Implique-moi, je me révèle

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Gaspard (5 ans) se retrouve un jour dans le bureau de la directrice d’une nouvelle école qu’il visite avec ses parents pour sa rentrée prochaine. La directrice lui a demandé d’apporter ses cahiers d’activités, que Gaspard commence par montrer fièrement à ses parents dans la salle d’attente, avant l’heure du rendez-vous.

La directrice ouvre sa porte et demande à Gaspard de s’installer seul à une grande table pour faire un puzzle pendant qu’elle parlera à ses parents, autour d’une table attenante.

  • Je n’aime pas les puzzles », grogne Gaspard d’une mine renfrognée.
  • Je comprends mais on ne fait pas toujours ce qu’on veut dans la vie, donc tu vas faire ce puzzle parce que je dois parler à tes parents », lui répond la directrice.

Gaspard ne fera pas le puzzle. Il restera assis devant sa table de longues minutes, face aux puzzles – qu’il aime faire par ailleurs, sa mère le sait et ne peut s’empêcher de le lui rappeler au cas où il serait victime d’une amnésie aussi passagère que brutale.

Mais elle sait aussi, depuis la première seconde, que si Gaspard ne coopère pas c’est qu’il est exclu du cercle. Ses parents se sont assis en face de la directrice, à son bureau, tournant le dos à Gaspard.

Après de longs échanges entre les parents et la directrice, et quelques vaines tentatives de la part de sa mère et de la directrice de lui faire faire le puzzle, il viendra rejoindre sa mère sur ses genoux pour enfin montrer à la directrice ses cahiers et lui commenter chacun de ses exercices.

Une fois l’entretien terminé, Gaspard dira à ses parents :

« Elle est méchante cette dame ». Et sa mère prendra le temps de se connecter avec lui pour reconnaître sa souffrance, après la lui avoir fait verbaliser.

Gaspard n’aura aucun mal à dire que s’il n’a pas fait le puzzle, c’est qu’il était tout seul à cette table. Sa maman lui aura expliqué que la directrice n’était pas méchante mais qu’elle comprenait sa réaction. Et sans doute que si Gaspard avait eu une troisième chaise autour du bureau de la directrice, il aurait fait des puzzles et, rassuré, aurait pu attendre son tour.

Le besoin d’Appartenance cher à Alfred Adler (1870 – 1937), dont les principes ont construit la Discipline Positive est la colonne vertébrale de l’enfant. Il en a besoin, autant que de contribuer, sans cela, il développera des comportement inappropriés (comme celui de refuser ce qu’on lui demande) et sera découragé. Là encore, il s’agissait de l’inclure et d’installer une chaise, des gestes simples qui peuvent nous apparaître évidents s’il l’on prend le temps de se mettre à la place de l’enfant. C’est ce que nous faisons lors de nos Ateliers Parents/Enseignants pour amener l’adulte à ressentir par lui-même ce qui va encourager ou décourager l’enfant.

Julie Renauld Millet, thérapeute systémique, Coach Parents Enfants

Eviter de faire pour l’enfant ce qu’il est capable de faire seul

Scène de la vie quotidienne d’une famille au petit-déjeuner :

« Gaspard, peux-tu me passer le miel, s’il te plaît ? » demande la mère à Gaspard.

Le père passe le miel à la mère, à la place de Gaspard (5 ans).

Gaspard se met à pleurer.

Le père, croyant bien faire, reste interloqué par une telle réaction qu’il pense disproportionnée.

Que s’est-il passé pour que Gaspard se mette à pleurer pour un simple pot de miel? Alfred Adler, psychiatre autrichien (1870-1937) dont les principes ont construit la Discipline Positive, explique que l’enfant naît avec deux besoins fondamentaux sur lesquels il cherche à se construire toute sa vie : appartenir et contribuer. Si le père passe le miel à la place de l’enfant, alors l’enfant ne peut pas assouvir ce besoin de contribuer et donc de se sentir appartenir à cette famille qui n’aurait pas besoin de lui, il est alors totalement découragé et il l’exprime comme il le peut à cet âge : des cris, des pleurs.

Par ces simples gestes de la vie quotidienne, l’enfant peut être encouragé ou… découragé. Dès lors que le parent en a conscience, il a la possibilité de nourrir ces deux besoins qui sont parfois très accessibles. En le laissant donner le pot de miel lui-même comme sa maman le lui a demandé, le parent nourrit non seulement son besoin de contribuer et d’appartenir mais il lui montre également qu’il en est capable. En donnant le pot de miel à sa place, le message peut être interprété par l’enfant comme « tu n’es pas capable, laisse, je vais le faire ». C’est anodin mais tellement constructif pour l’enfant!

Julie Renauld Millet, thérapeute systémique et coach Parents Enfants

 

 

Est-ce qu’on peut prendre 5 minutes pour parler de la chaise musicale…?

C’est en me replongeant dans les délices des goûters d’anniversaire de mon enfance, pour organiser les 5 ans de mon fils, que me sont venus les différents jeux auxquels nous nous prêtions.

J’ai commencé à écrire dans ma liste « chaise musicale » quand soudain, les règles du jeu me sont revenues. Soient :

  • Le principe : ne pas mettre à disposition autant de chaises qu’il y a d’enfants
  • L’objectif : exclure un à un les enfants qui n’ont pas de chaise
  • Le gagnant emporte la partie quand il trône seul sur la dernière chaise face à tous les perdants exclus

Ce que cela m’évoque : est-il vraiment nécessaire de le développer…?

L’exclusion, l’humiliation de se retrouver les fesses entre deux chaises mais d’avoir les plus petites et donc de céder la place au plus fort. Prendre la place de son voisin, prendre la place de l’autre coûte que coûte pour éviter l’exclusion, la solitude

Et je repense à Alfred Adler, psychiatre autrichien contemporain de Freud, qui avait dû jouer lui aussi à la chaise musicale et qui, depuis, n’a eu de cesse de prêcher que l’être humain a 2 besoins fondamentaux pour se développer : appartenir et contribuer.

Bref, vive le chamboule-tout, la piñata et autre colin maillard. La chaise musicale ne nous manquera pas!