Je ne suis pas la « numéro 3 »

Nous sommes nombreux à nous définir ou à définir nos enfants dans la fratrie en utilisant l’expression « Mon numéro 1 » pour parler de l’aîné, « Mon numéro 2 », etc. Le sordide fait divers en janvier dernier de ce père de famille californien qui a séquestré ses 13 enfants pendant 30 ans m’a mis la puce à l’oreille quand on a publié la photo de ses enfants portant chacun un numéro. Je me suis rendue compte que nous faisions parfois la même chose! Attribuer à son enfant – ou s’attribuer à soi-même – un numéro, m’est apparu totalement inapproprié et j’ai décidé de transformer cette expression de manière très simple, en me définissant comme « la troisième de la famille ». C’est un détail sans doute, mais la vie n’est-elle pas faite de détails…? Le rang dans la fratrie est important dans la construction d’un enfant, cela fait partie intégrante de son histoire, de ce qui le construira toute sa vie, il ne s’agit pas de le nier, bien au contraire. Il s’agit juste d’utiliser une formule plus adaptée et de laisser les « numéros » pour les tickets de laboratoire ou de Pôle Emploi.

Julie Renauld Millet, thérapeute systémique, accompagnements Parents Enfants