Et moi, et moi, et moi…

Le sentiment de jalousie est bien souvent inévitable dans une fratrie. L’enfant unique est soudain déstabilisé à l’arrivée du second. L’attention que les parents portent à l’un peut être vécue comme retirée à l’autre. Or il existe des clefs pour éviter d’exacerber ce sentiment irrépressible et des pièges à éviter…

  • Ce n’est pas l’enfant qui a un problème c’est son interaction avec les membres de sa famille qui dysfonctionne

Les parents qui consultent un thérapeute ou se rendent aux ateliers de Discipline Positive, le font parfois pour un enfant, en particulier, avec lequel ils rencontrent des difficultés. Or dans l’approche systémique, nous partons du principe que le problème ne prend pas racine chez une personne, mais dans l’interaction de cette personne avec son entourage directement concerné. Et c’est sur cette interaction que nous allons travailler pour faire évoluer tout le système familial afin de résoudre le problème originel.

La psychologie adlérienne rejoint l’approche systémique en constatant que le changement d’un enfant entraîne les autres membres de sa famille. C’est une dynamique, tout le monde affecte tout le monde.

  • Les effets de la compétition dans la fratrie

Eva Dreikurs Ferguson, docteur en psychologie et spécialiste de la psychologie adlérienne, constate que la compétition existe dans de nombreuses familles, et qu’elle est souvent nourrie par les parents. « C’est souvent entre l’aîné et le second que cela se joue et dans 80 à 90% des cas, les conséquences sont négatives », précise-t-elle. « Lorsqu’il y a compétition, 1 enfant est considéré comme le bon, et l’autre le mauvais, c’est 100% prévisible ».

Et nous, parents, entretenons parfois cette compétition. Même quand il s’agit de les faire avancer au quotidien : « Le premier arrivé à la voiture a gagné ! », à utiliser avec parcimonie ! Les compliments donnés à un enfant engendrent également de la jalousie, à la différence des encouragements (Lire « Pourquoi l’encouragement est-il essentiel »).

  • L’enfant a besoin d’appartenir, de contribuer et d’être aimé

Or si on aide le « mauvais » enfant, au cours d’un atelier ou d’une thérapie, le « bon » n’aura pas envie que le mauvais change. Le bon fera tout pour que le mauvais soit encore plus mauvais car son objectif est l’homéostasie : la résistance au changement.

A nous, parents, d’aider les deux enfants simultanément en leur faisant comprendre qu’ils sont l’un comme l’autre « valued, belonged and loved ». Comme le rappelle le Docteur Haim Ginott, il ne s’agit pas d’aimer ses enfants de façon uniforme, mais plutôt de façon unique. Chaque enfant est aimé pour ce qu’il est.

Eva Dreikurs Ferguson constate que bien souvent, en aidant le « mauvais » enfant, celui-ci parviendra à changer, à se mettre au travail, à progresser, à s’assagir… et c’est le « bon » enfant, celui qui n’a jamais posé de problème, qui prendra alors la place vide, celle du cancre. Le « bon » devient le « mauvais » et vice-versa.

C’est pourquoi ce n’est pas l’un ou l’autre qu’il faut faire évoluer, mais bien toute la sphère familiale en se penchant sur les interactions entre chacun de ses membres.

(Lire aussi, « Ma place dans la fratrie »)

Julie Renauld Millet

Coach systémique, Formatrice en Discipline Positive

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