Les Ateliers Parents de la rentrée

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Les Ateliers parents reprennent le mardi 18 septembre pour 7 soirées de deux heures, tous les mardis de 19h30 à 21h30, Porte de La Muette (hors vacances scolaire).

Après les vacances en famille, un petit break entre parents pour mettre en place des solutions adaptées à nos tracas du quotidien. Un peu de théorie grâce aux éclairages des psychiatres autrichiens Alfred Adler et Rudolf Dreikurs vous permettra de mieux comprendre les comportements inappropriés de vos enfants. Et beaucoup de pratique sous forme de jeux de rôle pour se mettre dans la peau de nos enfants et trouver des solutions efficaces et concrètes, adaptées aux situations de chacun.

Inscrivez-vous seul ou en couple (dans l’idéal), pour le programme de formation  de 7×2 heures.

Tarif : 240 €/personne Ou 380 €/couple

(Livre La Discipline Positive offert)

Reservation obligatoire en envoyant un chèque d’acompte de 100 euros (débité après le démarrage des ateliers).

« Encore un pipi dans ton pantalon et tu ne pourras plus aller à l’école »

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2 ans trois quart, voire 3 ans tout pile et ça y est! Mes parents me plongent dans le grand bain de la Maternelle. Alors c’est sûr, j’ai bien été passer quelques heures à la garderie ou à la crèche, mais la Maternelle c’est une toute autre histoire. En avant l’aventure, pour le meilleur et pour le pire!

 

Tout a commencé cet été. Maman m’a seriné pendant 2 mois : « Pour aller à l’école, il faut que tu fasses pipi dans le pot« , allez comprendre le lien, mais si maman le dit! Enfin, moi, comme je ne sais pas du tout ce que c’est que l’école et que ça me fait un peu peur, je décide de prendre mon temps. Je passe l’été les fesses à l’air, mais je ne fais pas toutes mes commissions dans le pot. J’en fais certaines sur le tapis du salon, d’autres derrière une porte – un peu de pudeur tout de même!

Au bout de 3 pipis, j’aurai le droit de rester à la maison!

Quand le jour de la rentrée arrive, maman est super stressée et papa me répète pour la 450è fois que l’école c’est vraiment GE-NIAL. C’est louche! Il faut que je fasse 2 fois pipi avant de partir pour être sûr de ne pas faire dans mon pantalon et bien sûr, quand maman me récupère le soir, l’aide maternelle a dû me changer des pieds à la tête. Et ça, j’ai bien compris que c’était LE truc que l’aide maternelle déteste le plus faire. Elle le dit à ma maman, à 16 heures, devant tout le monde. Et au prochain pipi, il paraît même que j’aurai le droit de rester à la maison! Je ne vais pas me gêner!!

A l’école, dès les premiers matins, je quitte maman sur le trottoir, on me demande de me mettre en rang en faisant le petit train, deux par deux à côté d’un enfant qui pleure, de monter un escalier immense, tout gris, avec une rampe toute collante, puis d’accrocher mon manteau à un porte-manteau (je n’en avais jamais vus avant), puis de mettre mon tablier en le posant par-terre devant moi avant de le jeter par dessus ma tête, puis d’enlever mes chaussures et de les mettre dans une case à mon nom (que je ne sais pas encore identifier), puis d’enfiler mes chaussons que je suis censé reconnaître, puis de rentrer dans la classe en silence, sans pleurer, pour aller m’asseoir en rond avec mes 28 autres camarades qui pleurent aussi fort que moi. Et après tout cela, la journée peut commencer… et elle promet d’être longue.

Maman ne viendra pas avant 16 heures

Je me retrouverai à devoir partager le jeu que je découvre, écouter la maîtresse, l’aide maternelle et tous les adultes inconnus qui m’adresseront la parole tout au long de la journée, aller faire pipi quand on me le demande, me taire, parler, chanter sans crier, ne pas demander ma maman puisqu’elle ne viendrait pas avant 16 heures, déjeuner avec des centaines d’autres enfants de la nourriture que je ne reconnaîtrai pas, aller jouer dans la cour alors que j’aurai envie de faire la sieste au chaud, ne pas demander ma maman, puisque de toute façon elle ne viendrait pas avant 16 heures (« je te l’ai déjà dit »). Et quand 16 heures arriverait enfin, je ne devrai surtout pas me jeter de soulagement dans les bras de ma maman, sans quoi la maîtresse me rattrapera par le col de la chemise pour me demander de lui dire au revoir en la regardant dans les yeux (véridique) pour m’apprendre les bonne manières. Ma maman me demandera tout sourire « alors c’était bien l’école? » et moi, comme je n’oserai pas la rendre triste, je lui répondrai « je ne sais pas« .

Arrivés à la maison, Maman attendra un peu avant d’aborder le sujet qui fâche : le pipi dans la culotte! Mais je sentirai bien que c’est son unique préoccupation. Je l’ai vu quand elle s’est recroquevillée comme une petite fille de 3 ans devant l’aide maternelle qui la menaçait du doigt. Maman me redira à quel point l’école est importante pour apprendre, lire, écrire, se faire des amis. Et que, sans école, pas de travail, sans travail, pas de maison, sans maison, pas de vacances. Et donc si je ne fais pas pipi dans les mini toilettes de l’école, et bien je serai tout simplement au chômage. Et à voir la tête de maman le chômage, ça a l’air grave.

Je parviendrai à me retenir toute la journée

Non je n’irai pas dans les mini toilettes. L’effet glacé sur mes fesses, l’odeur de pipi, et l’obligation de faire devant mes camarades… c’était au-dessus de mes forces! Mais je parviendrai à me retenir toute la journée. Alors bien sûr, parfois ça me fera vraiment mal au ventre, surtout le matin avant d’aller à l’école, ça me réveillera même la nuit et maman sera fatiguée de devoir à nouveau se relever et me recoucher. Mais ce sera la seule solution pour que maman, la maîtresse et l’aide maternelle ne se fâchent plus contre moi.

C’est à nous, enfants de 3 ans, de nous adapter

Jusqu’aux vacances de Noël, je pleurerai un peu tous les matins. J’entendrai ma maîtresse me dire « tu n’as pas envie d’aller à l’école? Et bien, mon pauvre, tu en a pris pour 18 ans! », ça me donnera envie de rentrer chez moi. Je verrai maman s’agiter, essayer d’organiser des cafés de parents, pour faire connaissance avec les familles avec lesquelles je passe mes journées. Un jour, je rentrerai de l’école en racontant à maman que la maîtresse a dit que « j’étais mauvais caractère« , et « une poupée de chiffon« . Je verrai bien que maman aura envie de crever les pneus de sa voiture. Au lieu de cela, elle m’expliquera que je « ne suis pas » mais que « j’ai » parfois mauvais caractère effectivement, mais parfois aussi très bon caractère et surtout que je suis un enfant de 3 ans. Puis elle prendra rendez-vous avec la maîtresse pour mieux comprendre ce que je vis. Et elle découvrira combien je suis en retard sur l’autonomie, puisque je ne sais pas encore boutonner mon tablier, ni ranger mes chaussures à leur place. Elle s’apercevra que j’ai beau parler comme un livre, être curieux de tout, j’ai tout de même un sérieux problème pour rester ainsi solitaire et passer rapidement à autre chose quand une activité me paraît trop compliquée. Maman comprendra que la petite section de Maternelle est, pour cette maîtresse, aussi importante que le passage à Sciences Po, et qu’elle ne va pas attendre que je daigne être prêt.

C’est à nous, enfants de 3 ans, de nous adapter au système scolaire, au cadre, à la société qui ne nous réservera pas que des cadeaux. S’il fallait observer 30 élèves et s’adapter au rythme de chacun, comprenez bien que nous y serions encore! C’est donc aux 30 élèves de rentrer dans ce cadre, au rythme attendu, qu’ils aient 2 ans trois quart, 3 ans, ou presque 4 – et à cet âge 6 mois comptent au moins le double. Ils doivent monter dans le train au moment où il passe, ni avant, ni après.

Le 2 septembre, on doit retenir : nos sphincters, l’endroit où accrocher notre manteau, poser nos chaussures, entrer dans la classe, la tête de celui à qui donner la main dans le rang, tout cela en disant « bonjour », « merci », « s’il vous plaît », un minimum! Sans oublier de jouer, chanter, retenir des comptines, ranger, manger, dormir, courir, ne pas taper, ni, mordre, ni crier, ni prendre les objets des mains d’un autre, même si c’est lui qu’a commencé et enfin… raconter ma journée à mes parents.

Après Noël, je ne pleurerai plus, j’ai bien vu que ça n’avait aucun effet sauf celui de faire monter les larmes de maman. Je continuerai à oser dire que je n’aime pas aller à l’école et ce, jusqu’au 30 juin.

Je mettrai 3 ans à comprendre que l’école ne me veut pas que du mal

En fait, je mettrai 3 ans à y aller avec plus de légèreté et à commencer à prendre du plaisir, quand enfin, en Grande Section, je rencontrerai une maîtresse qui prendra le temps, tous les matins, de discuter avec chacun et de prendre le pouls, mon pouls. D’ailleurs, avec elle, on découvrira le réveil du corps, les parents auront le droit de monter dans la classe parfois pour nous lire des histoires. Maman viendra même faire une activité avec tous les enfants de la classe et la maîtresse, pour nous aider à être plus calmes. J’aurai toujours mal au ventre, car je n’oserai toujours pas franchir les toilettes de l’école, mais le 30 juin, j’aurai le coeur serré de quitter ma maîtresse, pour la première fois.

Je mettrai 3 ans à comprendre que l’école ne me veut pas que du mal, que ce n’est pas qu’un lieu de souffrance mais qu’on peut s’y faire des amis et être aimés, par les grands et les petits. Je mettrai 3 ans à dépasser les premiers mois où je me suis senti tellement nul, tellement incompris, rejeté, jugé, décalé. 3 ans à dépasser le diplôme que la maîtresse de Petite Section m’avait décerné à la fin de l’année, celui de « l’espièglerie ». Sur le coup, je ne le compris pas, mais je vis bien que maman, qui fit tout pour que je l’oublie aussitot, le garda en travers de la gorge pendant 3 ans. Je crois que ça s’appelle la résilience.

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Parce que je refuse que les enfants de 3 ans puissent – comme mon fils – mettre 3 ans à s’épanouir à l’école, vivre l’école avec autant de souffrance comme me le témoignent beaucoup trop de mamans qui pensent, parce que c’est leur premier, que c’est à elles et à eux de s’adapter, qu’il est normal qu’on les menace de ne plus accepter leur enfant s’il fait trop pipi dans son pantalon, je veux accompagner parents ET enseignants à accueillir les enfants de 3 ans en Petite Section tels qu’ils sont, avec bienveillance et encouragement.

L’entrée à la Maternelle est une marche immense que tous les enfants doivent franchir, seuls, et on oublie trop souvent les montagnes russes d’émotions par lesquelles ils vont devoir passer pour s’adapter. Etre enseignant(e) de petite section n’est pas qu’un métier, c’est une mission d’accompagnement, et trop d’enseignant(e)s sont à mille lieux d’imaginer – ou oublient – ce qui se joue pour ces tout petits enfants d’à peine 3 ans. Tendons-leur la main pour monter ensemble cette première marche dont ils se souviendront longtemps.

Julie Renauld Millet, Thérapeute systémique, Accompagnement parents/enfants, mère de 2 enfants de 3 et 5 ans

 

Ça vous a fait quoi de lire « Peut mieux faire »?

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Qui n’a pas, au moins une fois dans sa vie, lu sur son bulletin scolaire « Peut mieux faire« . Ou entendu l’un de ses parents dire : « C’est pas mal, mais tu peux mieux faire« . Qu’avez-vous ressenti alors…?

« Peut mieux faire » est sans doute l’une des expressions les plus décourageantes et malheureusement les plus courantes que l’enfant rencontrera dans son parcours scolaire. Deux cas de figures se présentent :

 

1. L’enfant s’est surpassé, il a tout donné pour ce contrôle et à l’arrivée, le résultat attendu le déçoit, déçoit ses parents, son enseignant… Lui dire « tu aurais pu faire mieux« , ne fait qu’enfoncer le couteau dans la plaie. L’enfant a envie de se cacher, se faire tout petit, disparaître, ne plus tenter par peur de se tromper à nouveau.

2. L’enfant n’a pas beaucoup bossé, pas très motivé, le résultat est donc moyen. Lui dire « tu aurais pu faire mieux« , n’est pas une découverte pour lui, en revanche comment lui donner envie de faire mieux…?

  • Comment donner à l’enfant l’envie de faire mieux?

Il s’agit de faire un peu de gymnastique afin de trouver des tournures de phrases plus encourageantes et surtout moins culpabilisantes. Car la culpabilité, au mieux victimise, au pire paralyse. L’encouragement prend racine sur la notion de progrès.

« Quelle note avais-tu obtenu la dernière fois? », « Que te manque-t-il pour y arriver? », « Qu’est-ce qui s’est passé pour que ta note soit moins bonne cette fois? », « Ce devoir était-il difficile? », « Qu’est-ce qui était difficile pour toi? », « Qu’est-ce qui pourrait t’aider? », « Voilà tout ce que tu as réussi à faire. Et voici ce que tu n’as pas encore réussi à faire », « Je vois que tu as bien progressé, en passant de 6 à 8, tu vas y arriver », « Tu as fait beaucoup d’efforts », « Plus on s’entraîne, mieux on y arrive »…

Quelle marche as-tu envie d’atteindre la prochaine fois?

Il ne s’agit pas de féliciter son enfant d’une note moyenne, ni de souligner que l’important c’est d’être heureux dans la vie. L’enfant a besoin d’être encouragé pour se dépasser. Sortir de la compétition avec les autres, comparer ses notes, pour entrer en compétition avec lui-même. Et il ne peut construire sa motivation endogène qu’en étant encouragé. Le féliciter, lui dire « je suis fier de toi« , crée la dépendance au regard de l’autre. Toute sa vie, l’enfant – puis l’adulte – attendra le bon point, l’image, l’admiration de son parent, de son enseignant, puis de sa femme, de son patron, etc. En revanche, l’amener à tourner son regard vers lui-même « qu’en penses-tu? », « comment trouves-tu ton dessin? », « je te fais confiance pour trouver la solution toi-même », « tu peux être fier de toi« … sont des piliers pour construire la confiance et l’estime de soi, pour la vie.

Julie Renauld Millet, thérapeute systémique pour enfants

 

 

La Discipline Positive est-elle source de burn-out?

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A force de plancher sur l’éducation de nos enfants, de lire des ouvrages dédiés, de participer à des ateliers, d’échanger, de disséquer, de comprendre et d’apprendre, ne glissons-nous pas petit à petit vers le burn out du parent pris dans la course folle de l’éducation parfaite…?

C’est en tout cas ce que peuvent relayer certains média ou spécialistes dénonçant, à raison, la quête impossible du parent parfait. Car qui dit positif, sous entend, un parent souriant en toute circonstance, ayant réponse à tout. Dans un supermarché, dans la salle d’attente du médecin, face à la directrice du collège, un parent qui aurait toutes les cartes en main, tous les outils nécessaires pour ne jamais flancher, ni rester coi. Face à son « enfant crise de nerfs » à 18 heures, lui répondrait « mais oui mon chéri, exprime ta colère, crie sur maman, casse tes jouets, je suis là pour tout entendre, c’est mon rôle de parent tout dévoué« .

  • Entre Fermeté et Bienveillance, le mot le plus important est le mot « et »

Or la Discipline Positive ne propose pas une approche positive en toute circonstance qui nierait les moments où le parent flanche, celui où nous n’avons qu’une envie, c’est de le mettre sous une douche froide pour qu’il s’arrête. La Discipline Positive comme le proposent Jane Nelsen et Lynn Lott repose sur ces 3 mots-clefs : encouragement, fermeté et bienveillance. La fermeté a toute sa place, celle du cadre, du respect du monde des parents qui fait écho au respect du monde des enfants grâce à la bienveillance. Et comme le dit Jane Nelsen, entre Fermeté et Bienveillance, le mot le plus important est le « et ».

Donc oui les parents qui font le choix d’utiliser les outils de Discipline Positive sont imparfaits, souriants parfois et en colère aussi, ils ont le droit de crier, de s’excuser aussi, ils ont le droit de ne pas savoir, de demander de l’aide, y compris à leur enfant. Ils sont aussi imparfaits que leurs enfants et c’est important de le leur montrer car les « erreurs sont de merveilleuses opportunités d’apprentissage« , c’est un message aussi important pour les parents que pour leurs enfants.

Le parent qui cherche à se contenir, à sourire coûte que coûte, à faire bonne figure, à résister… risque effectivement de s’épuiser à force de nager à contre courant. Parmi les principaux et premiers outils proposés par la Discipline Positive, on retrouve le vase et le temps de pause. Le parent apprend à prendre soin de lui pour pouvoir prendre soin des autres et à se retirer d’une situation tendue pour respirer et reprendre de l’énergie avant de repartir l’affronter.

  • Il ne s’agit pas de bien faire mais de faire avec

La Discipline Positive n’est donc pas uniquement positive ni uniquement bienveillante, elle offre dans un premier temps une lecture des comportements inappropriés de nos enfants. Il ne s’agit pas de « bien faire », mais de « faire avec », et pour faire avec, le décodage de leurs comportements peut aider. Il s’agit également de faire selon nos propres valeurs, qui ne sont ni celles de nos parents, ni celles de nos voisins, ni celles d’Instagram. Ce sont les nôtres, avec tout ce que nous avons envie de transmettre et d’apprendre à nos enfants et avec tout ce qu’ils sont prêts à recevoir et développer selon leur sensibilité propre à chacun.

Nous proposons et vous disposez, sans modèle ni monde idéal, des indices et des outils pour construire la famille qui vous ressemble.

Julie Renauld Millet, thérapeute systémique. Accompagnement Parents Enfants

 

14 nouveaux parents engagés dans la Discipline Positive

Les premiers ateliers parents 2018 ont accueilli 14 parents (6 papas et 8 mamans) pour s’approprier les outils de la Discipline Positive.

Depuis 2017, ce sont 34 parents qui se sont lancés dans la Discipline Positive avec moi et 63 enfants (+ 2 bébés in utero!) qui ont ainsi découvert la roue des choix, le vase, le choix limité, le cerveau dans la main et tant d’autres outils pratiques et efficaces.

Ce qui revient souvent de leurs expériences respectives est d’être soulagés de ne plus être seuls, mais bien « tous dans le même bateau« , comme aime à le répéter Jane Nelsen. « Cela fait plaisir de ne pas se sentir seuls dans la difficulté« , témoigne Marine, maman d’un petit garçon de 3 ans. « J’ai appris plein de choses sur moi-même et me suis rendue compte qu’on avait tous la possibilité de faire avancer les choses chez nous, il suffit juste d’avoir les bonnes astuces« , ajoute Emilie, maman de deux filles de 4 et 2 ans. Sylvie, maman de 8 enfants, est heureuse de « repartir avec une petite boîte à outils bien pleine. Bienveillance et fermeté, c’est possible! »

Or l’une des craintes de la majorité des couples est de ne pas être accordé avec son conjoint. Et il est vrai que l’éducation est une tâche tellement compliquée et source de discordes, que si nous ne regardons pas à deux dans la même direction, cela n’aide pas. Or je suis particulièrement touchée par un papa de ce groupe qui est venu avec un « bon cadeau » de Noël offert par son épouse qui avait suivi la formation précédente, sans être convaincue qu’il l’accepterait avec plaisir. Et après 7 séances, ce papa m’a écrit « Julie m’a donné les outils pour parler d’une seule voix avec mon épouse« . C’est un très beau cadeau qu’ils me font tous les deux, ils m’ont fait confiance et y ont trouvé ce qu’ils cherchaient.

D’autres parents n’y parviennent pas forcément car nous avons chacun un passé, une éducation, des croyances, des automatismes, le regard et la pression sociale. Or pour mettre tout cela au diapason face aux difficultés que les enfants nous font vivre, il faut beaucoup de patience, de recul, de remise en question, d’acceptation. Et ce que je dis toujours à ces parents désoeuvrés parce que se sentant seuls au sein même de leur couple, c’est que si l’un des deux sème, c’est déjà énorme. « Un petit pas après l’autre« . Faire confiance aux outils, à soi-même et à ses enfants. Le reste suivra.

Lire les autres témoignages

Prochaines sessions à partir du 15 mai 2018, Parents d’ados

Julie Renauld Millet, thérapeute systémique. Coaching Parents Enfants

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La peur ne s’éteint pas par la raison

IMG_0272Louise a 3 ans et j’ai réussi à ne pas lui transmettre ma peur des chevaux. Elle y va, sans aucune appréhension, le cheval est son amie, comme sa chienne, elle ne voit pas de différence ni de potentiel danger lié au poids de la bête, par exemple! Je suis admirative et réalise à quel point la peur se glisse dans les failles aussi petites soient-elles et que cela n’a rien à voir avec la taille, le volume, le poids… Si Louise n’a pas peur des araignées par exemple, beaucoup de gens en ont peur même si tous savent qu’ils peuvent les écraser avec un seul de leurs dix doigts…

« Tu n’as pas de raison d’avoir peur, il n’y a rien! »

C’est vrai qu’il n’y a parfois pas de raison valable, mais la peur est une émotion, donc, par essence, elle est incontrôlable. Et il n’y a pas « rien », il y a des tas de projections dans ma tête, des bruits que je surestime, des ombres que je perçois, des angoisses dans mon coeur…

N’aie pas peur!

Mais crois-tu vraiment que je contrôle quoique ce soit là-haut…? ne crois-tu pas que moi aussi j’aimerais bien me passer de cette peur??

Si la peur est une émotion utile pour nous préserver, nous protéger de manière ancestrale, elle n’en est pas moins inconfortable, désagréable, voire invalidante parfois. Et si l’entourage peut nous aider, les parents peuvent rassurer, c’est certainement pas en évitant cette peur, ou en tentant de l’étouffer voire de la nier. Elle est là, bien présente, et nous allons ensemble l’apprivoiser.

J’ai peur!

Je comprends que tu as peur, de quoi as-tu peur? ça ressemble à quoi? Qu’est-ce que tu entends ou vois et que pourrions-nous faire pour que la peur s’éloigne…?

Si l’enfant (ou l’adulte) a déployé beaucoup d’énergie à essayer de ne plus avoir peur, alors la solution est de laisser venir cette peur, et de s’armer pour la combattre à l’aide d’une feuille et d’un crayon pour la décrire, la dessiner, à chaque fois qu’elle pointe le bout de son nez. Pendant que l’enfant sera concentré sur sa feuille, il se défocalisera de l’émotion pour l’analyser et mieux s’en éloigner. Pour les enfants, on peut aussi l’inviter à fabriquer une boîte à monstres, à fantômes, qu’il peint lui-même et ensemble, y enfermer les peurs, tous les soirs s’il le faut. Avec de l’humour, tout en prenant au sérieux l’enfant.

Les monstres et fantômes que nous avons attrapés sous ton lit, nous allons les libérer par la fenêtre et ils iront mordre les fesses des passants…!!

L’important est de prendre au sérieux l’enfant sans pour autant amplifier son angoisse, écouter, discuter puis co-construire des solutions avec lui.

Julie Renauld Millet, coach parental et thérapeute systémique

 

Enfants fatigants, parents fatigués…

Et réciproquement!

Retrouvons-nous pour échanger et découvrir une autre lecture de leurs comportements inappropriés et surtout des outils efficaces pour en sortir.

Jeudi 8 mars à 8H45 autour d’un café, je vous ferai découvrir une approche éducative pragmatique, inspirée des travaux des psychiatres autrichiens Alfred Adler et Rudolf Dreikurs. Basée sur la bienveillance, l’encouragement et la fermeté, pour enseigner à nos enfants l’empathie, la confiance, l’écoute, la responsabilité, l’autonomie, le respect de soi et des autres… Les compétences socio-émotionnelles indispensables à leur bon équilibre.

cafe parents 080318

Plus d’informations julie.renauld.millet@gmail.com

 

Ateliers Parents « Pour aller plus loin »

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Les Jeudis 5 et 12 avril de 19H30 à 21H30

Vous avez déjà participé aux 7 sessions des Ateliers Parents, je vous propose une piqûre de rappel pour revoir les principes fondamentaux et surtout découvrir des outils supplémentaires.

En 2 séances de 2 heures, un peu de théorie et beaucoup de pratique, grâce à de nouvelles activités.

Venez seul, en couple, ou avec un(e) ami(e) qui a déjà suivi les Ateliers (avec moi ou un autre formateur).

Envoyez-moi vos questions ou difficultés particulières pour adapter autant que possible mon programme à vos attentes (julie.renauld.millet@gmail.com).

Ateliers parents « Pour aller plus loin », animés par Julie Renauld Millet, formatrice en Discipline Positive :

2 sessions de 2 heures

75 € / personne

120 € / couple

Pré-requis : avoir suivi les Ateliers Parents

Réservez votre place en envoyant un chèque d’acompte de 30€ à Julie Renauld Millet (adresse postale sur demande).

Comment sortir de la jalousie?

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Beaucoup de frères et soeurs sont jaloux les uns des autres. Une jalousie qui peut s’installer très tôt et durer jusqu’au partage de la succession chez le notaire!

La jalousie est une émotion et il est bien difficile pour les enfants de s’en défaire et pour les parents de la gérer.

Au sein d’une fratrie, la jalousie peut-être soufflée par les parents eux-mêmes qui, s’en inquiétant avant même qu’elle n’arrive, et à trop la prévenir, finissent par la provoquer ou en tout cas l’attiser.

La psychopraticienne Emmanuelle Piquet explique très bien le contre effet du cadeau que le bébé offre en naissant à son aîné ou que l’aîné a choisi (ou non) avec ses parents pour son petit frère ou sa petite soeur.  « Comme tout le monde est quasi persuadé qu’il va y avoir jalousie, on crée ou on amplifie quelque chose qui n’était pas si intense que ça. Le risque du cadeau c’est que l’enfant se dise que ça (l’arrivée du bébé) va vraiment être l’enfer« . C’est ce que nous appelons une prophétie auto réalisatrice, comme évoqué dans d’autres articles. Nous provoquons ce que nous souhaitons éviter.

Sans l’anticiper, nous pouvons l’accompagner, l’accueillir et aider notre enfant à la réguler. Ne surtout pas l’éviter, la fuir ou par tous les moyens tenter de la repousser. Quand la jalousie se manifeste c’est aux parents de l’accueillir tout en rappelant les limites et le cadre : pas de violence verbale ou physique, pas de dénigrement, etc. Et la rediriger vers quelque chose de constructif.

C’est en impliquant l’enfant jaloux, en lui demandant de coopérer, en comblant son besoin d’appartenance à la famille et de contribution, en lui donnant son rôle d’aîné dans tout ce qu’il a de valorisant, qu’il pourra s’apaiser et se tourner vers son petit frère ou sa petite soeur, dans le cas où c’est l’aîné qui est jaloux.

C’est en étant pleinement sécurisé que l’enfant jaloux pourra sortir de sa coquille, de sa volonté de faire mieux, plus, ou autant et de s’ouvrir à l’autre.

Le psychiatre autrichien Alfred Adler (1870-1937), étaye ce phénomène par l’exemple :

« Nous avons là de nouveau le problème que nous connaissons bien, celui d’un garçon plus âgé et d’une sœur plus jeune. Nous savons qu’en soi le garçon est dans une situation désagréable (…). Nous savons que le deuxième enfant est toujours comme en compétition et qu’il s’efforce constamment de dépasser le premier ».

Ce qui engendrera le découragement chez l’aîné voyant sa sœur puinée gonflée d’énergie pour le dépasser et lui, perdre espoir de plus en plus.

Bon nombre de parents participent aux Ateliers Parents que j’organise pour leurs aînés découragés – et décourageants (neurones miroirs !) et ce sont eux que je retrouve souvent en consultation. La famille étant un système, Eva Dreikurs Ferguson – fille de Rudolf Dreikurs (psychiatre autrichien, élève d’Alfred Adler) – constate dans son cabinet de thérapeute que bientôt la difficulté basculera, et c’est le puiné qui posera des problèmes dès lors que l’aîné aura regagné en confiance et aura assouvi ses besoins d’appartenance et d’importance.

L’aîné a besoin de retrouver une place, le puiné s’en étant forgée une de fait pour rattraper l’autre, et le déséquilibre peut vite basculer en difficulté si les parents ne remettent pas le sentiment social (la collaboration) au centre du système familial. « En voulant protéger les plus petits, on les fragilise« , ajoute Emmanuelle Piquet. « Selon nos échantillons, parmi les enfants harcelés, 60% sont des aînés. L’aîné pense que tout le monde va l’aimer comme papa et maman. Le cadet – voire le benjamin – lui, il s’est pris des taloches de ses frères et soeurs et donc il y va. Les aînés quant à eux, ne sont pas très musclés relationnellement« .

Le rôle de parents est de ne pas nier la jalousie, de ne pas trop intervenir, et de les laisser se bagarrer loin de nous. Sans public, ils auront peut-être moins de levier. Le système familial n’est pas linéaire, c’est cela qui en fait la richesse. Et cela demande beaucoup d’investissement de la part des parents pour continuellement accompagner ses mouvements de balanciers.

Lors d’une promenade en famille, Gaspard (5 ans) s’engage dans une course à vélo avec sa petite sœur de 3 ans. Ils arrivent à égalité.

  • « Pourquoi n’as-tu pas pédalé plus vite ? » demande sa mère à Gaspard, le pensant découragé.
  • « Viens maman, je vais te dire un secret, lui répond Gaspard. Pour laisser Louise gagner, parce que c’est toujours moi qui gagne ».

La mère, émue, se dit que la contribution, l’empathie, la solidarité, avaient pris le pas sur la compétition. Et dans cette fratrie où la jalousie régnait au quotidien, c’était une très, très grande victoire.

Julie Renauld Millet, thérapeute systémique, Coach Parents Enfants. Formatrice en Discipline Positive