l’école à l’heure, habillé, coiffé le ventre plein, la vessie vide, les dents propres

  • Envie d’aller à l’école : Moins 430 000
  • Envie de pleurer : 4 milliards
  • Envie de hurler sur papa/maman quand je rentrerai ce soir : 100/100

Mais comment faire quand l’heure tourne, que notre enfant n’y met pas du sien et que l’histoire se répète, se répète et se répète…?

-> Changez d’objectif!

-> Le vôtre demain : apporter le plus possible de tendresse et d’amour au moment de lui lâcher la main quand il sera 8H29 car c’est ça dont il a besoin pour s’éclater dans son boulot et dans la cour, une journée entière. Rien d’autre.

Comment faire? Préparer tout ce que vous pouvez préparer avec lui la veille : habits, chaussures, manteau, goûter, cartable, tablier, coiffure (élastique, bandeau, brosse…). Faites-le avec lui pour éviter que le lendemain il ne s’oppose à votre choix. Et s’il a changé d’avis le lendemain, il peut mais il doit, en 3 secondes, être capable d’aller chercher seul son nouveau choix –météo-compatible bien sûr. Pour éviter les surprises avec la météo, l’hiver venu positionnez toutes les affaires d’été sur l’étagère du haut (inaccessible), et lui mettre à sa hauteur uniquement ce qu’il a le droit de porter.

L’heure tourne et votre tension monte. Res-pi-rez, et tentez de faire la part des choses : « Est-ce grave s’il part avec des bottes alors qu’il ne pleut pas? Est-ce grave s’il n’est pas coiffé? Puis-je accepter qu’elle emporte sa poupée sur le chemin? « Est-il possible qu’il emporte ses céréales dans un mouchoir pour les grignoter en marchant ». Voyez comment vous pouvez l’accompagner sans le bousculer en vous mettant à sa place et sans enfreindre les règles de l’école et les vôtres bien sûr. Il est tôt, il est fatigué, il fait froid, une longue journée l’attend… De quoi a t-il besoin? Pensez à ce moment où il vous lâchera la main et vous quittera pendant dix heures et remplissez son réservoir de tendresse. A 8H31, vous voguerez (ou vaquerez) à vos occupations.

Bonne journée!

 

 

Les mains réconfortantes de mon ostéo

IMG_9455Il n’y a même pas besoin de mettre de mots, l’image parle d’elle-même.

Ces mains se sont posées sur mes deux enfants alors qu’ils n’étaient encore que des embryons dont j’ignorais l’existence. Tout au long de mes grossesses elles m’ont permis de ré-équilibrer tout mon corps, d’apaiser les tensions du sommet du crâne jusqu’au sacrum. Jamais de maux de dos, de bassin, de tiraillements dans les jambes, aucune douleur n’a eu le temps de s’installer grâce à leur travail régulier, une à deux fois par mois.

Mes bébés in utero se sont fait bercer grâce à leur écoute active et leur totale bienveillance. Une semaine après ma sortie de la clinique elles nous ont aidés à nous remettre de nos accouchements naturels par voie basse. Gaspard est né en regardant le ciel, son crâne était légèrement en flexion vers l’arrière, ses mains lui ont permis de redresser son regard. Louise penchait sa tête toujours du même côté, les mains de mon ostéo lui ont permis de regarder droit devant.

IMG_0154

Mes enfant ont mieux bu, mieux digéré, parfois mieux dormi.

Ces mains-là détendent tous les noeuds du corps et de l’esprit à tous les moments de la vie. Des mains apaisantes, qui ne font jamais mal. Rien qu’à les regarder se poser sur le ventre de mes enfants, je sens que nous allons tous déjà mieux.

Julie Renauld Millet, thérapeute systémique et coach parentale

julie.renauld.millet@gmail.com

« Ils ne se disputent plus pour une chaise! »

IMG_0230
Voilà trois ans que j’accompagne les familles et je reste émerveillée par les progrès et les changements concrets qu’ils me confient. Je suis fascinée tout d’abord par la vitesse à laquelle les choses bougent chez eux. Même pour les situations perçues comme les plus enkystées, lorsque les parents s’emparent des bons outils et apportent les réponses appropriées à leurs enfants, les problèmes se dénouent et la famille respire à nouveau.

La dernière illustration est celle d’un couple, parents de trois enfants de 6 mois, 3 et 5 ans, qui assistent à leur troisième session des Ateliers de Discipline Positive que j’anime le mardi soir chez moi. Leurs matinées sont devenues un enfer depuis que leurs deux aînés, chaque matin, se disputent la même chaise à la table du petit déjeuner. Et tous les parents de jeunes enfants savent combien un objet aussi anodin qu’une chaise peut parfois être une étincelle et transformer la maison en zone de guerre. La dispute commence dès le lever. Les enfants se poussent dans l’escalier pour descendre en premier et récupérer LA chaise. Et puisque l’objet de la dispute paraît minime voire ridicule, le parent chaque matin pense, en toute logique, qu’il va réussir à raisonner ses enfants. Ils ne vont tout de même pas se faire tomber dans les escaliers pour une place à table!! C’est omettre que les enfants ne partagent pas notre logique interne puisque chacun de nous possède sa propre logique.

La raison n’obtiendra pas gain de cause ici-bas. Il faudra passer par plusieurs étapes pour que les parents puissent démarrer leur journée tranquillement avec leurs enfants. Première étape : rechercher ensemble des solutions en fonction de ce que ressentent parents et enfants au moment de la dispute. Les réponses à apporter s’élaborent en fonction des émotions. Tantôt l’enfant aura besoin de prendre le pouvoir, tantôt il aura besoin d’attirer l’attention, tantôt il sera en souffrance et voudra le faire payer aux autres et tantôt il se sentira incapable et nul. Et tant que nous ne sommes pas passés par l’élaboration du diagnostic, nous ne pouvons prescrire le bon remède.

Poser des questions de curiosité en les mettant dans le même bateau

Après l’analyse des émotions éprouvées par les parents et les enfants, ce couple a mis en place deux actions qui ont tout de suite fonctionné. La première a consisté à poser des questions de curiosité aux deux enfants en les mettant bien tous les deux dans le même bateau. Les parents ont ainsi découvert pourquoi les chaises faisaient l’objet d’une telle convoitise. Les questions de curiosité, les plus ouvertes possibles, révèlent toujours leur lot de surprises et apaisent considérablement les tensions. Et la deuxième proposition faite aux enfants a été de personnaliser leurs deux chaises en y accrochant des dessins ou un tissu. Les enfants se sont pris au jeux. Ils se sont sentis écoutés, rejoints et connectés à leurs parents qui enfin prenaient leur problème au sérieux. Et ils ont pu s’investir et s’impliquer dans la personnalisation de leur place à table. Les solutions ont répondu à leur deux besoins fondamentaux chers à Alfred Adler (psychiatre autrichien 1870-1937) : appartenir et contribuer. Les petits déjeuners sont devenus calmes, les enfants se lèvent sereinement et les parents respirent!

Julie Renauld Millet, thérapeute systémique, coach parentale

Mon enfant est insolent

IMG_0179« Voilà, tu as tout fait tomber, idiote, va!« , réprimande un père à sa fille de 8 ans.

« Idiot va! Je te rends la monnaie de ta pièce« , lui répond la jeune fille.

A première vue, cette scène attrapée au vol dans un train, illustre à merveille toute l’insolence qu’un enfant peut exprimer envers son parent. Elle déroge aux principales règles d’éducation :

  1. Tu ne répondras pas à un adulte
  2. Tu n’insulteras pas ton père ou ta mère

Oui mais ces deux règles sont-elles valables lorsque le parent lui-même insulte l’enfant, l’humilie en public (dans le train, et suffisamment fort pour que sa voisine de devant  – moi en l’occurence – l’entende, mais j’imagine aussi la voisine de droite, de derrière, etc.) l’empêchant toute possibilité de réparer éventuellement son erreur. Car les principes et les règles sont une chose, mais l’éducation est avant tout l’apprentissage de valeurs, celle de respect mutuel (enfant, adultes, animaux, objets…), de compétences psycho-sociales (réparer ses erreurs, nettoyer, ramasser, ranger, s’excuser…). Et pour que l’enfant acquiert ces compétences et ces valeurs, le parent est son modèle. Grâce à nos neurones miroirs dont nous sommes tous et toutes équipés, l’enfant va répéter ce que le parent fait. S’il hurle sur les voitures qui n’avancent pas, il apprend à son enfant que pour faire avancer les autres, il faut leur hurler dessus.

Pourquoi cette jeune fille a t-elle répondu à son père? Avait-elle le choix? Son père lui a t-il laissé l’opportunité de ramasser ce qu’elle avait fait tomber avant de la condamner à l’idiotie? Jane Nelsen, Docteur en Psychologie, auteur de la Discipline Positive, souligne que pour que l’enfant fasse mieux, il faut d’abord qu’il se sente mieux. Il ne s’agit pas de le féliciter d’avoir fait tomber des choses par-terre, mais de le guider pour qu’il répare et éventuellement s’excuse s’il avait été prévenu qu’il ne fallait surtout pas toucher à ces objets, s’il a désobéi, etc.

Quel est notre objectif en tant que parent quand nos enfant font des erreurs? Si c’est que cela ne se reproduise plus, l’humiliation et les insultes sont totalement inefficaces. Cela ne nourrira qu’un esprit de revanche (« je te rends la monnaie de ta pièce »), de retrait, de rébellion. On peut appeler cela de l’insolence, mais examinons d’abord le message que nous avons envoyé à notre enfant pour qu’il se conduise ainsi et les messages que nous envoyons aux autres et qu’il observe toute la journée. Nous sommes leurs modèles, dans un sens comme dans l’autre.

Julie Renauld Millet, thérapeute systémique, coach parental