Papa où t’es?

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Maman cool et papa gronde, c’est fini! 

J’entends ça et là des mamans regretter de ne pas assister – en couple – aux ateliers que j’organise car : « mon mari n’a pas le temps« , « il dit que les enfants n’ont qu’à obéir« , « c’est aux adultes de décider« , « il y a un moment où il faut être ferme et c’est tout« .

On est d’accord! Nous aussi nous voudrions que ça roule, ça avance, qu’ils « obéissent et pis c’est tout« . D’ailleurs, dans les familles où les règles et le système fonctionnent, la question ne se pose pas. Celle-ci se pose lorsque les parents rencontrent trop de difficultés, lorsque les règles mises en place n’obtiennent pas – ou plus – les résultats escomptés. Lorsque les règles sont remplacées par les cris, les punitions, les fessées… et que nous ne sommes pas heureux de cela.

Et lorsque le quotidien devient usant, que le volume sonore est au plus haut et que le taux d’agacement, de colère et d’excitation franchit la ligne rouge, côté parents comme côté enfants. On se pose la question lorsque le lundi matin, l’arrivée au bureau est une libération!

Et là, ce n’est plus une question de papa ou de maman, de sévère ou pas sévère, de sévir ou ne pas sévir…

Elever des enfants n’est pas facile, je ne vous apprends rien, mais cela fait du bien de l’entendre. Des difficultés il y en a, il y en aura. Selon la personnalité de l’enfant, la nôtre, notre histoire, et tout son écosystème.

Mais il existe des solutions, des outils qui fonctionnent. Une manière d’appréhender les situations, de regarder son enfant et de mieux le comprendre. Et surtout d’être en ligne avec ses propres valeurs. Pas celles du voisin, du copain de forum ou de sa belle-soeur. Nos propres valeurs, les miennes et celles de ma moitié avec qui j’ai décidé de mettre au monde un ou plusieurs enfant(s).

  • La Discipline Positive ce n’est pas Maman bienveillante et Papa ferme (ni l’inverse)

C’est la fermeté et la bienveillance ensemble, saupoudré d’encouragements à mieux faire, à apprendre de ses erreurs, à ne pas rester sur un échec. Selon le Docteur en psychologie Jane Nelsen, le mot le plus important entre Bienveillance et Fermeté c’est le mot « et ».

Apprendre à être parent ou à (re)devenir le parent que nous souhaitons être, cela demande du temps et de l’envie, mais cela s’adresse autant aux papas qu’aux mamans. Les mamans n’ont parfois pas plus de temps matériel à consacrer à cet apprentissage que les papas, mais ce temps est un excellent investissement à long terme, et elles le savent.

Consacrer 7 soirées de 2 heures, soient 14 heures de formation, c’est un temps précieux pour construire une famille, une harmonie, des valeurs, à deux. C’est se mettre au diapason en vivant des expériences, en se mettant dans la peau de nos enfants pour les comprendre quand ils se roulent par terre, hurlent dès 6 heures du matin ou demandent encore une glace à la fin d’une journée au parc d’attractions.

  • Les ateliers permettent un cheminement ensemble

Nos entreprises nous offrent des séminaires, des formations, sur des sujets divers, parfois liés à notre développement personnel, mais qui nous apprend à élever nos enfants…? Les papas sont toujours plus concernés et investis, ceux qui viennent déjà aux ateliers ont une vraie attente et une soif de comprendre et d’avancer. C’est très encourageant et c’est tellement plus facile de parler le même langage

Julie Renauld Millet, Thérapeute systémique, Coach Parents Enfant

 

Mon vélo rouge dans Paris

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Voici mon vélo rouge, il est allemand et j’ai pris le pari de me lancer dans Paris – environnement peu habitué aux vélos – pour accompagner mes enfants à l’école. Un pari mais un risque aussi, pour mes enfants bien sûr, qui ne sont pas aussi bien protégés que dans un 4X4.

Cela fait partie des valeurs et habitudes de vie que je veux leur transmettre : rester tonique, être à l’air libre (même pollué), partager, voir le paysage, s’adapter aux conditions météo, etc. En acceptant le revers de la médaille et en essayant de l’anticiper au maximum.

  • Changer le regard des plus pressés, des moins patients

Me voilà lancée dans la circulation parisienne. Alors soit je m’impose, avec klaxon, gilet jaune et haussement de ton – ce que j’ai commencé à faire, soit je me lance le défi de changer le regard des plus défiants, des plus agressifs, des plus pressés, des moins patients… Et pour être raccord avec la Discipline Positive, je vais faire les deux! Etre ferme quand nous serons en danger et bienveillante pour m’adapter aux plus rétifs et surtout garder le sourire car c’est aussi pour cela que j’ai choisi ce véhicule doux et convivial!

L’école de mes 2 enfants était de moins en moins accessible en voiture. Rien de direct en transports en commun. J’ai testé le siège porte-bagage pour Louise et Gaspard pédalant à côté. Mais le matin, lorsque le jour est à peine levé, Gaspard (5 ans dans 3 semaines) n’avait pas forcément l’énergie pour pédaler au milieu des piétons. En voiture, il nous fallait 30 minutes avec le risque de se faire enlever la voiture à l’arrivée, car aucune place pour stationner (or des enfants de 3 et 5 ans ne se jettent pas sur le bord de la route)… Alors, alors… j’ai regardé du côté de l’Allemagne et de ses vélo électriques bi-porteurs et tri-porteurs. J’ai trouvé les modèles avenue de Versailles chez Les cyclistes branchés.

J’ai opté pour un bi-porteur (deux roues) qui m’a semblé bien plus maniable qu’un tri-porteur (trois roues), mais c’est ma conduite subjective qui m’a guidée et les précieux conseils du responsable de la boutique.

Il s’appelle E-cargo, il est électrique, il a transformé nos trajets, nous ne mettons plus que 10 minutes, quoiqu’il se passe autour de nous. Je pédale, donc ça reste un moyen de transport tonique qui me permet de faire un peu de sport chaque jour. Les enfants sont ravis dans leur cabine couverte par temps de pluie et découverte quand il fait beau. Plus de stress des bouchons, ni du stationnement (quoique le responsable de l’immeuble de l’école n’est pas très fan de me voir arriver avec mon engin, mais il va s’habituer).

  • Faites-leur une petite place!

J’ai bon espoir de faire des adeptes, c’est un très gros investissement mais il remplace ma voiture et transporte 3 personnes. Et j’ai besoin de vous pour en parler autour de vous. Si vous ou vos amis croisez un vélo rouge (ou bleu, ou vert)… faites-leur une petite place! Il y a très peu de pistes cyclables (quand elles ne sont pas recouvertes de feuilles glissantes et de marrons), ces pistes s’arrêtent ou démarrent au milieu des carrefours qu’il nous faut traverser. Si nous nous retrouvons parfois sur les trottoirs, c’est peut-être que nous avons préféré cela à prendre la place du Troca avec 2 enfants… Si nous traversons le passage piétons, vous avez le droit de nous laisser passer, c’est peut-être pour aller attraper la piste cyclable! Paris n’est pas faite du tout pour les cyclistes, et je ne prône pas la ville sans voiture car je m’en sers aussi.

C’est ma responsabilité, mon engagement, mon problème, « je n’avais pas qu’à… », « j’avais qu’à faire comme tout le monde ». Oui mais voilà, je suis la 3è de ma fratrie (ceux qui ont suivi mes ateliers savent ce que cela signifie et ma famille aussi!!!), j’ai envie d’apporter un peu de mon pays natal (la Belgique) à Paris et j’ai confiance dans la société et ses nombreuses mutations! J’assume! Mais sans choisir l’un ou l’autre, je suis sûre que nous pouvons mieux cohabiter!

A bientôt sur la route!

Julie

 

 

 

 

 

 

Les ateliers de rentrée ont démarré!

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Je suis ravie de démarrer l’année scolaire avec un nouveau groupe de parents qui vient d’embarquer pour 7 séances de 2 heures de formation à la Discipline Positive. Dans 14 heures, ils seront armés d’outils et de clefs pour mieux comprendre les comportements inappropriés de leurs chérubins et y répondre, avec bienveillance ET fermeté.

  • 4 papas et 8 mamans!

J’ai la joie d’accueillir 4 papas et 8 mamans hyper motivés. Dès la première soirée, les questions et réflexions sur l’évolution de notre société, nos codes culturels et éducatifs, notre système scolaire, le système alternatif… fusent! Nous allons avancer vite et loin ensemble, bousculer les idées reçues. Nous allons aussi nous amuser, en nous mettant dans la peau de nos enfants pour prendre conscience de ce qu’il ressentent et pensent.

Chacun est venu avec son bagage et ses automatismes et tous ont envie d’accompagner leurs enfants au mieux, de (re)trouver un peu d’harmonie dans leur famille, de sortir de systèmes parfois négatifs, épuisants ou trop sonores!

Comment me faire entendre sans crier? Comment se faire obéir ? Comment mettre fin aux provocations de mon fils sur sa soeur? Est-ce que mon enfant absorbe toutes mes émotions et comment l’en préserver? Il n’a pas encore 2 ans mais il est quand même terrible! Le couple doit-il être « DP » ensemble, coûte que coûte, et si ce n’est pas le cas, est-ce un problème…?

Toutes ces questions – et bien d’autres – trouveront leurs réponses, personnalisées, en fonction des parents que nous sommes, des enfants que nous avons et des valeurs que nous souhaitons leur transmettre. La Discipline Positive permet de développer l’empathie, la générosité, la bienveillance, l’écoute, l’autonomie, le respect de soi et des autres, le goût de l’effort, la confiance en soi… A nous de jouer!

Un beau programme en perspective!

Et moi, et moi, et moi…

Le sentiment de jalousie est bien souvent inévitable dans une fratrie. L’enfant unique est soudain déstabilisé à l’arrivée du second. L’attention que les parents portent à l’un peut être vécue comme retirée à l’autre. Or il existe des clefs pour éviter d’exacerber ce sentiment irrépressible et des pièges à éviter…

  • Ce n’est pas l’enfant qui a un problème c’est son interaction avec les membres de sa famille qui dysfonctionne

Les parents qui consultent un thérapeute ou se rendent aux ateliers de Discipline Positive, le font parfois pour un enfant, en particulier, avec lequel ils rencontrent des difficultés. Or dans l’approche systémique, nous partons du principe que le problème ne prend pas racine chez une personne, mais dans l’interaction de cette personne avec son entourage directement concerné. Et c’est sur cette interaction que nous allons travailler pour faire évoluer tout le système familial afin de résoudre le problème originel.

La psychologie adlérienne rejoint l’approche systémique en constatant que le changement d’un enfant entraîne les autres membres de sa famille. C’est une dynamique, tout le monde affecte tout le monde.

  • Les effets de la compétition dans la fratrie

Eva Dreikurs Ferguson, docteur en psychologie et spécialiste de la psychologie adlérienne, constate que la compétition existe dans de nombreuses familles, et qu’elle est souvent nourrie par les parents. « C’est souvent entre l’aîné et le second que cela se joue et dans 80 à 90% des cas, les conséquences sont négatives », précise-t-elle. « Lorsqu’il y a compétition, 1 enfant est considéré comme le bon, et l’autre le mauvais, c’est 100% prévisible ».

Et nous, parents, entretenons parfois cette compétition. Même quand il s’agit de les faire avancer au quotidien : « Le premier arrivé à la voiture a gagné ! », à utiliser avec parcimonie ! Les compliments donnés à un enfant engendrent également de la jalousie, à la différence des encouragements (Lire « Pourquoi l’encouragement est-il essentiel »).

  • L’enfant a besoin d’appartenir, de contribuer et d’être aimé

Or si on aide le « mauvais » enfant, au cours d’un atelier ou d’une thérapie, le « bon » n’aura pas envie que le mauvais change. Le bon fera tout pour que le mauvais soit encore plus mauvais car son objectif est l’homéostasie : la résistance au changement.

A nous, parents, d’aider les deux enfants simultanément en leur faisant comprendre qu’ils sont l’un comme l’autre « valued, belonged and loved ». Comme le rappelle le Docteur Haim Ginott, il ne s’agit pas d’aimer ses enfants de façon uniforme, mais plutôt de façon unique. Chaque enfant est aimé pour ce qu’il est.

Eva Dreikurs Ferguson constate que bien souvent, en aidant le « mauvais » enfant, celui-ci parviendra à changer, à se mettre au travail, à progresser, à s’assagir… et c’est le « bon » enfant, celui qui n’a jamais posé de problème, qui prendra alors la place vide, celle du cancre. Le « bon » devient le « mauvais » et vice-versa.

C’est pourquoi ce n’est pas l’un ou l’autre qu’il faut faire évoluer, mais bien toute la sphère familiale en se penchant sur les interactions entre chacun de ses membres.

(Lire aussi, « Ma place dans la fratrie »)

Julie Renauld Millet

Coach systémique, Formatrice en Discipline Positive

C’est tous les jours la fête foraine !

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Notre quotidien de parents est une fête foraine à crédit illimité.

Tantôt le grand huit, puis le train fantôme, quelques barbes à papa, beaucoup de pommes d’amour. On évite le tir à la carabine, mais pas forcément le chamboule tout. Quelques auto-tamponneuses et autres chutes libres.

Et l’essentiel : un trampoline pour rebondir… toujours.

Pas de recette miracle, juste un pas de recul pour comprendre comment fonctionne l’enfant et comment s’adapter quand on est désemparé. Ces petites clefs peuvent fonctionner un peu, beaucoup, momentanément.

Lorsque vous serez bloqués à nouveau, faites confiance à votre co-créativité pour trouver d’autres solutions. Parce que nos enfants grandissent, évoluent, changent tout le temps et c’est cela qu’on aime !

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  • (3 à 10 ans) Que faire s’il a du mal à s’endormir :

Son sujet : j’ai peur de rester seul, même si maman n’est pas loin

Votre sujet : j’ai tellement envie de dîner tranquillement avec mon mari !

Chacun peut y trouver son compte si : vous dessinez sur une ardoise 2 grands vases. Le 1er sera rempli des vilaines choses de la journée, l’autre des jolies choses. L’enfant choisit lui-même les couleurs que porteront chacun des vases. Il dessine lui-même ou la maman dessine/écrit selon l’âge et l’humeur.

La clef : se libérer des éventuelles tensions de la journée pour s’endormir paisiblement ! Se reconnecter avec son enfant et ses besoins (et comprendre pourquoi cela fait 10 fois qu’il vous rappelle).

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  • (2-5 ans) Que faire s’il a du mal à manger

Son sujet : Maman a l’air de mettre tellement d’énergie à me faire manger. Toute cette énergie… je prends !

Votre sujet : Je mets tellement d’énergie à le faire manger, en vain, je suis épuisée, je n’ai même plus faim !

Chacun peut y trouver son compte si : vous lâchez ! Nous les mamans, on a beaucoup de mal à lâcher sur ce sujet si délicat de la nourriture !! Se mettre à table avec lui et lui proposer des plats pour qu’il se serve selon sa faim et ses envies.

La clef : refaire du repas un moment convivial, déchargé d’émotions, où la nourriture n’est pas un sujet, mais parler de ce qu’on a très envie de faire ce week end… Nous sommes modèles de nos enfants, si on se nourrit apaisés, il y a des chances pour que l’enfant le fasse aussi.

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  • (4 – 8 ans) : Que faire s’il est déjà accro aux écrans :

Son sujet : je pourrais me gaver de dessins animés toute la journée, ça excite mon cerveau tout en m’abrutissant.

Votre sujet : mon enfant est léthargique et excité, je récupère une bombe à retardement si je le laisse plus longtemps.

Chacun peut y trouver son compte si : les écrans sont SECURISES (il ne peut tomber QUE sur des dessins- animés comme sur You Tube kids) et si vous anticipez et établissez – ensemble – un contrat : combien d’épisodes te semblent raisonnables ? 3 ? OK. Faire respecter le contrat pour renouveler l’autorisation. Et organiser l’activité qui suivra. L’enfant se construit en jouant.

La clef : co-construire et valoriser son engagement et le respect du cadre. Trouver des jeux et activités qui vous plaisent à tous les deux/trois.

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  • (2 – 8 ans) Que faire s’il ne vous laisse pas téléphoner tranquillement :

Son sujet : je veux ma maman pour moi tout seul

Le vôtre : je veux 10 minutes de paix pour moi toute seule !

Chacun peut y trouver son compte si : vous Anticipez, si vous pouvez !

« Pose ta main sur mon poignet pour que je me souvienne que tu veux me parler et dès que j’ai fini, ce sera à toi ». Ou lui indiquer sur une montre « Quand la grande aiguille sera sur le 10, je viendrai jouer avec toi, promis ». Ou encore lui confier une « mission » : « Est-ce que tu peux me sortir les légumes pour qu’on prépare ensemble le dîner de ce soir ? »

La clef : il a besoin de se sentir exister, important et contributeur (le mien adore mettre le linge sale dans le lave-linge, ça ne durera qu’un temps, j’en profite…). Il a besoin de sa connexion avec sa maman (la main posée sur le poignet peut l’aider).

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  • (2 – 10 ans) Il fait des crises aux supermarchés

Son sujet : c’est Noël ici !! il y a encore plus de cadeaux que sous le sapin !

Votre sujet : maman n’est pas le Père Noël et sa hotte est très limitée !

Chacun peut y trouver son compte si : encore une fois, vous anticipez. « Nous allons au supermarché, je suis d’accord pour t’offrir 1 journal/livre/sachet de bonbons… tu as le droit de les regarder TOUS et prend le temps de choisir ton PRÉFÉRÉ »

La clef : certains psy disent qu’il est cruel de confronter un enfant à autant de sollicitations en lui refusant tout, et de lui demander de se tenir correctement et en plus, de dire « d’accord maman, je ne réclamerai rien ». Ses neurones ne sont pas encore câblés pour qu’il accepte à ce point la frustration !  La frustration oui, mais en lui accordant 1 seule petite chose pour mieux la gérer. Ou le laisser à la maison (sous surveillance) !

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  • (2 – 6 ans) Il ne veut pas s’habiller

Son sujet : on me réveille, on me presse, j’ai froid, je suis fatigué, j’ai faim, je veux un câlin… comment ça il faut lever les bras pour mettre mon t-shirt ???

Votre sujet : on va être en retard à l’école/la crèche/chez Papy et Mamy

Chacun peut y trouver son compte si : on a préparé les habits la veille, c’est lui qui s’habille seul comme un grand, c’est lui qui choisit (choix limité : le bleu ou le rouge), c’est à son rythme (à nous de le réveiller plus tôt s’il lui faut plus de temps). Faire la course avec papa peut fonctionner parfois (entre frère/sœur, ça peut créer de la compétition, à utiliser avec modération !)

La clef : Alléger le niveau de stress déjà bien haut (le réveil, l’école, rien oublier pour la journée, la cantine, les copains, la maîtresse sévère…), mettre un peu d’humour et de fun. « Tu as envie de mettre un maillot aujourd’hui 17 novembre ? OK ! mais des bouées et des palmes aussi alors ! ». Le valoriser, le rendre responsable, l’encourager.

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  • (6-16 ans) Sa chambre n’en est plus une

Son sujet : Bah quoi… ? j’ai fait mon lit non… ?! C’est MA chambre!

Votre sujet : je ne supporte pas que les chaussettes sales, les paquets de gâteaux et les cahiers de classe cohabitent sur le lit. Ce n’est pas ce que j’appelle ranger !!

Chacun peut y trouver son compte si : vous verbalisez votre définition d’une chambre rangée. Votre enfant n’a pas la même conception du rangement et de la propreté que vous (c’est déjà rarement le cas entre deux frère et sœur ou même au sein du couple !). Vous vous mettez d’accord ensemble pour les 3 points qui vous semblent incontournables (ex. : linge sale, nourriture, bureau).

La clef : Respecter le territoire de l’enfant tout en lui faisant respecter votre cadre, et donc, votre maison.

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  • (8-14 ans) Il ne veut pas faire ses devoirs

Son sujet : j’ai juste envie de ne rien faire après cette journée surchargée, qu’on me fiche la paix !

Votre sujet : s’il continue comme ça, il va rater sciences po’. Oui il n’est qu’en CM2, et alors ??!!

Chacun peut y trouver son compte si : vous co-construisez un cadre avec lui. « Combien de temps te semble raisonnable pour te détendre avant de te mettre au travail, sans que tu te mettes en stress après parce que tu n’as pas assez de temps pour tout faire ».

Déléguer, peut être une solution efficace aussi, ainsi les devoirs ne sont pas chargés d’émotions parentales !

La clef : l’aider à gérer son temps, lui redonner de la motivation en l’encourageant. Eviter « avec ton 3 en maths, tu penses que tu peux te permettre de glander ?? », mais plutôt « Tu as eu 3, ce n’est pas terrible, mais tu vas trouver les ressources pour progresser, j’en suis sûre ». L’aider à retrouver l’envie, par tous les biais (qui sont les siens, selon sa personnalité, et non les vôtres).

Eviter « moi aussi j’étais nulle en math ». Car d’abord, il n’est pas « nul », pas plus que vous d’ailleurs, et que ça ne « s’attrape pas », les faiblesses scolaires… ! Sinon, à quoi bon faire des efforts puisque c’est ainsi depuis des générations !

En résumé, pour être efficaces :

  • L’écouter
  • Connecter avant de corriger
  • Faire avec et non pour
  • Co-construire les solutions pour l’impliquer et qu’il s’engage
  • Trouver des solutions en lien avec le sujet (éviter de lui faire mettre la table parce qu’il a eu 3 en maths…)
  • L’encourager
  • Perdre 5 minutes maintenant, pour en gagner toute la journée
  • Programmer des temps qualitatifs et dédiés à chacun de ses enfants (sans IPhone)
  • Regardez où vous en êtes quand vous pétez les plombs et où se situe votre enfant

N’oubliez pas que vous êtes son soleil… c’est vous qui éclairez son chemin, celui qu’il construit pas à pas, avec vous et pour lui.

(Et peut-être décrocherez-vous le pompon… qui sait ?!)

Julie Renauld Millet, Coach Parents-Enfant Discipline Positive

Julie.renauld.millet@gmail.com

Conférence Présentation de la Discipline Positive à l’Ecole Saint Honoré d’Eylau, Paris 16. Le mardi 17 janvier 2017.

La Discipline Positive ou comment mettre l’encouragement au coeur de l’éducation

(synthèse – les expériences ne sont pas toutes détaillées car elles ont besoin d’être vécues plutôt que lues)

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  1. Introduction / Présentation 
  • Oui il faut de l’énergie et du temps, mais c’est un investissement à long terme et qui rapport gros!
  • Attention, je ne suis pas la mère parfaite qui distribue des recettes miracles. Je suis là pour partager avec vous une approche qui m’est utile.
  • L’erreur est une formidable opportunité d’apprentissage
  • Le but n’est surtout pas de vous faire culpabiliser en vous disant :

« Mon Dieu, c’est exactement ce que je dis toute la journée, quelle horreur, j’ai tout faux ! »

  • Si vous vous dites ça, bravo, bienvenue, vous avez mis 1 pied dans la prise de conscience, reste à mettre le 2è dans l’action
  • Les conférences de présentation – comme les ateliers – vous font participer, jouer le rôle de l’enfant. Ce n’est pas un cours magistral
  • Personne ne sera noté ! Nous restons tous dans le non-jugement

 

  1. Qu’est-ce que la Discipline Positive

Méthode d’éducation basée sur les travaux de 2 psychiatres autrichiens,

Alfred Adler (1870-1937) et Rudolph Dreikurs (1897-1972)

Dreikurs dit : « We cannot protect our children from life. Therefore, it is essential that we prepare them for it. ». On ne peut pas protéger nos enfants de la vie, il est donc essentiel de les y préparer.

  • 2 piliers : Fermeté et la bienveillance.
  • Outils pragmatiques / compétences nécessaires à la vie en société dans un esprit de respect mutuel
  • Applicable à la Maison, à l’Ecole, en Entreprise 

 

  1. Pourquoi la Discipline Positive ?
  • Fin d’un modèle vertical

L’autorité, ce n’est pas le pouvoir.

  • On peut faire acte d’autorité sans écraser.

Education, vient du latin « educare » = faire remonter (et non pas forcer ou faire rentrer/descendre)

Quand j’essaie de coucher mon fils le soir =  faire rentrer le crapaud dans la bouteille. Cercle vicieux. Nourrit l’excitation et l’énervement mutuels. Pour sortir de là : « ok, de quoi aurais-tu besoin pour t’endormir maintenant ? »

  • Expérience de la CHAISE :

1 volontaire = enfant de 4 ans (mesure 1 mètre)

Je suis le parent ou la maîtresse

Je monte sur chaise (60 cms de hauteur).  

« Regarde-moi quand je te parle ! »

Qu’avez-vous ressenti en tant qu’enfant ? Qu’avez-vous pensé ? qu’est-ce que ça vous a donné envie de faire ?

On refait l’exercice, l’enfant s’assoit pour être à 1 mètre, je m’accroupis pour me mettre à son niveau.

« Bonjour Jonathan, comment tu vas aujourd’hui ? »

Qu’avez-vous ressenti ? que décidez-vous de faire du reste de cette journée ?

Que s’est-il passé ?

 

Les enjeux parentaux en DP c’est :

  • Passer d’une posture verticale à horizontale

Connectez-vous avec votre enfant pour faire passer les messages !

  • Entraîner l’enfant dans la coopération
  • Garder le contrôle de la famille

Respecter = Respicere en latin = tourner la tête pour regarde

Expérience Menton/joue 

  • Nous sommes les Modèles de nos enfants / Neurones miroirs
  • « Ne CRIE PAAAAS »

Les enfants apprennent par l’observation.

 

  1. Les principes adlériens

Selon Alfred Adler :

  • L’être humain = être social
  • Ses besoins essentiels : appartenance et importance (trouver sa place dans le groupe – famille / classe et contribuer à son fonctionnement)
  • Tout comportement a une raison d’être
  • Le changement constructif est facilité par l’encouragement
  • Les enfants élaborent leurs croyances à partir de la perception de leurs expériences
  • La DP s’intéresse aux besoins qui se cachent derrière les comportements des enfants (cf iceberg)

 

 

  1. Jane Nelsen et Lynn Lott
  • Jane Nelsen est docteur en psychologie de l’éducation de l’université de San Francisco,
  • 7 enfants, 22 petits enfants, 5 arrières petits enfants.
  • Elle parcourt le monde, fait évoluer outils 
  • Lynn Lott, également mère de famille et psychologue,
  • Travaille depuis les années 70 sur les questions d’éducation de parents
  • Années 90 avec Jane Nelsen.

Les 5 critères de la DP selon Jane Nelsen sont :

  1. Appartenir et contribuer
  2. L’encouragement, la bienveillance et la fermeté
  3. L’efficacité à long terme (épanouissement futur)
  4. Enseigner les compétences sociales (respect, attention aux autres, résolution de problèmes, coopération, responsabilités)
  5. Inviter l’enfant à découvrir ce dont il est capable (autonomie, responsabilisation, estime de soi)

 

  1. L’encouragement (lire aussi Pourquoi l’encouragement est-il essentiel?)

« L’enfant fait mieux lorsqu’il se sent mieux »

« D’où nous vient cette idée folle qui consiste à penser que l’enfant doit d’abord se sentir mal (voire humilié) pour se conduire mieux ? », Jane Nelsen

 

Expérience Encouragements vs Compliments

–       2 volontaires = enfants.

 

Reçoivent une série de phrases.

Qu’avez-vous pensé ? Ressenti ? décidé ?

Vous public, qu’avez-vous ressenti ?

  • L’encouragement = insuffler du courage pour mettre en capacité / développer le sentiment d’efficacité personnelle.
  • Colonne vertébrale de l’enfant,
  • Motivation endogène et pas pour les bonnes notes

Etude Carole Dweck, Université de Stanford : donne des puzzles simples dans une classe de CM2 séparée en 2 groupes. le 1er groupe félicité pour son intelligence et le 1è est félicité pour son sens de l’effort. 2è round avec 1 séries de puzzles. La série 1, ce sont les mêmes puzzles. La série 2 sont des puzzles plus compliqués. 90% du groupe encouragé pour son sens de l’effort choisira la série 2, la plus difficile. La majorité du groupe complimenté pour son intelligence, choisira la série 1, les puzzles faciles.

Les talents et compétences

Expérience 2 listes (paper board)

–       (LISTE 1) : Comportements adoptés par nos enfants que nous trouvons difficiles (à la maison, à l’école…)

Quels sont les défis et les difficultés que nous rencontrons en tant que parents ou éducateurs ?

–       (LISTE 2) : Quels sont les talents et compétences de vie que vous souhaitez pour vos enfants ? lorsqu’il quittera votre foyer ?

La liste 2 est un GPS, c’est notre destination. C’est là qu’on veut aller.

On va se servir de la liste 1 pour modéliser les compétences de la liste 2

 

Expérience Dire et Questionnement

–       1 volontaire pour jouer l’enfant

–       10 volontaires pour jouer parent ou enseignant (en rang)

Jane Nelsen nous invite à décider de ce que nous allons faire,

Pas de ce nous allons faire faire à nos enfants.

Et leur dire ce que nous attendons d’eux.

Façon de dire les choses, directes, brèves, claires

 

  1. Le cerveau de l’enfant

C’est bien beau tout cela, mais moi, quand je rentre du travail, d’une journée épuisante et que je trébuche sur le cartable de mon fils en rentrant chez moi… j’explose !!!!!! Et c’est bien naturel !!

Le scientifique Daniel Siegel / métaphore fonctionnement du cerveau / décoder nos comportements (voir la vidéo YouTube Le modèle du Cerveau dans la main de Daniel Siegel, démonstration faite par Nadine Gaudin).

Plus capable de réguler nos émotions, de réagir de manière appropriée, etc.

Outil : Temps de pause

Qu’est-ce qui vous permet de retrouver vos esprits de vous apaiser ?

On va prendre une douche, on va boire un café….

Si on a pété les plombs, aucun problème, on a montré à notre enfant qu’on n’était pas parfait. On utilise l’outil de la réparation.

  • Impliquer

Temps passé devant l’ipad à définir ensemble : Cela devient SON engagement, et non une règle à suivre (ou à enfreindre en cachette…)

  1. Conclusion

 

Expérience du Pouce

Pour aller plus loin…

  • Ateliers animés par des formateurs de parents, comme moi, ou d’enseignants.

7 séances de 2 heures, le soir, à raison d’une séance par semaine.

(230 euros par personne et 380 euros par couple)

  • Cafés thématiques
  • Les lois naturelles de l’enfant, Céline Alvarez. Ma bible

 

Merci ! et bienvenue sur le chemin de la DP !

 

Pourquoi l’encouragement est-il essentiel?

Qu’est-ce que l’encouragement?

En Discipline Positive, nous distinguons « Compliment » et « Encouragement ». « L’encouragement est à l’enfant ce que l’eau est à la plante« , disait Alfred Adler (psychiatre autrichien).

Le compliment c’est « Bravo! », « Ton dessin est superbe! », « Je suis fier de toi », « Tu me fais vraiment plaisir en faisant cela », « On ira mangé une glace pour te récompenser de ton si beau travail » .

L’encouragement c’est « Bravo, tu peux être fier de toi », « Que penses-tu de cette chambre que tu viens de ranger? », « J’aime beaucoup les couleurs de ton dessin, et toi, qu’en penses-tu? »

Le compliment est un bonbon. Il peut être délicieux à recevoir, mais trop de bonbons n’est jamais bon. Il construit, dans la relation à l’enfant, une dépendance. L’enfant est en attente de sa récompense, de son bon point, de sa note… Il fait les choses pour l’autre et non pour lui-même.

L’encouragement suscite une motivation endogène que l’enfant apprend à aller chercher en lui. Il motive et développe la capacité de l’enfant à être efficace personnellement. Il répond à ses besoins vitaux d’appartenance et d’importance, selon Alfred Adler. Il est fondamental dans la construction de l’être humain et dans l’adulte qu’il deviendra. Un enfant qui n’a reçu que des compliments, toute sa vie dépendra du regard de l’autre et ne parviendra à s’en détacher qu’au prix d’un long travail sur lui. Attention, Jane Nelsen, docteur en psychologie de l’éducation à l’Université de San Francisco, ne bannit pas les compliments! Mais comme les bonbons, ils sont à distribuer avec parcimonie. Or les parents, en général, savent très bien faire des compliments. L’encouragement est beaucoup plus difficile à formuler. Mais c’est une gymnastique, ça s’apprend! Et pour l’avoir testé, en voyant mon fils de 4 ans gonfler le torse lorsqu’au lieu de lui dire « Waw ta chambre est super bien rangée », je lui ai dit « Waw, qu’est-ce que tu en penses…? », il a répondu très fièrement « impeccable!!! »

Dans l’enseignement classique, le système de notes contribue malheureusement à cette dépendance. L’élève travaille pour la note. Lorsque le contrôle est passé, que reste t-il des pages apprises par coeur?

Une étude réalisée par Carole Dweck, professeur en psychologie à l’Université de Stanford, souligne les effets préjudiciables des compliments. Elle a donné une série de puzzles – assez simples à réaliser – à des élèves de CM2. A la moitié d’entre eux, elle a loué l’intelligence « bravo, vous avez réussi grâce à votre intelligence ». A l’autre moitié, elle a loué leur sens de l’effort »bravo vous avez réussi grâce à vos efforts fournis pour l’exercice ». Lors d’un 2è round, elle propose 2 séries de puzzles aux deux groupes d’enfants. La première série est plus difficile qu’au 1er round, la 2è série est la même qu’au 1er round. Le groupe dont on a loué le sens de l’effort choisira à 90% la série 1, la plus difficile. Et la majorité des élèves du groupe dont on a loué l’intelligence, restera sur la série identique et facile du 1er round.

Les encouragement ne sont pas réservés au monde de l’enfance, bien au contraire. Comme souvent en Discipline Positive, nous pouvons transposer les outils dans le monde de l’entreprise (ou dans la sphère familiale, avec son conjoint, sa mère…). S’il n’est pas naturel de dire à un collaborateur « Tu peux être fier de toi », on peut, avant de formuler un encouragement ou un compliment, se poser les questions suivantes  :

  • Suis-je respectueux ou condescendant?
  • Est-ce que je me place de mon point de vue seulement ou du sien?
  • Ferais-je ce type de commentaire à un ami?

Entraînons-nous!

Coaching Parents/Enfant

Si j’ai choisi de me pencher plus particulièrement sur le coaching Parents/Enfant, c’est pour comprendre au mieux la relation d’un enfant à ses deux parents, et ce qui se joue entre les membres d’une même famille impactés par une difficulté qui dégénère. Chacun des membres de la famille a ses croyances, nées de ses perceptions, et chacun vivra la situation de façon très différente. Et c’est en comprenant mieux les logiques internes de chacun que je peux dénouer les choses.

Faire croître le lien avec son enfant est un sujet central pour moi. C’est comme une plante que l’on arrose et qui, en grandissant, apporte d’intenses moments de bonheur. Le lien ne peut s’épanouir qu’au travers d’une écoute silencieuse, l’observation de l’enfant sans jugement et sans intervention afin de le découvrir, le comprendre, pour mieux entrer en lien. « Ecouter pour que les enfants parlent », prescrivent Adele Faber et Elaine Mazlich, deux universitaires américaines, spécialistes de la communication familiale et auteurs de l’ouvrage « Parler pour que les enfants écoutent. Ecouter pour que les enfants parlent »(cf Mes lectures »).

Envahis par nos smartphones collés à la paume, il est devenu si rare d’observer nos enfants et d’être en lien avec eux à 100%.

Lors des coaching Parents/Enfant, j’utilise les outils de coaching systémique stratégique en complément des outils proposés par la Discipline Positive et toute la philosophie des psychiatres autrichiens du début siècle dernier, Alfred Adler et Rudolph Dreikurs , contemporains de Freud. Et remis au goût du jour par les psychologues américaines Jane Nelsen et Lynn Lott.

Quelques principes incontournables :

  • La Discipline Positive repose sur la fermeté (respect du monde des adultes) et la bienveillance (respect du monde des enfants)
  • L’enfant agit mieux lorsqu’il se sent mieux
  • L’encouragement est central, il est pour l’enfant, ce que l’eau est à la plante
  • Les erreurs sont de merveilleuses opportunités d’apprentissage
  • Un enfant qui a un comportement inapproprié est souvent un enfant découragé
  • Les punitions génèrent revanche, rébellion, ressentiment et dissimulation
  • Derrière chaque comportement se cache une croyance

La Discipline Positive s’attache à comprendre et déceler quelles croyances se cachent derrière les comportements inappropriés afin de trouver les solutions les plus justes et les plus efficaces.

Je teste les outils de Discipline Positive sur mes enfants au quotidien avec des résultats concrets et ils m’ont surtout permis de retrouver un climat serein, de confiance et d’épanouissement en redevenant la mère que je voulais être…