Initiation à la DP à l’école Montessori bilingue Paris 17

unnamedL’école Montessori Bilingue qui vient d’ouvrir ses portes à la rentrée 2018 m’accueille le lundi 18 février à 19 heures pour une initiation à la Discipline Positive, ouverte aux parents. Ce sera l’occasion de mieux comprendre comment fonctionnent nos enfants, quelles sont les compétences psycho-sociales dont ils ont besoin pour trouver leur équilibre, comment se faire entendre sans crier, sans punir, et construire une vie de famille sereine et joyeuse.

Entrée payante, places limitées. Vous pouvez vous inscrire auprès de Audrey Lanj, fondatrice de l’école Montessori Bilingue, 33 bd Berthier, Paris 17. Audreylanj@gmail.com

Julie Renauld Millet, thérapeute systémique, coaching parental.

Cette boule dans la gorge

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Elle part du ventre, puis elle remonte le long de l’oesophage. Elle coupe la respiration, la salive. On a envie de l’expulser, alors les larmes montent et ça tire dans le cou. Je suis au milieu de la circulation avec mon bi-porteur. Si je pleure, je ne verrai plus rien. Alors je déglutis, je respire et j’avance.

C’est formidable de créer du lien avec ses enfants. Cette corde de tendresse et d’amour absolu qui nous tient bien serrés les uns contre les autres. Mais c’est une toute autre histoire de détendre l’élastique pour laisser nos amours franchir le portail puis la cour de l’école. Mon Dieu qu’il est difficile de voir partir mes enfants ce matin, chacun dans une nouvelle école. Tous mes souvenirs remontent. Ma première fois à l’école maternelle belge, ma première fois en CE2 au Maroc, ma première fois au collège, puis l’arrivée à Alger en 5è, puis l’évacuation vers Neuilly pour finir l’année, mon retour à Bruxelles, mon arrivée à Paris pour mes études. Bref toutes ces nouvelles écoles où il faut combattre sa timidité, prendre sur soi, aller vers les autres. On se sent seuls au monde, tout petits entourés de bâtiments qui font 100 mètres de hauteur. Vers qui aller? Qui va me sourire? Qui va me parler? Qu’est-ce que je vais faire si je suis perdue? Est-ce que je n’ai pas oublié des affaires? Comment s’appelle ma maîtresse? Qu’est-ce que je fais si personne ne me parle de la journée? Que faire si cela dure 2 mois hormis pleurer tous le soirs comme je l’ai vécu à Alger?

Ce matin, devant le portail de l’école, je vois mon petit bonhomme de 5 ans et demi se décomposer, me dire qu’il est trop fatigué pour aller à l’école, ses larmes le submerger. Autour de nous tout le monde se connaît, les mères sont enthousiastes de se retrouver. Elles discutent, s’installent au café d’en face. Quelles joie et bonne humeur autour de nous qui sommes… seuls au monde, d’une tristesse infinie, entourés de ces bâtiments qui font 100 mètres de haut.

Il y a surement d’autres nouveaux élèves dans cette école, mon fils n’est certainement pas le seul. Ce serait tellement formidable que les nouveaux soient entourés les premiers jours, guidés, accompagnés, accueillis. Il suffit de quelques jours, et très vite ils ne seront plus nouveaux. Mais ces quelques jours sont tellement cruciaux et douloureux.

Oui c’est sûr, il y a pire souffrance, pire douleur. Oui mais ce sentiment-là a creusé son sillon pour être encore aussi envahissant 30 ans plus tard!

Alors sans doute y a t-il des enfants qui foncent en courant à l’école, nouvelle ou pas. Des enfants qu’on fait descendre de la voiture et à qui on fait un coucou de la main. Des mamans qui partent le nez au vent. Et à cet instant bien sûr je les envie un peu.

Ma fille aussi est dans une nouvelle école, mais elle, je la sens plus tenace, plus enthousiaste. Je l’accompagne avec autant de tendresse et la rassure au maximum mais je sais que cela va bien se passer pour elle.

Gaspard, lui, c’est mon clone. Je le réalise chaque jour un peu plus quand je le regarde et l’écoute. Comme moi il ne remplit aucun de ses pantalons, et pour cause, il n’a jamais une faim de loup. Une sensibilité à fleur de peau. Cette nuit je n’ai pas dormi, il est venu dans mon lit à 5H45. Et ce matin je lui dis « laisses tes lèvres tranquilles, elles sont toutes abîmées« , et à peine prononcé cette phrase je me réalise que je suis en train de pincer mes lèvres aussi forts que je serre sa main!

Cette boule dans la gorge c’est toute l’énergie de solitude, de tristesse et d’anxiété que j’ai absorbée ce matin, qui est passée de lui à moi, de moi à lui. Tout est remonté. Tout redescendra surement. Il sera enthousiaste quand j’irai le chercher et demain matin, je devrai sans doute remettre de l’énergie pour lui donner le courage d’affronter les premières marches.

Le lien crée aussi de la souffrance, c’est le revers de la médaille malheureusement!

J’espère de tout mon coeur qu’un jour, dans toutes les écoles, on accueillera les nouveaux élèves, ils seront parrainés, ils auront un ou deux guides, on leur tendra la main. Je suis certaine que dans toutes les écoles, il y a des enfants qui seraient ravis d’endosser ce rôle. Il suffirait que le directeur ou la directrice se souvienne de ces premiers moments dans la cour ou comprennent à quel point cela peut être difficile pour certains. Et non ça ne forge pas le caractère, ça n’endurcit pas, ça ne permet pas de devenir meilleur. Je suis convaincue que si je m’étais sentie un peu plus accueillie lors de toutes ces premières fois, ce serait moins douloureux de le revivre en écho à 37 ans… J’encourage beaucoup mes enfants à sourire aux nouveaux quand ils n’occupent pas cette place, à aider les plus petits. A tel point que ma fille hier m’a dit « mais maman, la maîtresse va me gronder si c’est moi qui dit à Victor ce qu’il doit faire » quand je l’invitais à aider un petit qui pleurait. Chacun sa place, certes, mais nos enfants gagneront beaucoup à créer du lien entre eux, même si parfois, c’est un peu coûteux.

Julie Renauld Millet, thérapeute familiale

julie.renauld.millet@gmail.com

« Encore un pipi dans ton pantalon et tu ne pourras plus aller à l’école »

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2 ans trois quart, voire 3 ans tout pile et ça y est! Mes parents me plongent dans le grand bain de la Maternelle. Alors c’est sûr, j’ai bien été passer quelques heures à la garderie ou à la crèche, mais la Maternelle c’est une toute autre histoire. En avant l’aventure, pour le meilleur et pour le pire!

 

Tout a commencé cet été. Maman m’a seriné pendant 2 mois : « Pour aller à l’école, il faut que tu fasses pipi dans le pot« , allez comprendre le lien, mais si maman le dit! Enfin, moi, comme je ne sais pas du tout ce que c’est que l’école et que ça me fait un peu peur, je décide de prendre mon temps. Je passe l’été les fesses à l’air, mais je ne fais pas toutes mes commissions dans le pot. J’en fais certaines sur le tapis du salon, d’autres derrière une porte – un peu de pudeur tout de même!

Au bout de 3 pipis, j’aurai le droit de rester à la maison!

Quand le jour de la rentrée arrive, maman est super stressée et papa me répète pour la 450è fois que l’école c’est vraiment GE-NIAL. C’est louche! Il faut que je fasse 2 fois pipi avant de partir pour être sûr de ne pas faire dans mon pantalon et bien sûr, quand maman me récupère le soir, l’aide maternelle a dû me changer des pieds à la tête. Et ça, j’ai bien compris que c’était LE truc que l’aide maternelle déteste le plus faire. Elle le dit à ma maman, à 16 heures, devant tout le monde. Et au prochain pipi, il paraît même que j’aurai le droit de rester à la maison! Je ne vais pas me gêner!!

A l’école, dès les premiers matins, je quitte maman sur le trottoir, on me demande de me mettre en rang en faisant le petit train, deux par deux à côté d’un enfant qui pleure, de monter un escalier immense, tout gris, avec une rampe toute collante, puis d’accrocher mon manteau à un porte-manteau (je n’en avais jamais vus avant), puis de mettre mon tablier en le posant par-terre devant moi avant de le jeter par dessus ma tête, puis d’enlever mes chaussures et de les mettre dans une case à mon nom (que je ne sais pas encore identifier), puis d’enfiler mes chaussons que je suis censé reconnaître, puis de rentrer dans la classe en silence, sans pleurer, pour aller m’asseoir en rond avec mes 28 autres camarades qui pleurent aussi fort que moi. Et après tout cela, la journée peut commencer… et elle promet d’être longue.

Maman ne viendra pas avant 16 heures

Je me retrouverai à devoir partager le jeu que je découvre, écouter la maîtresse, l’aide maternelle et tous les adultes inconnus qui m’adresseront la parole tout au long de la journée, aller faire pipi quand on me le demande, me taire, parler, chanter sans crier, ne pas demander ma maman puisqu’elle ne viendrait pas avant 16 heures, déjeuner avec des centaines d’autres enfants de la nourriture que je ne reconnaîtrai pas, aller jouer dans la cour alors que j’aurai envie de faire la sieste au chaud, ne pas demander ma maman, puisque de toute façon elle ne viendrait pas avant 16 heures (« je te l’ai déjà dit »). Et quand 16 heures arriverait enfin, je ne devrai surtout pas me jeter de soulagement dans les bras de ma maman, sans quoi la maîtresse me rattrapera par le col de la chemise pour me demander de lui dire au revoir en la regardant dans les yeux (véridique) pour m’apprendre les bonne manières. Ma maman me demandera tout sourire « alors c’était bien l’école? » et moi, comme je n’oserai pas la rendre triste, je lui répondrai « je ne sais pas« .

Arrivés à la maison, Maman attendra un peu avant d’aborder le sujet qui fâche : le pipi dans la culotte! Mais je sentirai bien que c’est son unique préoccupation. Je l’ai vu quand elle s’est recroquevillée comme une petite fille de 3 ans devant l’aide maternelle qui la menaçait du doigt. Maman me redira à quel point l’école est importante pour apprendre, lire, écrire, se faire des amis. Et que, sans école, pas de travail, sans travail, pas de maison, sans maison, pas de vacances. Et donc si je ne fais pas pipi dans les mini toilettes de l’école, et bien je serai tout simplement au chômage. Et à voir la tête de maman le chômage, ça a l’air grave.

Je parviendrai à me retenir toute la journée

Non je n’irai pas dans les mini toilettes. L’effet glacé sur mes fesses, l’odeur de pipi, et l’obligation de faire devant mes camarades… c’était au-dessus de mes forces! Mais je parviendrai à me retenir toute la journée. Alors bien sûr, parfois ça me fera vraiment mal au ventre, surtout le matin avant d’aller à l’école, ça me réveillera même la nuit et maman sera fatiguée de devoir à nouveau se relever et me recoucher. Mais ce sera la seule solution pour que maman, la maîtresse et l’aide maternelle ne se fâchent plus contre moi.

C’est à nous, enfants de 3 ans, de nous adapter

Jusqu’aux vacances de Noël, je pleurerai un peu tous les matins. J’entendrai ma maîtresse me dire « tu n’as pas envie d’aller à l’école? Et bien, mon pauvre, tu en a pris pour 18 ans! », ça me donnera envie de rentrer chez moi. Je verrai maman s’agiter, essayer d’organiser des cafés de parents, pour faire connaissance avec les familles avec lesquelles je passe mes journées. Un jour, je rentrerai de l’école en racontant à maman que la maîtresse a dit que « j’étais mauvais caractère« , et « une poupée de chiffon« . Je verrai bien que maman aura envie de crever les pneus de sa voiture. Au lieu de cela, elle m’expliquera que je « ne suis pas » mais que « j’ai » parfois mauvais caractère effectivement, mais parfois aussi très bon caractère et surtout que je suis un enfant de 3 ans. Puis elle prendra rendez-vous avec la maîtresse pour mieux comprendre ce que je vis. Et elle découvrira combien je suis en retard sur l’autonomie, puisque je ne sais pas encore boutonner mon tablier, ni ranger mes chaussures à leur place. Elle s’apercevra que j’ai beau parler comme un livre, être curieux de tout, j’ai tout de même un sérieux problème pour rester ainsi solitaire et passer rapidement à autre chose quand une activité me paraît trop compliquée. Maman comprendra que la petite section de Maternelle est, pour cette maîtresse, aussi importante que le passage à Sciences Po, et qu’elle ne va pas attendre que je daigne être prêt.

C’est à nous, enfants de 3 ans, de nous adapter au système scolaire, au cadre, à la société qui ne nous réservera pas que des cadeaux. S’il fallait observer 30 élèves et s’adapter au rythme de chacun, comprenez bien que nous y serions encore! C’est donc aux 30 élèves de rentrer dans ce cadre, au rythme attendu, qu’ils aient 2 ans trois quart, 3 ans, ou presque 4 – et à cet âge 6 mois comptent au moins le double. Ils doivent monter dans le train au moment où il passe, ni avant, ni après.

Le 2 septembre, on doit retenir : nos sphincters, l’endroit où accrocher notre manteau, poser nos chaussures, entrer dans la classe, la tête de celui à qui donner la main dans le rang, tout cela en disant « bonjour », « merci », « s’il vous plaît », un minimum! Sans oublier de jouer, chanter, retenir des comptines, ranger, manger, dormir, courir, ne pas taper, ni, mordre, ni crier, ni prendre les objets des mains d’un autre, même si c’est lui qu’a commencé et enfin… raconter ma journée à mes parents.

Après Noël, je ne pleurerai plus, j’ai bien vu que ça n’avait aucun effet sauf celui de faire monter les larmes de maman. Je continuerai à oser dire que je n’aime pas aller à l’école et ce, jusqu’au 30 juin.

Je mettrai 3 ans à comprendre que l’école ne me veut pas que du mal

En fait, je mettrai 3 ans à y aller avec plus de légèreté et à commencer à prendre du plaisir, quand enfin, en Grande Section, je rencontrerai une maîtresse qui prendra le temps, tous les matins, de discuter avec chacun et de prendre le pouls, mon pouls. D’ailleurs, avec elle, on découvrira le réveil du corps, les parents auront le droit de monter dans la classe parfois pour nous lire des histoires. Maman viendra même faire une activité avec tous les enfants de la classe et la maîtresse, pour nous aider à être plus calmes. J’aurai toujours mal au ventre, car je n’oserai toujours pas franchir les toilettes de l’école, mais le 30 juin, j’aurai le coeur serré de quitter ma maîtresse, pour la première fois.

Je mettrai 3 ans à comprendre que l’école ne me veut pas que du mal, que ce n’est pas qu’un lieu de souffrance mais qu’on peut s’y faire des amis et être aimés, par les grands et les petits. Je mettrai 3 ans à dépasser les premiers mois où je me suis senti tellement nul, tellement incompris, rejeté, jugé, décalé. 3 ans à dépasser le diplôme que la maîtresse de Petite Section m’avait décerné à la fin de l’année, celui de « l’espièglerie ». Sur le coup, je ne le compris pas, mais je vis bien que maman, qui fit tout pour que je l’oublie aussitot, le garda en travers de la gorge pendant 3 ans. Je crois que ça s’appelle la résilience.

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Parce que je refuse que les enfants de 3 ans puissent – comme mon fils – mettre 3 ans à s’épanouir à l’école, vivre l’école avec autant de souffrance comme me le témoignent beaucoup trop de mamans qui pensent, parce que c’est leur premier, que c’est à elles et à eux de s’adapter, qu’il est normal qu’on les menace de ne plus accepter leur enfant s’il fait trop pipi dans son pantalon, je veux accompagner parents ET enseignants à accueillir les enfants de 3 ans en Petite Section tels qu’ils sont, avec bienveillance et encouragement.

L’entrée à la Maternelle est une marche immense que tous les enfants doivent franchir, seuls, et on oublie trop souvent les montagnes russes d’émotions par lesquelles ils vont devoir passer pour s’adapter. Etre enseignant(e) de petite section n’est pas qu’un métier, c’est une mission d’accompagnement, et trop d’enseignant(e)s sont à mille lieux d’imaginer – ou oublient – ce qui se joue pour ces tout petits enfants d’à peine 3 ans. Tendons-leur la main pour monter ensemble cette première marche dont ils se souviendront longtemps.

Julie Renauld Millet, Thérapeute systémique, Accompagnement parents/enfants, mère de 2 enfants de 3 et 5 ans

 

Ça vous a fait quoi de lire « Peut mieux faire »?

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Qui n’a pas, au moins une fois dans sa vie, lu sur son bulletin scolaire « Peut mieux faire« . Ou entendu l’un de ses parents dire : « C’est pas mal, mais tu peux mieux faire« . Qu’avez-vous ressenti alors…?

« Peut mieux faire » est sans doute l’une des expressions les plus décourageantes et malheureusement les plus courantes que l’enfant rencontrera dans son parcours scolaire. Deux cas de figures se présentent :

 

1. L’enfant s’est surpassé, il a tout donné pour ce contrôle et à l’arrivée, le résultat attendu le déçoit, déçoit ses parents, son enseignant… Lui dire « tu aurais pu faire mieux« , ne fait qu’enfoncer le couteau dans la plaie. L’enfant a envie de se cacher, se faire tout petit, disparaître, ne plus tenter par peur de se tromper à nouveau.

2. L’enfant n’a pas beaucoup bossé, pas très motivé, le résultat est donc moyen. Lui dire « tu aurais pu faire mieux« , n’est pas une découverte pour lui, en revanche comment lui donner envie de faire mieux…?

  • Comment donner à l’enfant l’envie de faire mieux?

Il s’agit de faire un peu de gymnastique afin de trouver des tournures de phrases plus encourageantes et surtout moins culpabilisantes. Car la culpabilité, au mieux victimise, au pire paralyse. L’encouragement prend racine sur la notion de progrès.

« Quelle note avais-tu obtenu la dernière fois? », « Que te manque-t-il pour y arriver? », « Qu’est-ce qui s’est passé pour que ta note soit moins bonne cette fois? », « Ce devoir était-il difficile? », « Qu’est-ce qui était difficile pour toi? », « Qu’est-ce qui pourrait t’aider? », « Voilà tout ce que tu as réussi à faire. Et voici ce que tu n’as pas encore réussi à faire », « Je vois que tu as bien progressé, en passant de 6 à 8, tu vas y arriver », « Tu as fait beaucoup d’efforts », « Plus on s’entraîne, mieux on y arrive »…

Quelle marche as-tu envie d’atteindre la prochaine fois?

Il ne s’agit pas de féliciter son enfant d’une note moyenne, ni de souligner que l’important c’est d’être heureux dans la vie. L’enfant a besoin d’être encouragé pour se dépasser. Sortir de la compétition avec les autres, comparer ses notes, pour entrer en compétition avec lui-même. Et il ne peut construire sa motivation endogène qu’en étant encouragé. Le féliciter, lui dire « je suis fier de toi« , crée la dépendance au regard de l’autre. Toute sa vie, l’enfant – puis l’adulte – attendra le bon point, l’image, l’admiration de son parent, de son enseignant, puis de sa femme, de son patron, etc. En revanche, l’amener à tourner son regard vers lui-même « qu’en penses-tu? », « comment trouves-tu ton dessin? », « je te fais confiance pour trouver la solution toi-même », « tu peux être fier de toi« … sont des piliers pour construire la confiance et l’estime de soi, pour la vie.

Julie Renauld Millet, thérapeute systémique pour enfants

 

 

Une maman bienveillante qui en a marre de se faire engueuler!

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Que d’agressivité sur les routes, les trottoirs, les voies privées! Hier j’ai expliqué à mon fils de 5 ans ce qu’était l’injustice. Il m’a vue tellement contrariée après m’être fait secouer par le curé de la paroisse près de laquelle se trouve son école et devant laquelle nous devons passer chaque jour, que je lui devais des explications.

« Quand on a l’impression de tout faire pour respecter les autres, les lieux. Qu’on se fait discret, qu’on met son vélo sur le côté (cf photo), le temps que tu sortes de l’école. Qu’on ne le laisse jamais seul, ni plus de 10 minutes. Qu’on dit pardon, merci, attention. Que par ailleurs on explique à ses enfants et aux autres qu’il faut bien respecter cette petite cour, son arbre, ses arbustes, etc. et qu’après tout cela, on a un Monsieur qui continue à nous dire que nous n’avons rien à faire ici, c’est consternant, contrariant et injuste! »

Première année de scolarité de mon fils, le curé de la paroisse me coupe mon cadenas de trottinette pendant que je suis à une réunion  de parents. Je sors de l’école : plus de trottinette! Je l’avais garée derrière une poubelle pour qu’elle ne gêne pas. Deuxième année, il m’explique que je ne dois pas rouler à vélo parce qu’il y a des enfants et que c’est dangereux (j’en porte deux dans ma remorque). Soit. Je réduis encore plus ma vitesse en arrivant (je passe de 2 km/h à 1,5) et j’ai un pied à terre. Troisième année il m’explique que l’accès à la Résidence est totalement interdit aux vélos, comme indiqué sur le panneau (qui n’a jamais existé, comme j’ai pu le lui faire constater) et que je dois garer mon vélo dans la rue.

C’est décourageant quand on fait tant d’efforts de respect d’autrui et tellement contre productif, parce que ça ne me donne qu’une seule envie : laisser mon vélo en plein milieu de sa cour, toute une journée, avec un panneau injurieux. Je ne le ferai pas car je sais qu’il est capable d’appeler la fourrière, de me crever les pneus ou que sais-je et que si je fais tous ces efforts c’est pour ne pas gêner les autres, donc je suis trop bien élevée pour changer.

Avec tous ces rabats joie qui inventent des règles qui ne servent à rien, qui me hurlent dessus quand mon fils de 5 ans roule à vélo sur un trottoir, à 2 à l’heure, en disant pardon tous les 10 mètres et en laissant toute la place pour que les piétons et poussettes passent, (sachant que c’est autorisé jusqu’à 12 ans, surtout avec le peu de pistes cyclables qui existent dans Paris), qui me hurlent dessus aussi si nous sommes en trottinette sous prétexte que c’est dangereux, il faut beaucoup, beaucoup de self control, de joie de vivre, et d’éducation pour continuer à prendre soin des autres quand on reçoit autant d’agressions quotidiennes.

Il y a d’autres combats à mener bien plus importants que de faire la guerre à une mère de famille à vélo avec ses enfants, non??? C’est un comble pour le moyen de transport le plus pacifique! Je précise que je n’ai pas un vélo de course qui traverse Paris comme une fusée, je suis en mode casque-gilet-jaune-trompette-et-enfants!

Julie Renauld Millet, maman bienveillante mais pas que!

Mon vélo rouge dans Paris

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Voici mon vélo rouge, il est allemand et j’ai pris le pari de me lancer dans Paris – environnement peu habitué aux vélos – pour accompagner mes enfants à l’école. Un pari mais un risque aussi, pour mes enfants bien sûr, qui ne sont pas aussi bien protégés que dans un 4X4.

Cela fait partie des valeurs et habitudes de vie que je veux leur transmettre : rester tonique, être à l’air libre (même pollué), partager, voir le paysage, s’adapter aux conditions météo, etc. En acceptant le revers de la médaille et en essayant de l’anticiper au maximum.

  • Changer le regard des plus pressés, des moins patients

Me voilà lancée dans la circulation parisienne. Alors soit je m’impose, avec klaxon, gilet jaune et haussement de ton – ce que j’ai commencé à faire, soit je me lance le défi de changer le regard des plus défiants, des plus agressifs, des plus pressés, des moins patients… Et pour être raccord avec la Discipline Positive, je vais faire les deux! Etre ferme quand nous serons en danger et bienveillante pour m’adapter aux plus rétifs et surtout garder le sourire car c’est aussi pour cela que j’ai choisi ce véhicule doux et convivial!

L’école de mes 2 enfants était de moins en moins accessible en voiture. Rien de direct en transports en commun. J’ai testé le siège porte-bagage pour Louise et Gaspard pédalant à côté. Mais le matin, lorsque le jour est à peine levé, Gaspard (5 ans dans 3 semaines) n’avait pas forcément l’énergie pour pédaler au milieu des piétons. En voiture, il nous fallait 30 minutes avec le risque de se faire enlever la voiture à l’arrivée, car aucune place pour stationner (or des enfants de 3 et 5 ans ne se jettent pas sur le bord de la route)… Alors, alors… j’ai regardé du côté de l’Allemagne et de ses vélo électriques bi-porteurs et tri-porteurs. J’ai trouvé les modèles avenue de Versailles chez Les cyclistes branchés.

J’ai opté pour un bi-porteur (deux roues) qui m’a semblé bien plus maniable qu’un tri-porteur (trois roues), mais c’est ma conduite subjective qui m’a guidée et les précieux conseils du responsable de la boutique.

Il s’appelle E-cargo, il est électrique, il a transformé nos trajets, nous ne mettons plus que 10 minutes, quoiqu’il se passe autour de nous. Je pédale, donc ça reste un moyen de transport tonique qui me permet de faire un peu de sport chaque jour. Les enfants sont ravis dans leur cabine couverte par temps de pluie et découverte quand il fait beau. Plus de stress des bouchons, ni du stationnement (quoique le responsable de l’immeuble de l’école n’est pas très fan de me voir arriver avec mon engin, mais il va s’habituer).

  • Faites-leur une petite place!

J’ai bon espoir de faire des adeptes, c’est un très gros investissement mais il remplace ma voiture et transporte 3 personnes. Et j’ai besoin de vous pour en parler autour de vous. Si vous ou vos amis croisez un vélo rouge (ou bleu, ou vert)… faites-leur une petite place! Il y a très peu de pistes cyclables (quand elles ne sont pas recouvertes de feuilles glissantes et de marrons), ces pistes s’arrêtent ou démarrent au milieu des carrefours qu’il nous faut traverser. Si nous nous retrouvons parfois sur les trottoirs, c’est peut-être que nous avons préféré cela à prendre la place du Troca avec 2 enfants… Si nous traversons le passage piétons, vous avez le droit de nous laisser passer, c’est peut-être pour aller attraper la piste cyclable! Paris n’est pas faite du tout pour les cyclistes, et je ne prône pas la ville sans voiture car je m’en sers aussi.

C’est ma responsabilité, mon engagement, mon problème, « je n’avais pas qu’à… », « j’avais qu’à faire comme tout le monde ». Oui mais voilà, je suis la 3è de ma fratrie (ceux qui ont suivi mes ateliers savent ce que cela signifie et ma famille aussi!!!), j’ai envie d’apporter un peu de mon pays natal (la Belgique) à Paris et j’ai confiance dans la société et ses nombreuses mutations! J’assume! Mais sans choisir l’un ou l’autre, je suis sûre que nous pouvons mieux cohabiter!

A bientôt sur la route!

Julie

 

 

 

 

 

 

HELP! J’ai besoin d’aide!

IMG_9287Vous avez laissé les enfants vivre à leur rythme et vous vous demandez comment sortir de l’anarchie dans la maison? Voici quelques astuces et interprétations inspirées de la discipline positive pour vous aider à décrypter ce qui déraille et chercher une réaction accessible et efficace.

ATTENTION : il n’y a pas de recette miracle, juste un pas de recul pour comprendre comment fonctionne l’enfant et comment s’adapter quand on est désemparé.

IL NE VEUT PAS SE COUCHER !

  • Son sujet :

« J’ai peur de rester seul, même si maman n’est pas loin »

  • Votre sujet :

« J’ai tellement envie de dîner tranquillement avec mon mari ! »

  • Chacun y trouve son compte si : vous dessinez sur une ardoise 2 grands vases. Le 1er sera rempli des vilaines choses de la journée, l’autre des jolies choses. L’enfant choisit lui-même les couleurs que porteront chacun des vases. Il dessine lui-même ou la maman dessine/écrit selon l’âge et l’humeur.

 

  • La clef : se libérer des éventuelles tensions de la journée pour s’endormir paisiblement ! Reconnecter l’enfant à ses besoins (et comprendre pourquoi cela fait 10 fois qu’il vous rappelle)

 

IL NE MANGE RIEN RIEN !

  • Son sujet :

« Maman a l’air de mettre tellement d’énergie à me faire manger. Toute cette énergie… je prends ! »

  • Votre sujet :

« Je mets tellement d’énergie à le faire manger, en vain, je suis épuisée, moi même je n’ai plus faim ! »

  • Chacun y trouve son compte si : vous lâchez ! Nous les mamans, on a beaucoup de mal à lâcher sur ce sujet si délicat de la nourriture !! Se mettre à table avec lui et lui proposer des plats pour qu’il se serve selon sa faim et ses envies.

 

  • La clef : refaire du repas un moment convivial, déchargé d’émotions, où la nourriture n’est pas un sujet, mais parler de ce qu’on a très envie de faire ce week end… Nous sommes modèles de nos enfants, si on se nourrit apaisés, il y a des chances pour que l’enfant le fasse aussi.

 

IL EST ACCROC AUX ÉCRANS

  • Son sujet :

« Je pourrais me gaver de dessins animés toute la journée, ça excite mon cerveau tout en m’abrutissant »

  • Votre sujet :

« Mon enfant est léthargique et excité, je récupère une bombe à retardement si je le laisse plus longtemps »

 

  • Chacun y trouve son compte si : les écrans sont SECURISES (il ne peut tomber QUE sur des dessins- animés comme sur You Tube kids) et si vous anticipez et établissez – ensemble – un contrat : combien d’épisodes te semblent raisonnables ? 3 ? OK. Faire respecter le contrat pour renouveler l’autorisation

 

  • La clef : co-construire et valoriser son engagement et le respect du cadre

 

JE NE PEUX PAS PASSER UN SEUL COUP DE TÉLÉPHONE

  • Son sujet :

« Je veux ma maman pour moi tout seul »

  • Le vôtre :

« Je veux 10 minutes de paix pour moi toute seule ! »

 

  • Chacun y trouve son compte si : vous Anticipez, si vous pouvez ! « Pose ta main sur mon poignet pour que je me souvienne que tu veux me parler et dès que j’ai fini, ce sera à toi ». Ou lui indiquer sur une montre « Quand la grande aiguille sera sur le 10, je viendrai jouer avec toi, promis ». Ou encore lui confier une « mission » : « Est-ce que tu peux me sortir les légumes pour qu’on prépare ensemble le dîner de ce soir ? »
  • La clef : il a besoin de se sentir exister, important et contributeur… H24

 

IL FAIT DES CRISES AU SUPERMARCHÉ

  • Son sujet :

« Mais c’est Noël ici !! il y a encore plus de cadeaux que sous le sapin ! »

 

  • Votre sujet :

« Maman n’est pas le Père Noël et sa hotte est très limitée ! »

  • Chacun y trouve son compte si : encore une fois, vous anticipez.

« Nous allons au supermarché, je suis d’accord pour t’offrir 1 journal/livre/sachet de bonbons… tu as le droit de les regarder TOUS et prend le temps de choisir ton PREFERE »

  • La clef : certains psy disent qu’il est cruel de confronter un enfant à autant de sollicitations en lui refusant tout, et de lui demander de se tenir correctement et de dire « d’accord maman, je ne réclamerai rien ». Ses neurones ne sont pas encore câblés pour qu’il accepte à ce point la frustration !  La frustration oui, mais en lui accordant 1 seule petite chose pour mieux la gérer. Ou le laisser à la maison (sous surveillance) !

 

 IL NE VEUT PAS S’HABILLER !

  • Son sujet :

« On me réveille, on me presse, j’ai froid, je suis fatigué, j’ai faim, je veux un câlin… comment ça il faut lever les bras pour mettre mon t-shirt ??? »

  • Votre sujet :

« On va être en retard à l’école/la crèche/chez Papy et Mamy »

  • Chacun y trouve son compte si : on a préparé les habits la veille, c’est lui qui s’habille seul comme un grand, c’est lui qui choisit (choix limité : le bleu ou le rouge), c’est à son rythme (à nous de le réveiller plus tôt s’il lui faut plus de temps). Faire la course avec papa peut fonctionner parfois (entre frère/sœur, ça peut créer de la compétition, à utiliser avec modération !)

 

  • La clef : Alléger le niveau de stress déjà bien haut (le réveil, l’école, rien oublier pour la journée, la cantine, les copains, la maîtresse sévère…), mettre un peu d’humour et de fun.

« Tu as envie de mettre un maillot aujourd’hui 17 novembre ? OK ! mais des bouées et des palmes aussi alors ! ».

Le valoriser, le rendre responsable, l’encourager.

N’oubliez pas de vous mettre à sa hauteur, accroupissez-vous, regardez-le, connectez-vous avec votre enfant pour lui faire passer vos messages et comprendre ce qu’il vit. Vous avez, lui et vous, une lecture souvent bien différente des situations. Retrouvez un langage commun pour communiquer et n’oubliez pas que vous, parents, êtes son/leur modèle. Si pas d’écran… alors pas d’écran pour vous! Si vous lui criez « ARRETE DE CRIEEEEER! », le message ne peut pas être compris, aussi fort soit-il!

 

Julie Renauld Millet

Coach systémique

Coaching Parents-Enfants / Formatrice Discipline Positive

Julie.renauld.millet@gmail.com

Le blog : https://julie-renauld-millet-life-coach.com

Coup de pouce aux enseignants

Le ministre de l’Education a de grandes ambitions pour nos enfants, et nous aussi! Et si vous pensez qu’il est plus facile de les déclarer que de les réaliser, nous avons des outils pour vous y aider.

Dans son courrier d’été adressé aux enseignants, Jean-Michel Blanquer leur confie : « Vous exercez la mission la plus noble qui soit, celle qui consiste à élever chaque enfant au meilleur de lui-même, par-delà et à travers toutes les différences et même toutes les difficultés. (…) Notre ministère est d’abord et avant tout celui de l’idéal. Nous avons tous choisi nos missions parce que nous croyons aux vertus de l’éducation pour que chaque personne se réalise. (…) Notre engagement, notre ouverture, notre bonne volonté, notre exigence bienveillante ont valeur d’exemple pour les enfants et adolescents dont nous avons la responsabilité. Amener chaque élève au meilleur de lui-même, tel est le sens que nous donnons à l’excellence. »

La Discipline Positive, telle qu’elle est proposée dans les écoles en France, permet d’accompagner les équipes pédagogiques dans cette recherche d’excellence, d’exigence bienveillante et d’éducation grâce à des outils concrets et efficaces. L’un des outils est le Temps d’Echange en Classe :

  • Les Temps d’Echange en classe : l’enseignant réunit tous ses élèves autour d’un agenda (projet ou problématique rencontrée avec un ou plusieurs enfant(s)). Dans un 1er temps, les enfants assis en cercle, sont invités à remercier chacun de leurs camarades pour quelque chose qu’ils ont dit ou fait. Cela permet de mettre tout le monde dans une atmosphère positive et généreuse. Puis la problématique est exposée, exemple : « aujourd’hui nous faisons ce temps d’échanges pour aider Aimeric à se concentrer en classe ». Tous les enfants, grâce à un bâton de parole, propose une solution, chacun à leur tour, et toutes les solutions sont écrites au tableau, de la plus  loufoque à la plus réaliste. Ensuite, l’enseignant demande aux enfants, pour chacune des solutions, si elles sont respectueuses, aidantes et reliées au sujet. Puis, le groupe choisit la ou les solution(s) à tester. Il est ici essentiel de faire participer tout le monde, de ne rien imposer, de faire émerger le plus possible de créativité.
  • Le grand bénéfice du Temps d’échange en classe est de ne laisser personne sur le côté, de solliciter chacun des élèves, se sentant ainsi importants, respectés, valorisés. Quelle que soit la problématique, celle-ci implique bien souvent plusieurs enfants, de façon directe ou indirecte. Même si nous cherchons, ici, des solutions pour aider Aimeric, celles-ci aideront toute la classe. L’enfant se sentira entouré et chacun pourra reconnaître que s’il est en difficulté, la classe se mobilisera pour lui.
  • Nous leur inculquons des valeurs aussi importantes que la coopération, l’altruisme, la réflexion, etc.

Cet outil parmi d’autres peut être enseigné par les formateurs en Discipline Positive dans les écoles.

Les nombreux outils et activités proposés par la Discipline Positive répondent à des difficultés telles que les conflits dans la classe ou dans la cour, le harcèlement, les perturbateurs chroniques, les enfants en retrait, l’agitation répétitive, etc.

Il existe autant de missions d’accompagnements qu’il y a de problématiques ou de projets éducatifs. Nous sommes là pour vous écouter et vous proposer la solution la plus adaptée.

Pour en savoir plus et poser vos questions : julie.renauld.millet@gmail.com

Formatrice en Discipline Positive Parents et Personne ressource dans les écoles.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Parents et Enseignants dans le même bateau

Je rêve d’un monde où la discipline positive serait enseignée aux enseignants, d’abord, puis à l’école et dans les famille. Un monde où tous ceux qui auraient intégré les bienfaits et l’efficacité de la Discipline Positive oeuvreraient conjointement… Enseignants, pères, mères et pourquoi pas grands parents…!

Les Ateliers Parents que j’anime attire beaucoup de mamans et peu de papas. J’en ai fais moi-même l’expérience au départ, il m’a fallu trouver quelques arguments choc pour y embarquer mon mari. Voici les miens :

  • Tu passes 7 soirées avec ta femme, planifiées, avec baby sitter réservée
  • Nous gambergeons sur un sujet d’avenir … nos enfants!
  • Nous allons glaner ensemble des outils pour que nos enfants fassent moins d’histoires au moment du coucher, du repas, du bain, de partir à l’école, etc.
  • J’ai trouvé des ateliers en bas de ton bureau (possible uniquement dans Paris intra muros où l’offre est plus développée qu’en Province…!)

Banco, malgré son agenda surchargé, il a réussi à partager avec moi 6 séances sur 7, un exploit!

Car la Discipline Positive ne se raconte pas, elle se vit. Rien à voir avec une secte!! Mais la force de la Discipline Positive c’est faire l’expérience de nous mettre dans la peau de nos enfants quand ils vivent les situations conflictuelles ou inconfortables du quotidien. C’est ce qui, à mon sens, provoque les déclics qui nous font changer de posture et adopter une toute autre approche.

Il ne s’agit pas de construire à nos enfants un nuage bien doux, sans aucune contrainte, ni règle, ni devoir… il s’agit de leur donner les clefs pour les mettre en capacité.

Et lorsque nous mettons en place une éducation basée sur l’encouragement, que nous remplaçons les punitions par des solutions moins humiliantes et plus constructives, on aimerait bien qu’à l’école, l’enfant s’y retrouve et que le château de cartes construit par l’enfant à la maison ne s’effondre pas. Et oui, que dire à son enfant – à qui nous avons répété que la punition ne lui apportait pas grand chose et qu’il valait mieux s’éloigner pour respirer, changer d’activité, crier sur une peluche… – quand il rentre de l’école avec un paragraphe à recopier ou une colle pour faire ses devoirs…?

Les enseignants sont démunis, ils n’ont aucun cours de pédagogie avant de se retrouver devant 30 élèves – qu’ils aient 3 ans ou 25 ans. Or apprendre ou transmettre au groupe, cela s’apprend, ce n’est pas inné. Il me paraît totalement irresponsable d’envoyer un enseignant au front sans pédagogie, qui plus est, dans une banlieue difficile quand il n’a encore aucune expérience!

La Discipline Positive apporte aux enseignants, là encore, la chance de se mettre dans la peau de leurs élèves, qui, avant d’être des élèves sont des enfants, et à qui on ne peut dérouler un cours comme s’ils étaient tous égaux intellectuellement et affectivement. Se mettre dans la peau de l’enfant permet à l’adulte de réaliser à quel point le pouvoir de l’enseignant est tout puissant, vertical et peut-être terrifiant. Nul besoin de crier, d’être agressif ou tyran.

L’enfant-élève traverse une série d’émotions angoissantes et stressantes tout au long de sa journée de cours, du départ en retard de la maison le matin, au brouhaha de la cantine, en passant par le cahier bleu qu’il a oublié, ses nouvelles chaussures qu’il a mises alors qu’il avait sport, son goûter qu’il se fait piquer, sa récitation qu’il se sent incapable de déclamer devant les autres, son blouson qui n’est décidément pas celui à la mode et sa mère qui, ce soir, est en retard, comme hier et sans doute comme demain… Toutes ces pensées l’envahissent avant même qu’il ait sorti son stylo pour travailler.

L’enfant, dans son grand huit d’émotions quotidien, est censé apprendre, comprendre, restituer et réussir… sans bavarder et en restant bien assis… 

La Discipline Positive donne des clefs aux enseignants pour mieux comprendre la jungle dans laquelle vivent leurs élèves et pour mieux les accompagner tout au long de leur vie scolaire. « Un enfant réussit mieux lorsqu’il se sent mieux« , insiste Jane Nelsen.

Les activités sont proches de celles utilisées pour les parents, basées sur l’encouragement, la fermeté et la bienveillance. Les solutions sont bien souvent co-construites avec la classe, pour gagner en efficacité, autonomie et responsabilisation. L’enseignant peut les animer avec une personne ressource, membre de l’Association Discipline Positive France.

L’élève se sent mieux et l’enseignant aussi : il est considéré, écouté et accompagné.

Tout ceci contribue à une cohérence et une harmonie qui permet à l’enfant de se construire dans les meilleures conditions pour devenir un adulte responsable, autonome, respectueux et confiant. Dans un monde si bouleversé, c’est plutôt utile, non…?