La punition génère colère et vengeance

Nul besoin de neurosciences ou autres travaux de recherches pédopsychiatriques pour comprendre ce que la punition peut générer comme réactions et émotions chez l’enfant. Il vous suffit de vous replonger dans un souvenir de punition issu de votre enfance.

Fermez les yeux un instant et concentrez-vous sur ce que vous avez ressenti. Il y a, tout d’abord, une chance sur deux pour qu’un sentiment d’injustice vous remonte à l’esprit. Pourquoi? Parce qu’en général lorsque l’adulte punit c’est qu’il est hors de lui, ses émotions ont pris les commandes de sa tour de contrôle, il veut que le comportement de son (ou ses) enfant(s) cesse et il va se servir de ce qu’il a sous la main. Mais comme il est énervé, en colère, le couperet tombe sans forcément avoir tous les éléments – faute d’avoir assisté bien souvent à toute la scène – et si vous êtes dans les parages, vous paierez, que vous soyez responsable ou non.

Il y a quelques dizaines d’années c’était à coup de martinet, ou de baguette de bois à l’école. Fort heureusement nous avons évolué et évoluons toujours. Les punitions encore à l’usage à la maison ou à l’école sont données par des parents ou enseignants démunis, qui n’ont pas trouver, pour le moment, d’autres moyens pour faire respecter leur cadre.

Au-delà du sentiment d’injustice, la punition vient planter chez l’enfant une graine de colère, de ressentiment, des envies de vengeance et de rebellion.

La punition collective à l’école est sans doute parmi celles qui peuvent faire le plus de dégâts. Car sur trente élèves punis il y en a forcément quelques uns qui n’ont rien fait. Comment ne pas générer chez ces enfants-là – au delà de toutes les émotions négatives précitées et au-delà du sentiment d’injustice – de la jalousie, de l’agressivité, de l’animosité envers les « vrais » responsables et créer ainsi un climat de tension entre les camarades et envers l’enseignant…? Ce dernier aura alors, sans le vouloir, miner sa propre salle de classe.

Quand vous vous re-connectez à l’enfant puni que vous avez été, qu’avez-vous eu envie de faire après? Si d’aucuns considèrent qu’ils l’avaient bien cherché, la plupart vont formuler cette envie de tout casser, de se venger, de faire en douce pour éviter de se faire prendre la prochaine fois.

Il arrive cependant que le comportement cesse. Les parents ou enseignants ne sont pas sadiques, ils ne font pas cela pour le plaisir et même s’ils sont nombreux à regretter de s’être autant emportés, ils peuvent se féliciter d’avoir obtenu des résultats… mais à court terme seulement. La stupeur peut certes faire cesser un comportement – après avoir recopié 50 lignes, l’enfant aura peut-être été freiné dans son élan de bavardage – mais pour combien de temps? Car nous savons que, pour la plupart, ces comportements reviendront. L’enfant (ou la classe) sera à nouveau agité(e), il mentira encore une fois (surtout s’il a peur de se confronter à vous et peur d’être puni d’ailleurs!), il ne fera pas ce qu’on lui dit… Alors quoi? Faudra t-il doubler, tripler les doses?

La seule question qu’il me semble intéressant de se poser est : quel enseignement mon enfant en retirera t-il? Que lui ai-je transmis comme compétence pour qu’il apprenne de ses erreurs ?

Il existe des graines plus riches à semer.

Des outils comme :

  • Le temps de pause (pour l’enfant et/ou l’adulte) afin de permettre au cerveau de redescendre et aux émotions de se remettre à leur juste place avant de proposer à l’enfant de réparer son erreur.
  • La recherche de solutions ensemble : ce comportement n’est pas acceptable, comment peux-tu faire la prochaine fois pour que cela ne se reproduise pas?
  • L’apprentissage du respect mutuel avec bienveillance (je comprends tes besoins et écoute des émotions) et fermeté (tu respectes mes limites et celles de la société)
  • Donner à l’enfant le sentiment d’être capable et l’envie de grandir en instaurant la notion de responsabilité = privilège, absence de responsabilité = absence de privilège (pour le moment tu sembles de pas pouvoir respecter le cadre, réfléchissons à une solution et en attendant je te retire ton privilège).

Cherchons des solutions, pas des coupables.

Julie Renauld M, thérapeute systémique (julie.renauld.millet@gmail.com)

Une maman bienveillante qui en a marre de se faire engueuler!

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Que d’agressivité sur les routes, les trottoirs, les voies privées! Hier j’ai expliqué à mon fils de 5 ans ce qu’était l’injustice. Il m’a vue tellement contrariée après m’être fait secouer par le curé de la paroisse près de laquelle se trouve son école et devant laquelle nous devons passer chaque jour, que je lui devais des explications.

« Quand on a l’impression de tout faire pour respecter les autres, les lieux. Qu’on se fait discret, qu’on met son vélo sur le côté (cf photo), le temps que tu sortes de l’école. Qu’on ne le laisse jamais seul, ni plus de 10 minutes. Qu’on dit pardon, merci, attention. Que par ailleurs on explique à ses enfants et aux autres qu’il faut bien respecter cette petite cour, son arbre, ses arbustes, etc. et qu’après tout cela, on a un Monsieur qui continue à nous dire que nous n’avons rien à faire ici, c’est consternant, contrariant et injuste! »

Première année de scolarité de mon fils, le curé de la paroisse me coupe mon cadenas de trottinette pendant que je suis à une réunion  de parents. Je sors de l’école : plus de trottinette! Je l’avais garée derrière une poubelle pour qu’elle ne gêne pas. Deuxième année, il m’explique que je ne dois pas rouler à vélo parce qu’il y a des enfants et que c’est dangereux (j’en porte deux dans ma remorque). Soit. Je réduis encore plus ma vitesse en arrivant (je passe de 2 km/h à 1,5) et j’ai un pied à terre. Troisième année il m’explique que l’accès à la Résidence est totalement interdit aux vélos, comme indiqué sur le panneau (qui n’a jamais existé, comme j’ai pu le lui faire constater) et que je dois garer mon vélo dans la rue.

C’est décourageant quand on fait tant d’efforts de respect d’autrui et tellement contre productif, parce que ça ne me donne qu’une seule envie : laisser mon vélo en plein milieu de sa cour, toute une journée, avec un panneau injurieux. Je ne le ferai pas car je sais qu’il est capable d’appeler la fourrière, de me crever les pneus ou que sais-je et que si je fais tous ces efforts c’est pour ne pas gêner les autres, donc je suis trop bien élevée pour changer.

Avec tous ces rabats joie qui inventent des règles qui ne servent à rien, qui me hurlent dessus quand mon fils de 5 ans roule à vélo sur un trottoir, à 2 à l’heure, en disant pardon tous les 10 mètres et en laissant toute la place pour que les piétons et poussettes passent, (sachant que c’est autorisé jusqu’à 12 ans, surtout avec le peu de pistes cyclables qui existent dans Paris), qui me hurlent dessus aussi si nous sommes en trottinette sous prétexte que c’est dangereux, il faut beaucoup, beaucoup de self control, de joie de vivre, et d’éducation pour continuer à prendre soin des autres quand on reçoit autant d’agressions quotidiennes.

Il y a d’autres combats à mener bien plus importants que de faire la guerre à une mère de famille à vélo avec ses enfants, non??? C’est un comble pour le moyen de transport le plus pacifique! Je précise que je n’ai pas un vélo de course qui traverse Paris comme une fusée, je suis en mode casque-gilet-jaune-trompette-et-enfants!

Julie Renauld Millet, maman bienveillante mais pas que!