« Mais si je t’écoute! »

Si cette phrase vous dit quelque chose, ou plutôt si cette phrase vous contrarie parce que vous l’entendez trop souvent ou parce qu’il vous arrive de la dire alors, penchons-nous sur l’écoute active.

Je constate que dans bien des couples, le mari et la femme sont tous deux de bonne foi, ils se renvoient la balle, d’un côté, puis de l’autre, avec toujours la conviction d’être incompris, pas entendu, culpabilisé, sans cesse fautif. Le mari veut apporter des réponses, des solutions, un slide, un poke, l’appel à un spécialiste, lorsque sa femme a juste envie d’être écoutée, épaulée. L’homme est désoeuvré, voudrait donner davantage et selon lui, cela passe par du concret, il s’agite, désespère de ne pas trouver de solution. Sa femme ne comprend pas pourquoi il s’agite autant, pourquoi il a l’air si absent… alors qu’il est dans la réflexion, dans cette vaine recherche de solutions…

La clef, c’est l’écoute active, bienveillante. Cette attention, cette présence, celle-la même qui vous accompagne lors de la venue au monde d’un enfant. Le mari ne peut rien d’autre qu’être là. Il ne peut pas attraper les forceps, il ne peut pas appeler un autre gynécologue, il ne peut pas faire de recherche de tuto… il peut juste être là, à l’écoute, bienveillant, présent.

Cette écoute active peut être très compliquée à appliquer, elle est si rare. Nous sommes sans arrêt happés par l’idée suivante. Ce que tu me racontes m’évoque quelque chose que j’ai à mon tour envie de te raconter et ça y est… je ne t’écoute plus. Ce que tu me racontes crée chez moi l’angoisse de ne pas pouvoir t’aider et ça y est… je ne t’écoute plus.

Marshall Rosenberg, dans son ouvrage « Les mots sont des fenêtres. (Ou bien ce sont des murs) », propose un outil fort utile : la paraphrase.

Lorsqu’un dialogue conflictuel s’installe entre une femme et son époux, par exemple :

La femme : « Tu ne m’écoutes jamais.

Mais si je t’écoute, répond t-il.

Mais non« , rétorque t-elle.

La femme éprouve un réel besoin : être écoutée. Sa perception est qu’elle ne l’est pas, quand son mari est persuadé, lui, de l’écouter… Dialogue de sourds!

La paraphrase permet une qualité d’écoute tout à fait différente :

La femme : « Tu ne m’écoutes jamais.

Lui : Il me semble que tu es très frustrée car tu aimerais sentir plus de compréhension profonde lorsque nous nous parlons« .

La femme se sent enfin comprise et peut s’ouvrir ou… passer à autre chose!

La paraphrase consiste à identifier les besoins derrière la demande et à valider les sentiments de son interlocuteur. Si la femme dit qu’elle ne se sent pas écoutée, il ne sert à rien de la persuader du contraire tant que nous n’avons pas validé ses sentiments et ses besoins. Le problème ne vient pas du fait que l’homme n’écoute pas sa femme, le problème ici, c’est que la femme est en souffrance, l’exprime et veut être comprise.

Cette situation se retrouve très souvent entre un parent et son enfant adolescent, qui se sent sans cesse incompris. Cela fera l’objet d’autres articles plus spécifiques.

 

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