Une maman bienveillante qui en a marre de se faire engueuler!

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Que d’agressivité sur les routes, les trottoirs, les voies privées! Hier j’ai expliqué à mon fils de 5 ans ce qu’était l’injustice. Il m’a vue tellement contrariée après m’être fait secouer par le curé de la paroisse près de laquelle se trouve son école et devant laquelle nous devons passer chaque jour, que je lui devais des explications.

« Quand on a l’impression de tout faire pour respecter les autres, les lieux. Qu’on se fait discret, qu’on met son vélo sur le côté (cf photo), le temps que tu sortes de l’école. Qu’on ne le laisse jamais seul, ni plus de 10 minutes. Qu’on dit pardon, merci, attention. Que par ailleurs on explique à ses enfants et aux autres qu’il faut bien respecter cette petite cour, son arbre, ses arbustes, etc. et qu’après tout cela, on a un Monsieur qui continue à nous dire que nous n’avons rien à faire ici, c’est consternant, contrariant et injuste! »

Première année de scolarité de mon fils, le curé de la paroisse me coupe mon cadenas de trottinette pendant que je suis à une réunion  de parents. Je sors de l’école : plus de trottinette! Je l’avais garée derrière une poubelle pour qu’elle ne gêne pas. Deuxième année, il m’explique que je ne dois pas rouler à vélo parce qu’il y a des enfants et que c’est dangereux (j’en porte deux dans ma remorque). Soit. Je réduis encore plus ma vitesse en arrivant (je passe de 2 km/h à 1,5) et j’ai un pied à terre. Troisième année il m’explique que l’accès à la Résidence est totalement interdit aux vélos, comme indiqué sur le panneau (qui n’a jamais existé, comme j’ai pu le lui faire constater) et que je dois garer mon vélo dans la rue.

C’est décourageant quand on fait tant d’efforts de respect d’autrui et tellement contre productif, parce que ça ne me donne qu’une seule envie : laisser mon vélo en plein milieu de sa cour, toute une journée, avec un panneau injurieux. Je ne le ferai pas car je sais qu’il est capable d’appeler la fourrière, de me crever les pneus ou que sais-je et que si je fais tous ces efforts c’est pour ne pas gêner les autres, donc je suis trop bien élevée pour changer.

Avec tous ces rabats joie qui inventent des règles qui ne servent à rien, qui me hurlent dessus quand mon fils de 5 ans roule à vélo sur un trottoir, à 2 à l’heure, en disant pardon tous les 10 mètres et en laissant toute la place pour que les piétons et poussettes passent, (sachant que c’est autorisé jusqu’à 12 ans, surtout avec le peu de pistes cyclables qui existent dans Paris), qui me hurlent dessus aussi si nous sommes en trottinette sous prétexte que c’est dangereux, il faut beaucoup, beaucoup de self control, de joie de vivre, et d’éducation pour continuer à prendre soin des autres quand on reçoit autant d’agressions quotidiennes.

Il y a d’autres combats à mener bien plus importants que de faire la guerre à une mère de famille à vélo avec ses enfants, non??? C’est un comble pour le moyen de transport le plus pacifique! Je précise que je n’ai pas un vélo de course qui traverse Paris comme une fusée, je suis en mode casque-gilet-jaune-trompette-et-enfants!

Julie Renauld Millet, maman bienveillante mais pas que!